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Le feuilletoniste soufle un peu ... N'est pas galopin tout le monde ... Les traitements de textes ne s'auto-suffisent pas ...
Mais bientôt le texte qui se dactylographie et s'auto-édite, j'y crois beaucoup.
D'autres comme moi doivent l'espérer de tout coeur : Aujourd'hui, seuls les politiciens parviennent a refaire trente fois le même discours en réarrageant les mots.
La question des automates écrivains n’est pas nouvelle. Déjà J. Swift, dans ses Voyages de Gulliver, édités en 1726, mettait en scène un générateur de phrases, à base de cylindres et de dés sur lesquels étaient écrits des mots qui s’inter changeaient grâce à avec des manivelles.

Ce dispositif ingénieux préfigurait la littérature combinatoire, qui allait devenir la thématique clef des surréalistes comme Raymond Queneau. Ils s’ingénièrent à explorer comment le travail de l’écrivain peut être singé ou caricaturé, voire dépassé par des variations systématiques. Ainsi, des textes emblématiques, comme les “Exercices de style” proposant quatre-vingt dix neuf versions de la même anecdote ou les “Cent milliards de poèmes” ont eu une influence déterminante sur la création littéraire durant tout le vingtième siècle. Il en va de même avec la « Bibliothèque de Babel » qui, selon Jorge Luis Borgès, son auteur, aurait hébergé dans ses rayonnages tous les livres de 410 pages.

Généralisant l’idée de la poésie dans celle de la littérature à contrainte, Raymond Queneau et le mathématicien François Le Lyonnais fondèrent en 1960 l’Ouvroir de Littérature Potentielle, l’OuLiPo dont on pourait dire que le nouveau venu Alamo est une sorted'enfant, de neveu : L' Atelier de Littérature Assisté par la Mathématique et les Ordinateurs fondé par Paul Braffort et Jacques Roubaud anime en effet de fertiles réflexions sur les effets de l’accouplement chimérique de la littérature et de l’informatique.

“Sur chaque face des dés étaient collés des papiers, et sur ces papiers on avait écrit tous les mots de la langue dans leurs différents modes, temps et déclinaisons, mais sans ordre. Le maître m’invita à regarder, parce qu’il allait mettre la machine en mouvement. À son commandement, les élèves prirent chacun une des manivelles de fer, au nombre de quarante, qui étaient fixées le long du métier, et, faisant tourner ces manivelles, ils firent changer totalement la disposition des mots. Le professeur commanda alors à trente-six de ses élèves de lire tout bas les lignes à mesure qu’elles paraissaient sur le métier, et quand il se trouvait trois ou quatre mots de suite qui pouvaient faire partie d’une phrase, il la dictait aux quatre autres jeunes gens qui servaient de secrétaires.”

Jonathan Swift, Les Voyages de Gulliver, 1726. 

Tout cela

n'est qu'un détour pour dire qu'Henri ne reviendra pas en 2010.

On peut le retrouver dans des aventures passées à la moulinette.

toujours un sucre dns le café

Voilà qui renvoie au « miracle des singes dactylographes» inventé en 1913 par Émile Borel dans son ouvrage « Le hasard » pour estimer la probabilité d’un événement. Il propose l’expérience suivante : « Concevons que l’on ait dressé un million de singes à frapper au hasard sur les touches d’une machine à écrire et que sous la surveillance de contremaîtres illettrés, ces singes dactylographes travaillent avec ardeur dix heures par jour avec un million de machines à écrire de types variés. Les contremaîtres illettrés rassembleraient les feuilles noircies et les relieraient en volumes. » Dans son livre, Borel conclut qu’au bout d’un an le résultat serait dérisoire… et qu’il faudrait un temps presque infini pour produire tout le « contenu des plus riches bibliothèques du monde ». Cette conjecture mathématico-littéraire a généré de multiples clins d’œil à la littérature combinatoire dans de nombreuses œuvres au XXe siècle.

A signaler aussi dans la même veine, « les neuf milliards de noms de Dieu », une nouvelle d’Arthur C. Clarke où cet auteur de science-fiction met en scène un ingénieur, lui plus efficace que les singes dactylographes : il installe un ordinateur dont le but est de réaliser la mission ultime de l’humanité qui est de coucher par écrit tous les noms de Dieu… Quand cette mission sera accomplie, l’univers s’éteindra, prévoit la croyance. Alors qu’il quitte le monastère où il vient de lancer le programme en charge de réaliser cette prophétie, il lève les yeux au ciel et découvre que les étoiles commencent à s’éteindre une à une.

La machine de Swift parait simple avec sa logique combinatoire. De fait, elle permet déjà de distinguer deux finalités différentes chez les auteurs qui inventent des littératures informatiques. D’un côté, certains créateurs d’hypertextes proposent des générateurs d’œuvres variables offrant à chaque lecteur le moyen d’accéder en fonction de ses choix à autant de versions de l’œuvre qu’il le souhaite. De l’autre, une seconde tendance essaie d’automatiser la production d’un roman au sens classique du terme. Cette seconde tendance tente ainsi de seconder l’écrivain par un cerveau électronique, qui produit comme l’humain un texte à lire linéairement.

Le premier groupe connait aujourd’hui de grands développements au sein de la communauté des passionnés de la fiction interactive, qui produit de multiples œuvres diffusées gratuitement sur Internet. Avec les évolutions techniques, il a aussi donné naissance à une autre série de productions destinés à être consultés uniquement sur écran. Ces œuvres se proposent d’utiliser les médias pour produire de nouveaux types d’œuvres qui sont des expériences “transitoires observables” pour reprendre la dénomination d’un des sites de référence en la matière. Philippe Bootz, un de ses animateurs, précise que “La terminologie « transitoire observable » tient à son mode de production. Ce qui apparaît à l’écran est […un ] événement éphémère et transitoire qui n’est jamais fixé de façon définitive sur un support. »

Jean-Pierre Balpe, un des chefs de file de ce groupe, caractérise quant à lui ces trajectoires de la manière suivante : “Ce qui se manifeste dans toutes ces tentatives est une redéfinition de quelques-unes des notions qui semblaient orienter la littérarité.