La place
Véritable centre de la vie vénitienne depuis toujours, la place Saint-Marc et les monuments qui la bordent sont tour à tour chantés :
« Les pigeons de Saint-Marc, je les revois / Silencieuse est la place, le matin s’y repose» (Nietzsche), « Où vit-on manger tant de glaces ? Où vit-on des radeaux être de belles places ? » (Cocteau), (autres oiseaux) et vilipendés : «La place Saint-Marc ressemble à celle du Palais-Royal, la façade de cette église à l’air d’une devanture de café-concert en carton-pâte » (Maupassant).
Tout est grandiose et si le soleil y met du sien, on ne peut qu'admirer cette mise en scène !
La place est en réalité deux places : la Piazza, bordée de chaque côté par les Procuratie, et la Piazzetta qui donne sur la lagune et le Palais des Doges.
Tout cela débute en 832 avec la construction de la 1ère basilique alors que ce n'était qu'un jardin de monastère.
Le pavage actuel avec ses motifs géométriques date de 1722.
Tout ceci repose sur des millions de troncs d'arbres qui supportent depuis 1.000 ans ces tonnes de pierre.
Plus neutre, le guide Baedeker notait en 1926 «La place St-Marc, restée sans rivale en Italie, donne une idée parfaite de la grandeur de Venise. Longue de 177 m, sur 56 m de largeur à l’O. et 82 à l’E, elle est pavée de dalles de trachyte et de marbre. De trois côtés l’entourent des palais d’une grande unité de style, au rez-de-chauss ée précédé de hautes arcades et occupé par des cafés et des magasins; à l’E., l’église St-Marc et son campanile. Comme autrefois, d’innombrables pigeons voltigent de toute part. L’excellente musique municipale donne ici des concerts les dim., mercr. et vendr. de 2 heures à 4 heures en hiver, de 5h 1/2 à 7 heures au printemps et de 9 heures à 11 heures du soir en été. Rien n’est plus beau que cette place au clair de lune. »
Monet en 1905 sur la place
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Sur la place, Andrea Bocelli répétait pour son concert du soir. J’ai pas l’air comme ça, mais j’adore l’opéra. Sa puissance, sa précision, sa beauté. Ça me file des frissons incroyables. Mes plus grandes émotions artistiques, je les ai connues à l’opéra. Collés l’un contre l’autre, à l’ombre avec un verre de Pinot Grigio glacé, nous observions les oiseaux dévier de leurs trajectoires aux sons des choeurs, nous sentions les murs frémir aux envolées des violons, nous regardions le chef d’orchestre lever les bras très haut. J’ai soudain réalisé que j’étais en train de vivre l’un des plus beau moments de ma vie. |
La tour de l'Horloge
La Tour de l'Horloge est située Place Saint Marc, à l'entrée de l'une des plus importantes ruelles commerciales de la ville.
Suite à une importante oeuvre récente de restauration, elle a retrouvé son fonctionnement et sa beauté d'antan. Une visite à la Tour de l'Horloge permet d'y voir l'interieur de la tour, le mécanisme de l'horloge, les statues des rois Mages et des grands Maures; depuis la terrasse, la vue sur la Place Saint Marc et sur la ville de Venise est magnifique.
Tour de l'horloge
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Vue sur la basilique
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La basilique
Basilica di San Marco
Mondialement connue, cette église déborde de mysticisme oriental et de luxe occidental.
Les styles et les dissamblances architecturales s’y enchevêtrent:
Les cinq coupoles sont de tailles différentes et aucun des 500 piliers n’est identique.
L’église a été bâtie en 830 pour accueillir les reliques de Saint-Marc, dérobées à Alexandrie.
Elle servit notamment de chapelle pour les Doges.
La légende affirme que même ses piliers sont issus d'une rapine effectuée lors d’une expédition en mer. Certains d'entre eux sont plus anciens que Venise.
Ce sont surtout les 4000 m² de mosaïques qui attirent l'attention.
Véritable chef d’oeuvre, l'autel du pala d‘Oro est l’un des plus beaux trésors du christianisme. Il remonte à 1342 et se compose de 2486 joyaux. En admirant ce fabuleux trésor, on se fait une idée du butin ramené d’Orient. Bien mal acquis etc … nombreux furent les trésors, à leur tour, subtilisés aux Vénitiens par Napoléon.
Cette église est certainement l'une des plus belles au monde.
L'intérieur est tapissé d'ors, la lumière tamisée donne une vision unique sur toutes ces mosaïques réalisées par les meilleurs artistes venus de Byzance et du monde entier.
S'il est parfois difficile de distinguer toute cette richesse au plafond, on peut contempler le sol que l'on foule aux pieds : Une marqueterie de marbre absolument fabuleuse, des figures géométriques complexes, des fleurs, des soleils .
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C’est aujourd’hui la fête de Saint-Marc; les femmes, les jeunes filles en voile noir, en châles violets, en longues jupes tombantes, toute une foule bariolée bourdonne sous les porches et ondoie dans l’église. Elles s’agenouillent sur les dalles, touchent de la main les pieds d’un Christ de bronze et se signent; d’autres marmottent des prières, et mettent un sou dans la boîte qu’on promène en quêtant "pour les pauvres morts". Une procession de prélats défile, et l’on voit tourner le long des piliers les mitres blanchâtres ou dorées, les chapes damasquinées et scintillantes. Un chant s’élève, bizarre et beau, composé de voix très-hautes et de voix très-graves, sorte de mélopée monotone qui vient peut-être de Byzance. Les musiciens sont cachés; on ne sait pas d’où cette mélopée sort; elle flotte et monte dans l’air rougeâtre et sombre, comme une voix incorporelle dans la cave resplendissante d’une fée ou d’un génie.
Pour l’étrangeté et la magnificence, rien ne peut se comparer à ce spectacle. On vient de regarder la place Saint-Marc si belle et si gaie, ses élégantes colonnades, le riche azur du ciel, la lumière épanchée dans l’espace. L’on descend une marche, et les yeux se trouvent tout d’un coup plongés dans la pourpre ténébreuse d’un sanctuaire petit, de forme inconnue, plein de chatoiem ents et de reflets amortis, surchargé et resserré comme la chambre basse où un Israélite, un pacha conserve ses trésors. Deux couleurs, les plus puissantes de toutes, le revêtent du parvis au dôme : l’une, celle du marbre veiné rougeâtre qui luit aux fûts des colonnes, lambrisse les murailles, s’étale sur les dalles; l’autre, celle de l’or qui tapisse les coupoles, incruste les mosaïques, et par ses millions d’écailles accroche la lumière. Rouge sur or et dans l’ombre : on n’imagine pas un pareil ton. Le temps l’a foncé et fondu: au-dessus du pavé de marbre fendillé par les tassements, les rondeurs guillochées des dômes scintillent d’une clarté fauve; nul jour, sauf celui des petites baies à têtes rondes, cerclées de vitraux ronds. Des formes innombrables, des piliers couturés de sculpt ures, des bronzes, des candélabres, des centaines de mosaïques, un luxe asiatique de décorations contourn ées et de figures barbares poudroie dans l’air où l’encens roule ses spirales, où flottent en atomes lumin eux les contrastes de la nuit et du jour. On ne peut exprimer cette puissance de la lumière emprisonnée et éparpillée dans l’ombre. Telle chapelle à droite est noire comme un souterrain; un reste de clarté vacille sur la courbure des arceaux. Seules, trois lampes de cuivre émergent de l’obscurité palpable; l’oeil s’arrête sur leurs rondeurs et suit leur chaîne qui remonte, étoilant la nuit de ses paillettes, pour se perdre en je ne sais quelles prof ondeurs; à les voir ainsi descendre au bout d’une traîn ée de lueurs, on les prendrait pour les corolles mystérieuses d’une fleur magique.
À Venise,
Voyage en Italie, III.
HIPPOLYTE TAINE
Le Campanile
LE CLOCHER (Campanile de San Marco)
Le clocher est une version reconstruite de l'ancien campanile qui s’effondra en 1902. La reconstruction permit d'y ajouter un ascenseur qui fait le bonheur des touristes. Cette tour a rempli une multitude de fonctions. Elle comporte une galerie en spirale qui mène au sommet, ce qui permettait aux hauts dignitaires vénitiens d’y accéder à cheval.
La tour actuelle mesure 98mètres soixante centimètres ...
Musée Correr
Le musée Correr est célèbre pour ses terracota de Canova, ses oeuvres de jeunesse de Giovanni Bellini, les Deux Courtisanes de Vittore Carpaccio et l’énigmatique Christ soutenu par les anges de Antonello da Messina, qui a perdu son visage... Le musée compte aussi une section vraiment passionnante consacrée aux arts et traditions populaires. On y trouve un éventail de jeux anciens et de représentations de scènes de carnaval et autres festivités typiquement vénitiennes. On peut visiter, à côté, le Musée Archéologique.
La bibliothèque
Immense esplanade cadrée par des architectures monumentales, théâtrales et grandioses, la place grouille toujours d’une foule de visiteurs venus des quatre coins du monde. Entre le campanile et la lagune, s'ouvre la piazzetta qui est bordée par le palais ducal et par la bibliothèque Marciana (aussi appelée Libreria Vecchia) conçue au XVIe siècle par Jacobo Sansovino. L'entrée de la bibliothèque se fait dans le passage sous la colonnade.
L’intérieur de la bibliothèque se concentre sur une magnifique salle de consultation en boiseries dans laquelle sont exposés des manuscrits et dont le plafond est décoré d’une lumineuse peinture au format octogonal de Titien.
Le palais des Doges
Le Doge (du latin dux, chef) incarnait la puissance de la République vénitienne. Élu à vie au terme d’un scrutin fort complexe, son rôle était purement représentatif. Le premier doge fut élu en 697, le cent vingtième et dernier, Ludovico Manin, élu en 1789, fut destitué par Bonaparte en 1797.
L'histoire du palais des Doges remonte au début du IXème siècle lorsque le Doge Agnello Partecipazio décida de s'expatrier de Malamocco vers Rivo Alto pour se mettre à l'abri des incursions barbares des Francs dont le chef Pépin avait des visées sur Venise.
Les Francs livrèrent bataille et furent vaincu en 809.
On ne sait guère de choses sinon qu'un premier palais fut construit et périt incendié en 976 lors d'une émeute puis reconstruit, il fut à nouveau la proie des flammes en 1105 suite à un coup de foudre.
On sait mieux l'histoire dès l'arrivée, en 1170, comme Doge, du richissime Sebastiano Ziani qui fit réaménager la piazza, la piazetta, fit poser les deux colonnes face à la lagune et rebâtir le palais ducal.
Ce palais fut entièrement réaménagé en 1297 par l'ajout de pièces pouvant recevoir toute l'aristocratie vénitienne. Voilà donc qui donna naissance à l'aile bâtie sur le Môle et qui fut terminée au XIVème siècle. Le grand balcon fut ouvert par le Doge Michele Steno en 1404 comme on peut le lire sur la gravure sculptée sur celui-ci.
De nombreux travaux, de construction ou de décoration se poursuivirent jusqu'au couronnement de la Dogaresse Zanetta Dandolo Malipiero en janvier 1458.
Les façades
en cours
Le pont des soupirs
Le pont mène aux prisons ducales.
Le ‘Ponte dei Sospiri’ illustre parfaitement la manière dont la justice était rendue à l‘époque des Doges. Tout qui ne plaisait pas aux Doges était condamné. Le prévenu n’avait pas l‘occasion de se défendre ou même d’assister à l’audience. La plupart du temps, il n’était même pas interrogé. Les malheureux étaient presque toujours condamnés à mort, avec exécution immédiate de la sentence. Pour se rendre sur le lieu de leur supplice, les condamnés à mort empruntaient ce pont dès la fin de l’audience, ce qui lui vaut ce nom ô combien évocateur.
Casanova fut l'un des rares condamnés à s'en échapper.
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