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Le courage est de ne pas démordre du rêve de l'humanité que j'ai dans la tête. 

La parlote

Il faudra qu'un de ces jours je vous passe les vers de Brel ...

Quand la débilité mentale devient contagieuse.

Sur Internet, où n’importe qui peut dire n’importe quoi, dans les journaux qui veulent vendre de la copie à tous prix et bénéfices, les théories du complot fleurissent comme autant d'escargots apparaissant miraculeusement après la pluie, un peu comme au beau temps des cafés du commerce où c’était celui qui avait la nouvelle la plus étonnante et qui criait le plus fort qui prenait et gardait le crachoir jusqu'à la sixième tournée, après, hop, dans les vap ...

Quand le Sherlock Holmes qui dort en chacun se réveille subitement… aux acclamations de la foule en délire.
J'ai reçu pendant cinq ans des centaines d'émiles m'annonçant que les tours de Big Mama ne s'étaient même pas écroulées, enfin quelque chose du genre... en Belgique, les plus forts sont les Liégeois qui bien entendu ont vu l'toreÏ et se sont encourru, y a même pas d'arènes !


Le principe des théories du complot est simple : dans une situation ou un fait quelconque, mettre en évidence à gros traits le 1% d’obscurité qui exige recherche, compétence ou expertise pour être élucidé… et faire oublier les 99% d’évidence que tout le monde, les naïfs évidemment, partagent. Seule l’Amérique était assez puissante, était assez tordue et avait les moyens de créer un évènement comme le 11 septembre, pas des boy-scouts, qui n’avaient même pas réussi leur examen de pilotage, à la remorque d’un bédouin. Se souvient-on du beau temps de l'affaire Kennedy, quelques centaines d'escrocs intellectuels ont eu leur quart d’heure de gloire et leur million en poche. (Je ne parle pas de gentils narrateurs ou écrivains - comme moi, qui en ont tiré d'amusants récits de fiction classés espionnage ou policier, on retrouve mes élucubrations dans les chapitres cdécritures.


Quand l’imaginaire d’un chacun est la limite.

Qu’une princesse choyée de son Charles soit victime de l’ivresse de son propre chauffeur…c’est trop vulgaire, indigne d’un grand destin qui mérite a priori des causalités de classe, à sa hauteur, dans le secret des chancelleries à tout le moins.

Les théories conspirationnistes furent longtemps une spécialité des mouvements populistes de droite, qui voyaient ou mieux devinaient derrière les événements historiques ou de simple droit commun - touchant des personnages de noms connus, l’action des Juifs, des loges maçonniques, des triades japonaises ou chinoises, des parrains Corleone ou des cellules communistes, voire des Templiers, qui sait, même, des voyageurs du Temps, des Martiens, des Vénusiens.
Les communistes ayant eu leurs études payées par papa bourgeois et les islamistes de même ( sauf que c'est la collectivité européenne au lieu du papa) ont même inventé depuis le Grand Satan pour avancer des théories conspirationnistes qui la confortent dans ses appréhensions de fin du monde capitaliste.

Les théories du complot sont un excellent amusement et substitut de la "real politik" pour campeurs à l'apéro, employés devant la machine à café, universitaire de 28 ans en deuxième année, adolescents attardés portés sur l’imaginaire et qui sont incapables de vivre vrai. Il leur faut du virtuel, un substitut, une pilule de soma.
Pour un temps ça peut donner l’impression d’aller au fond des choses et d'avoir quelque chose à dire.
(En plus on risque de parler de moi, j'aurai mon quart d'heure de gloire sans même passer par le casting de la ferme en Afrique).
Que la vérité est belle quand elle est invraisemblable ou même impossible. Que la vérité est belle quand elle est notre propre création…







Les temps changent. C’est l’évolution. C’est le progrès. « L’occultisme, c’est la métaphysique des imbéciles » (Adorno) 

Liberté

Toujours d'actualité, le texte de Denis.

Vivant

J'ai vécu une utopie politique au nom merveilleux ...
Je suis Vivant.

Pour faire des révolutions, il faut penser évolution et non pouvoir. Ce n'est pas être faible que de ne pas avoir de schéma de pensée orienté vers la violence.


Pour mieux vivre comme parents, travailleurs et citoyens, le programme VIVANT fait
une place importante à la question du temps et à la possibilité d’une conciliation plus riche et plus harmonieuse des activités familiales, sociales et professionnelles.
Du temps pour qui,
du temps pourquoi ?

La réduction du temps de travail que tout le monde semble appeler de ses voeux est-elle véritalement une opportunité d’émancipation pour les travailleurs ainsi que pour ceux qui sont à la recherche d’un emploi ?
Faut-il mettre l'emploi et le travail au centre des préoccupations humaines ?
De nombreux témoignages indiquent que plusieurs expériences actuelles de réduction du temps de travail conduisent en définitive à mettre les travailleurs dans des conditions plus exigeantes et plus pénibles qu’autrefois.
Une série d’indices porte à croire que ces expériences bénéficient avant tout aux entreprises qui les mettent en place.
Cette flexibilisation du temps de travail ne correspond-elle pas essentiellement à un mouvement par lequel le système économique cherche à soumettre les individus aux
contraintes des nouveaux modes de production ?

A ne pas se préoccuper du temps et de la manière dont un certain nombre de systèmes s’organisent pourle gérer à notre place, nous sommes de plus en plus prisonniers de contraintes temporelles que nous ne maîtrisons pas.
De plus, il est clair que le temps est au coeur d’une série de mutations sociales que nous
connaissons aujourd’hui.
Si nous ne faisons pas du temps une préoccupation politique explicite, il est clair que c’est le temps de l’ordre techno-économique qui s’imposera à nous.
Faire de la gestion du temps une préoccupation politique explicite renferme de véritables potentialités d’émancipation sociale.

Le temps doit être une dimension investie explicitement par les individus, notamment, pour montrer en quoi l’idée de réduction et d’aménagement du temps detravail ne sera une véritable source d’émancipation et de solidarité que si la question de la gestion du temps de travail est mise en relation avec d’autres facettes de la vie sociale : les déplacements, les loisirs, la formation, la solidarité, la culture, la vie familiale, l’action sociale et politique...
Pour reprendre les termes de M. Maesschalck, il ne s’agit pas simplement de choisir ou de libérer du temps mais de reconquérir un temps qui nous a déjà largement échappé.
Cette reconquête ne peut être purement individuelle.
Elle ne se conçoit que dans le cadre d’une politique authentique, c’est-à-dire d’une
politique qui permet aux individus une plus grande maîtrise individuelle et collective
de leurs temps.

On ne s’engage avec efficacité que là où l’on « s’en occupe » véritablement, c’est-à-dire là où il est possible, grâce à cet effort même, d’intervenir efficacement à propos d’une chose ou d’une personne réelle.  

Réflexion

La démocratie représentative ne sera jamais que la consécration de la loi du droit - du plus fort, du plus nombreux.

Le principe majoritaire est dualiste, il induit conflits et brimades, il place le droit de l'ETAT avant l'état de droit et il place l'état de droit avant le droit de la personne.

Le droit ne découle pas de l'autorité, du pouvoir, c'est l'inverse : l'autorité découle du droit lequel émane de la personne, de la vie.Le droit doit être indépendant du pouvoir politique, il ne peut y avoir de souveraineté que celle de la personne humaine.

Déléguer notre pouvoir à des parlementaires est aussi se mettre en position d'attentisme politique et existentiel : les élections ne placent pas souvent les bonnes personnes aux justes places. Les compétences sont peu utilisées au profit du politique pur et simple.

Il faut refuser de gérer le système tel qu'il est, tel qu'on nous le présente, comme inéluctable... Je souhaite un état d'accueil du citoyen et non un état de contrôle dudit.

Il faut repenser la démocratie, aller vers celle où l'être humain est le centre. N'attendons pas que d'autres changent la société pour nous !

Harmonisons la diversité plutôt que de tenter à l'uniformiser.

Proclamons haut et fort la prééminence de l'individu sur le politique et l'économique. Refusons le consumérisme, le corporatisme, les oligarchies, les particraties.

Je ne veux pas être consigné dans ma condition.

Pas op, Menneke !

Toute critique de l’islam sera traitée d’islamophobie, bref de racisme.

Depuis quelques années le port d’insignes ostentatoires ou de vêtements affirmant une conviction religieuse ("ils" disent religieuse) dans les écoles, les administrations et les locaux officiels publics est au centre de débats confus.

En réalité, ce n’est qu’un aspect très mineur d'un problème autrement grave : le bon fonctionnement du système démocratique dont les principes semblaient avoir triomphés en 1989 lorsque le "Mur de berlin" est tombé.

C'était oublier le monde des hommes et ses réalités, le même auxquels sont confrontées les bonnes âmes qui libèrent les assassins repentis. En droit internationnal, l'Amérique retroussait ses manches et l'Europe n'écrivait plus de lois mais des poésies humaines pleines du remord d'un passé colonialiste progressant sans avenir en marchant en crabe de la gauche à la droite.

A tout prendre, pensa-t-on, notre régime démocratique est, comme tous les autres, défectueux, mais c’est “notre culture”. Pourquoi l’imposer au reste du monde ? Au contraire, accueillons les autres cultures : Ainsi est née une abominable confusion.

La culture, c'est ce qui se définit pour chacun dans l'espace qu'il a conquis au sein du groupe social dans lequel il vit, la culture c'est une langue, une cuisine, un regard moral sur les choses bien et mal, c'est de la musique, de la danse, de la littérature, de la religion ou du sans-dieu, c'est aussi des habitudes politiciennes... les nôtres.

Et voilà que l'on "accueille" sans se préoccuper de ces "autres" qui apportent leur culture et sans se demander si les cultures peuvent coexister sur un même territoire. L'homme serait-il différent de tous les autres êtres vivant sur cette bonne vieille terre ?


La plus importante victoire de la démocratie au XXème siècle était d'avoir acquis la séparation de l’espace public et de l’espace privé, le gain du concept de laïcité sans connotation antireligieuse née.

Toute tentative d'imposer un comportement de type politique ou religieux dans l'espace public, ne fut-ce que par le port d'un uniforme ou d'un insigne distinctif, est discriminatoire et atteinte directe au droit fondamental démocratique.

Mon mode de vie est celui qui a été gagné de haute lutte non seulement par mes aieux au temps de l'Ancien Régime mais aussi par mes grands-parents s'opposant à l'inquisition religieuse, à mon père luttant contre l'anti-vie prônée par le régime nazi. On se rappelle que tout ce qui a été gagné a été admis par le concile Vatican 2 et la mise en place de lois strictes régissant le port d'uniformes.

Pour que le fonctionnement démocratique de notre société soit réel, il doit s'accompagner de l’adhésion du plus grand nombre, il faut activer et maintenir une politique d’intégration matérielle et intellectuelle de tous ceux qui sont admis à résider sur le territoire.

Dans une société à visage humain, le souci d’autrui est essentiel. Mais autrui, c’est tout le monde. Même moi.

Incontournable

Impossible donc de les éviter, ...
alors des mots à l'institut et puis dans les pages de l'Univers.


A l'usage des correspondants

Il faut rappeler qu'à l'heure où la démocratie chancelle sous les assauts conjugués du nazislamisme et de l'islamophilie bêlante, le tout emmêlé d'intérêts économiques à court terme, à l'heure où les listes n'ont jamais été aussi facile à établir que de nos jours, et tandis que le professeur Robert Redeker est toujours obligé de vivre caché, il convient de soigneusement peser le pour et le contre entre choisir de livrer sa véritable identité ou s'abriter derrière un pseudonyme.


Eurafrique

Polémique autour de Kymia II et de ses conséquences
posté le 21 octobre 2009 | catégorie actualité, commentaire



« Devant moi, une jeune fille a été violée par trente soldats ; une femme enceinte a été violée aussi, et son mari tué sous ses yeux…La réalité, c’est que les FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda) contre attaquent et mettent l’armée en échec… »A ce témoignage qui nous vient du Nord Kivu s’ajoute un autre cri de détresse venu de Bukavu «nous sommes en danger, les hommes de Nkunda, intégrés dans l’armée, se vengent sur des civils, sous couvert de lutter contre les rebelles hutus… »




Cela me rappelle la lecture des textes de Nothomb et ce qui se passait chez nous, en particulier en Ardennes, à la guerre de 14 !!! Que je sache, les violeurs et leurs commandants n'ont été ni punis ni bannis et même aujourd'hui, ils sont nos "amis", paraît que même le onze novembre, cela ne veut plus rien dire, sauf pour les fans de Verhaeren.
(Xian)

Business

Pages de réflexions et de liens.

Business lien

les caves de Xian ?

et les dessins qui ne fâchent pas encore...

Marche militaire

Entre militaires et socialistes, on peut dire que nous n'avons pas été gâtés depuis Napoléon mais la démocratie est en marche, même Mao et le Che, deux assassins notoires l'ont affirmé, c'est donc évident.

Le travail


Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front.

Les grands héros



Reprenons les propos d'Aristide Briand à la chambre de la République française lors de la discussion sur le loi de 1905 portant sur la laïcité. Un amendement était proposé pour interdire dans l'espace public la robe de bure et le voile des bonnes soeur. Il l'avait repoussé au non du ridicule. Imaginez la maréchaussée courir derrière le cureton et la bonne soeur pour les verbaliser de cette offense.  

La voix du peuple



Vers 1880, Villiers de l'Isle-Adam (1838 - 1889), enrichit ses " Contes cruels " d'une courte nouvelle intitulée " Vox Populi ". Angoissante vision d'un monde où les intérêts et les illusions se corrompent mutuellement. Au vingt et unième siècle… rien n'a changé !


Vive le roi ! Vive la reine ! Vive nos souverains biens aimés ! Vive le prince et la princesse !


La foule, agglutinée, comprimée d'elle-même, trépignait d'impatience derrière les barrières métalliques. Frontière fragile, hautement symbolique mais néanmoins respectée par ces milliers d'adorateurs, le mot n'est pas trop fort ! Des adorateurs venus en nombre, simples curieux gagnés par la liesse populaire, doux illuminés depuis longtemps sous l'emprise hypnotique du clinquant merveilleux, véritables dévots à la fibre patriotique tendue tel l'étendard d'une incommensurable bêtise. Et de ces étendards, tissus suspendus aux balcons, drapeaux de fantaisie émergeant des mains ou simples cocardes vissées au revers des vestes, il s'en agitait par centaines, par milliers, tricolores, au rythme des vivats et des applause.

Les avenues où processionnait le royal cortège étaient propres, brossées, lavées, fleuries, jolies, une fois n'est pas coutume. Lorsqu'il le fallait, la ville savait mettre les petits plats dans les grands. Et quoi de plus judicieux qu'une si noble apparition pour justifier un tel souci du beau et du propre ? Des jours durant, en prévision de l'événement, des agents de la propreté publique s'étaient vus réquisitionnés pour frotter, briquer, balayer, rejointoyer et enjoliver ce qui pouvait heurter le regard de ces précieuses personnes et, accessoirement, des caméras qui, pour ceux et celles qui n'avaient pu être là, sur place, au sein du tumulte, retransmettaient en direct et en différé leurs non moins précieuses images.

Le service d'ordre, parfaitement rodé, encadrait tout cela, précédait, entourait et veillait à parer au moindre débordement. Des hommes sombres, élégants, le regard tendu, l'écouteur dans l'oreille, une main jamais loin de l'arme dissimulée sous la veste et l'autre en avant pour écarter l'importun, traçaient sur le terrain la trajectoire prévue à l'avance par les stratèges en communication. Minuté comme du papier à musique ! Ou presque, puisqu'il convenait d'intégrer la part d'improvisation toujours possible des Souverains. D'ailleurs, ici, trop de mains à serrer ; là, des bambins tendus tels des offrandes à embrasser. Partout, se perdant, des fleurs et des cadeaux à recevoir. On s'arrête un instant, on dépasse le temps imparti, on oublie le protocole, il faut bien montrer qu'on les aime ! Et des courbettes en merci, et des vivats et des bravos !

Était-ce une Joyeuse Entrée ? On ne se souvient ! Un couronnement ? Un sacre ? Des fiançailles ? Quelle importance ! Un mariage ? Un baptême ou toute autre cérémonie protocolaire nécessitant son inévitable débordement en lisière du monde vrai ? Non pas un mélange des genres, restons sérieux, mais une apparition éphémère qui rassure et illusionne les braves, les trop braves gens, tout en raffermissant l'emprise d'un pouvoir suranné. Iniquités élevées au rang de dogmes, enracinées dans la chair des générations par l'exaltation de sentiments superflus, au détriment de valeurs autrement utiles à l'éveil des consciences ! Mais le peuple, madame, en cet instant, était heureux !

Les héros approchaient, touchaient, se laissaient toucher du bout des doigts et caresser des yeux, échangeaient des sourires et, presque, oui, presque, partageaient les préoccupations intimes, existentielles mêmes, de chacun de ces adorateurs brisés d'émotion, bredouillant et ployant soudain comme de frêles créatures devant un dieu vivant. Et les clameurs, mystère savamment orchestré, assourdissaient les cœurs. Au point d'effacer, presque, car force fit qu'elle ne le fut point tout à fait, la voix d'un pauvre mendiant, écarté du cortège, remisé dans une ruelle, caché, camouflé mais néanmoins présent. Un pauvre mendiant aveugle, carte officielle en poche, sébile à la main, le cul sur le pavé. Un mendiant qui s'égosillait pour s'entendre lui-même dans ce tumulte approchant et partout lointain :

- Ayez pitié d'un pauvre aveugle…

 

* * *

Plus tard, un autre jour, voici qu'en d'autres foules, les mêmes pour partie, s'épanchèrent nos champions revenus des stades de gloire. Des stades hurlant de supporters déchaînés, clameurs guerrières domestiquées, ou si peu, par les lois du sport et du fair-play. Le courage et la ténacité des nôtres, cette fois, avaient eu raison de courages et de ténacités identiques, quoique simplement, par extraordinaire, moins vaillantes.

Vive le champion ! Vive la championne ! Hourra pour notre équipe nationale ! Merci pour ces coupes et ces médailles !

Réception à l'Hôtel de Ville, apparition au balcon, royales félicitations, honneurs télévisés monopolisant le prime time et, sans cela la fête ne serait complète, le traditionnel bain de foule, vestiaire populaire obligé où s'accolent sans retenue les corps de milliers d'adorateurs. Là, sur ces esplanades garnies d'écrans géants où se jouent en boucle les exploits salués, sur ces places parfumées de bière et dans ces rues décorées de calicots, de banderoles et de confettis, se partage par procuration la sueur orgasmique de nos héros sportifs. Et ceux-ci, hantés peut-être de souvenirs pas si lointains, ou croyant reconnaître quelques visages amis dans cette foule, se joignent et s'unissent un temps au vrai monde. Un temps seulement, il ne faudrait pas abuser, même si la gloire se partage sans risque en de telles occasions, contrairement aux cachets faramineux obtenus dans la foulée des mêmes efforts. Mais qu'importent ces chiffres monstrueux, ces aberrations salariales, ces cachets dont l'indécence même fait disparaître toute notion d'équité, car le peuple, madame, en cet instant, est heureux !

Un, dont aucun cachet faramineux n'alourdit la sébile, est notre pauvre aveugle une nouvelle fois remisé à l'écart de la liesse générale. Il n'aurait plus manqué que son regard mort n'entachât le tableau jubilatoire dessiné par tous les aficionados des nobles disciplines ainsi glorifiées ! Un pauvre mendiant aveugle, le cul sur le pavé, s'égosillant pour s'entendre lui-même sous la chape d'un tumulte partout lointain. Une voix qu'un miracle, pourtant, permit d'exister encore dans le filigrane du monde :

- Ayez pitié d'un pauvre aveugle…

 

* * *

Et voici encore des ruées vers l'or en paillettes, vers la poudre d'étoile et autres nirvanas indicibles. Sur son podium, la vedette, la star, l'idole, offre son image scintillante à l'admiration de ses fans.

Djoooo-ny ! Djoooo-ny ! Djoooo-ny !

Lui ou une autre, quelle importance ! Pourvu que la fièvre gagne le cœur et les corps de la foule qui scande et trépigne en attendant le déferlement sonore et lumineux des puissances mobilisées pour la fête, le spectacle et l'illusion. Les midinettes se pâment, les groupies exultent, cela commence, ils apparaissent, vertigineux chevaliers des temps modernes, Prométhées électriques venus pour offrir, un temps, le baume de l'oubli, liqueur de jouvence éphémère, à coups de riffs et de rengaines. L'enfer se déchaîne, le paradis ouvre ses portes, la terre disparaît sous les pieds qui dansent et les corps qui flottent. De nouveaux adjuvants se fondent de mains en bouches, des vapeurs sauvages enivrent les esprits et font pétiller les yeux. Des bouteilles éclatent, des verres se brisent, tout le monde chante.

Que la fête serait douce, car il faut aussi que fête il y ait pour oublier parfois le monde, si l'oubli du monde, ce rêve avoué, ne s'imposait de ces fêtes comme ultime réalité ! Car voici qu'en marge de leurs exploits scéniques, ces idoles aux talents érigés en vertus, inaccessibles dans leur proximité et semblant si proches sur leur lointaine planète, tracent les frontières du monde où il faut être, dictent les voies qu'il convient de suivre, décident de ce qu'il faut aimer ou non. Mais qu'importent ces lunettes de fascination puisque le peuple, madame, en cet instant, est heureux !

Un qui n'y entend rien, c'est notre pauvre aveugle dont l'oreille musicale, pourtant jadis reconnue, n'est plus en mesure d'accorder les dissonances de tels concerts, trop éloigné qu'il est des lieux où cela se passe. Qui ferait-il sans yeux pour entendre ? Il n'en reçoit qu'échos sur échos, brouhaha de décibels perdus, tandis que sa propre voix, plus frêle que jamais, tente d'imprimer sur un reste de partition les seuls mots qu'il sait dire :

- Ayez pitié d'un pauvre aveugle…

 

* * *

Et voici que passe encore de faux prophètes, publicistes enchanteurs, politiques sirupeux, banquiers que l'on salue bien bas et, pour tendre le doigt divin en guise d'ordonnance finale, de séniles penseurs en robe de mage.

Votez untel ! Crédit total ! Vive Sa Sainteté !

Ce n'est plus un engouement, une fièvre, qui gagne la foule, mais une frénésie ! Une frénésie d'idées, une frénésie d'achat, une frénésie de foi. Il faut dire qu'ils sont habiles, ceux-là, à lui faire accroire ce qu'elle doit pour rythmer sa mélasse charnelle des courants qu'il faut. Qu'il faut pour la mener des pâturages aux supermarchés, des mines aux usines, des chapelles aux cimetières. Ils ont de l'entraînement, ils emploient des experts, ils usent de promesses et de menaces. De véritables maîtres es illusions, se jouant du goût pour le jeu et de l'intarissable espoir des braves, trop braves gens, pour se faire aimer en même temps qu'ils se vomissent dessus. Mais qu'importent ces pratiques sodomites, puisque le peuple, madame, à qui l'on serine que cela serait pire autrement et meilleur seulement dans l'au-delà, en cet instant, est heureux !

Notre pauvre aveugle, bousculé par tant de clairvoyance, repoussé sur un coin de parvis où il ne gêne plus la sublime marche en avant du monde, assiste à tout ce bonheur. D'une certaine manière, il est lui-même en représentation, sa longévité ne s'expliquant guère autrement, afin, sans doute, de rappeler la déchéance promise à ceux qui songeraient à s'écarter du droit chemin.

- Ayez pitié d'un pauvre aveugle, murmure sa voix lointaine qui n'atteint guère que ses propres oreilles.

 

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