Siècle
des lumières : le 18ème
Trésor de
France, ... quand l’art vit près de nous, qu’il est fait par des
hommes qui éprouvent nos joies, nos soucis, nos angoisses, nos incertitudes, nos
rêves, il faut penser à l’amour qui lui a donné naissance avant d’avoir tout
autre pensée.
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De
l’âge du bronze à l’art gallo-romain Retour en page
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Château de la Brède (Gironde), XV-XVIII' s. Délicatement posé comme un objet sur l'eau, ce château qu'illustre
le souvenir de Montesquieu garde des différentes époques de sa construction
et de son installation, des témoignages précieux; mais c'est le XVIIIe siècle
qui lui a donné sa marque. La bibliothèque, la «chambre antique» ou celle de
Montesquieu ne contiennent pas de chefs-d’œuvre mais rayonnent de vie et de
cette chaleur humaine que peut seule donner la continuité et l'amour. L'auteur
de 1'«Esprit des Lois» jugeait La Brède, que n'aima pas Stendhal, «le plus
beau lieu champêtre que je connaisse».
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Le 18ème siècle a la réputation de
représenter la douceur de vivre et c'est vrai que, comparé au XVIIe, il a
quelque chose d'insouciant et de léger. Mais jamais la France se substituant à
l'Italie dont la primauté artistique avait duré deux siècles, n'avait eu un tel
rayonnement en Europe. Il faut donc croire qu'il y avait autre chose dans l'art
que de la légèreté : une ordonnance, une pensée, un programme. Tandis que la
peinture abandonne la mission intellectuelle que lui avait assignée le siècle
précédent, l'architecture, héritière de Versailles, étend son domaine du palais
à la ville.
Le XVIIIe est le siècle de l'urbanisme. L'artisan sert
à merveille l'architecte; l'ornemaniste est roi dans les décors et le mobilier
où les arabesques baroques se prolongent dans le «rococo» avant que, vers 1730,
cet art s'apaise sous l'effet d'un retour à l'antique.
La peinture ne semble destinée qu'à meubler ces salons
ou ces boudoirs où, tout naturellement, viennent se placer les Nattier, les
Boucher, les Pater, les Lancret; mais il y a Fragonard pour faire de ces
élégances un peu frelatées un style, et Chardin pour nous apprendre qu'on peut
être grand peintre et petit bourgeois. Avec lui la tradition du réalisme
français résiste à la frivolité et puise à la source profonde de la vie populaire.
Tandis que Quentin de La Tour illustre une autre constante : celle du portrait
psychologique qui remonte aux Clouet. Le baroque aura influencé plus les sculpteurs
que les peintres, et c'est aux leçons du classicisme que se réfèrent les
héritiers de Versailles avant que Houdon n'en assure, dans la seconde partie du
siècle, le triomphe complet. Ce dernier, comme Fragonard, comme Greuze, comme
Hubert-Robert est dans la maturité de son talent quand se déchaîne l'orage
révolutionnaire; témoins de la douceur de vivre ils le resteront à jamais. Comment
tenir tête aux dieux et aux héros de David alors que les dames s'habillent à
l'antique et que le mobilier devient pompéien, égyptien ou grec ? La liberté
n'est pas pourtant chez le «Raphaël des sans-culottes», futur peintre du Sacre,
mais chez le seul visionnaire : l'architecte Ledoux.
Table-console de Chenonceau
Début
du XVIII' s.
Musée
des arts décoratifs, Paris.
Cette
somptueuse pièce de bois doré et sculpté provient du château de Chenonceau; les
courbes et les contre-courbes affrontées et recourbées en volutes sont des
prodiges de virtuosité tandis que sur les quatre pieds terminés en pieds de
biche et sur les branches de l'entretoise en forme de X s'enroulent des dragons
furieux.

Mise
au Tombeau,
J. Lespaignol
1699-1707
Ossuaire de
Saint-Thegonnec (Finistère) .

Transformé en chapelle, cet ossuaire est
une très belle construction Renaissance dont la crypte abrite une théâtrale
« Mise au Tombeau » en bois polychrome. Une dizaine de personnages
très expressifs composent une sorte de «tableau vivant» où l'influence espagnole
est certaine, ce qui expliquerait peut-être le nom, ou le surnom, du sculpteur.
Nef de la
Chapelle royale de Versailles
J. H. Mansart 1700-1710
Palais de Versailles (Yvelines).
Mansart,
mort en 1708, ne vit pas l'achèvement de la Chapelle royale de Versailles que
Saint-Simon comparaît de l'extérieur à un «immense catafalque»! A l'intérieur,
d'une sévère grandeur atténuée par l'élégance des courbes, la disposition architecturale
était conçue pour le seul usage du roi tandis que la Cour tournait le dos à
l'autel. Bossuet fit entendre, dans la chaire, sa voix de bronze.

autres images de Versailles
Un
certain Coquet, dit-on, réalisa d’admirables grilles en fer forgé vers le
milieu du XVIIIème s à la Collégiale Notre Dame de Dammartin en Goële.

Portique sud en fronton
brisé du Château de Champ-de-Bataille
1701
Sainte-Opportune-du-Bosc (Eure).
Ce
portique surprenant est la principale originalité de ce château; il est
surmonté de statues et ressemble à un arc de triomphe dont la partie centrale
se serait écroulée.

Situé
sur la plaine du Neubourg, ce somptueux palais du XVIIe siècle, avec ses
toitures dorées et ses fenêtres en laque de chine rouge, nous invite à
découvrir un univers enchanteur où la beauté règne en harmonie. A force de
persévérance, Jacques Garcia, le maître des lieux, a créé un extraordinaire
jardin à la Française reprenant la philosophie de l'humanité à travers les 7 degrés
de la création.
La «Belle Strasbourgeoise»
Nicolas Largillière
Vers 1703
Musée de Strasbourg (Bas-Rhin).
Ce
magnifique portrait représente une dame debout, discrètement parée, coiffée
d'un grand chapeau de velours noir, un fichu de linon sur ses épaules; il
reflète l'esprit de cette riche bourgeoisie dont Nicolas de Largillière se fit
le peintre. Par sa conception large, sa couleur nourrie, la liberté quelque peu
teintée de baroque de son esprit, il annonce le type de portrait qui prévaudra
au XVIIIe siècle.

Secrétaire de J. F. Leleu Vers 1705
Musée des arts
décoratifs, Paris.
L'élégance de ce meuble
n'a d'égale que la qualité de l'exécution. Au milieu d'une marqueterie de bois
de rose et de violette l'abattant et le vantail sont plaqués de panneaux de
laque de Chine ornés de personnages rouges et or sur fond noir. Les bronzes
sont également très beaux, ils soulignent les panneaux et les arêtes ou
enveloppent les pieds de gracieuses volutes se terminant en agrafes, rocailles
ou en feuilles.

Maître autel de Notre dame
de la gorge
"Lieu de pèlerinage fort ancien, curieux oratoire de style
baroque, couvert de fresques Renaissance et de dorures, dans la plus pure
tradition de la Savoie religieuse..." écrit Roger Frison Roche dans
Mont-Blanc aux sept vallées.
L'adorable église Notre-Dame de la Gorge, blanche et pimpante, chapelle au
fronton peint où toutes les jeunes filles ont rêvé de se marier, marque la fin
de la route et le départ vers sentiers et chemins de montagne.
Elle fut rebâtie en 1699 par Jean de la Vougniaz, un maître maçon
de la Valsésia qui venait d'achever la reconstruction de l'église de Saint-Gervais.
Notre-Dame de la Gorge, depuis le XIIIème siècle, a été l'église paroissiale de
tous les habitants du vallon et cela jusqu'au début du XIXème siècle. Mais
c'est aussi un sanctuaire au fort rayonnement spirituel, imprégné du culte
marial : depuis des temps immémoriaux, chaque année, le pèlerinage du 15 Août à
la Gorge draine une foule de fidèles.
Enfin, Notre-Dame de la Gorge est un lieu de prière indissociable du passage du
col du Bonhomme. Quel voyageur n'a pas franchi la porte de cette église soit
pour une action de grâce après un voyage sans encombre, soit pour une prière
avant le départ redouté ?

C’est
le plus beau retable du baroque savoyard.
Autel des
Sept-Saints
1708, Chapelle des Sept-Saints
Le Vieux-Marché (Côtes-du-Nord).
La chapelle des Sept-Saints est bâtie sur un dolmen, à
l'endroit où furent retrouvées, dit-on, les images des
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«Sept dormants» d'Ephèse. Elle
possède dans le sanctuaire votif un dessus d'autel très curieux : les
Sept dormants figurent de part et d'autre de la Vierge. Ils sont
aussi sur l'autel de la crypte mais en réduction. Rattachée aux vieilles
traditions ésotériques de l'église d'Ephèse, la chapelle
des Sept-Saints est devenue le lieu de rencontre de pèlerinages
internationaux interconfessionnels préludant ainsi à l'actuel
œcuménisme. |

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