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L’autre jour j’étais à Dar es Salam, un temps capitale du Tanganyika, port sur la
côte de Zanzibar, une petite ville de 30.000 habitants ...
Et puis j’y suis retourné un matin, le lendemain s’y tenait une conférence en suite
des discours qui furent présentés devant la Commission thématique d’Istanbul peu
de temps auparavant. Ces discours s’intéressaient éclectiquement à des opérations
de réhabilitation et d’assainissement menées à Dar Es-Salaam en République-Unie de
Tanzanie et à Chengdu en Chine ainsi que la stratégie de développement urbain de
Stockholm en Suède et le réaménagement industriel de la région de Katowice en Pologne.
Il y a cinq ans les habitants de Dar es-Salam vivaient dans une cité au réseau routier
endommagé et à la collecte des ordures pratiquement inexistante. Parce qu’il faut
dire que bourgade paisible et 30.000 habitants, cela correspondait à mon premier
séjour ici, mes lunettes m’avaient empêché de constater qu’aujourd’hui, ici à 39°E
et 5°S de coordonnées Dar es Salam (arabe : Dār As-Salām, « Maison de la Paix »),
autrefois Mzizima, était devenue une de ces villes africaines surpeuplées (voir l’avis
de Stéphane Bern) de 3 millions d'habitants, centre économique de la Tanzanie, par
où transitent les exportations de café, de coton, et de sisal. De nombreuses industries
(produits alimentaires, textiles, ciment, produits pharmaceutiques) assurent la richesse
locale tout autant que la pollution urbaine.
À Dar Es-Salaam, sur les bords de l’Océan indien, des terrains sont disponibles à
la construction et des plages peuvent être utilisées dans une optique touristique.
Dar Es-Saalam ce sont malheureusement aussi des zones inondables, l’érosion des plages,
la déforestation, les quartiers surpeuplés. C’est cette dernière caractéristique
qui a été le point de départ du programme national de promotion d’un développement
urbain écologiquement durable. Soixante-dix pour cent des 3 millions de personnes
vivant à Dar Es-Salaam vivent dans des installations dont ils n’ont pas le droit
réel économique ou social d’occupation, il ne s’agit pas seulement de populations
pauvres, certaines catégories aisées connaissent le même problème. On dirait que
l’Afrique copie l’Europe avec la découverte des squats, des sans-papiers et sans
portefeuilles. Les services : routes, assainissement... y sont devenus inadéquats,
le commerce souterrain pose un gros problème, les services d’éducation et de santé
se détériorent.
Bon sang, on dirait que je parle de n’importe quel coin de boulevard de Paris Marseille,
Lausanne ou Liège. Il y a même presque autant de noirs.
Le café est encore fumant, je touille avec la cuiller fabriquée à Shanghai, je porte
mes lèvres à la porcelaine, le café est délicieux, je vous souhaite une bonne journée.