Ville musée ?
Venise, 262.000 habitants en 1933, 370.000 habitants en 1970, 300.000h en 2008.
Venise est à 270km de Milan, 530 de Rome.
IDÉES
Contre Venise, Régis Debray, 1997, Gallimard (Folio). Un pamphlet fustigeant le tourisme de masse tel qu'il s'expose dans la cité des doges.
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„A une époque d’industrialisation de l’art où se multiplient les shows internationaux, les biennales et les foires, on peut se demander ce qui fait encore la crédibilité et la spécificité de Venise. Tout d’abord, évidement, la démesure de son décor, la splendeur décadente de la ville, mais aussi son côté „show off“, les rumeurs et les fêtes, l’invasion soudaine de milliers de gens décidés à ne rien manquer de ce parcours titanesque. La sensation étrange d’assister aux derniers moments d’un monde qui se partage entre les vestiges post-coloniaux et l’envie de modernité. Venise est l’endroit qui spectacularise cette tension entre l’ancien et le nouveau, et qui traverse, immobile, les crises et les failles historiques.“ Stéphanie Moisdon-Tremblay, „Eloge de la Différence“, Beaux-Arts magazine, 229, juin 2003. |
Images diverses de Venise sur grand écran ...
• Bons baisers de Russie , un James Bond tourné en 1963 avec Sean Connery.
• Casanova , Fellini tourne à sa manière ...
• Casanova , Hallström imagine Francesaca.
• Casanova, un adolescent à Venise.
• Casino Royale , un autre James Bond ... tourné deux fois.
• Escrocs ais pas trop, de Woody Allen.
• Eva, de Joseph Losey avec Jeanne Moreau.
• Filming Othello, de Orson Welles.
• Hasard et coïncidences, de Claude Lelouch.
• Indiana Jones et la dernière croisade, de Steven Spielberg.
• La Guerre des mondes, Juste un plan en début du film... La suprême beauté avant l'horreur absolue...
• Les ailes de la colombe, de 1981.
• Les enfants du siècle, Georges Sand et Alfred.
• Les Poupées russes, jeu trentenaire.
• Lundi matin, à l'usine chimique ...
• Moonraker, encore un James Bond.
• Mort à Venise, un grand classique du cinéma.
• Ne vous retournez pas, nage dans le fantastique.
• Nikita, la violence d'état.
• Pain, tulipes et comédie ferait penser à Vittorio de Sica
• Senso de Visconti.
• Sisi impératrice, du fol amour ...
• Slogan, la rencontre Gainsbourg Birkin.
• Tout le monde dit I love you, that's entertainment !
• Two days in Paris, des Parisiens "cons" ?
• Un amour de sorcière, on dit que c'est un navet.
• Vacances à Venise ... Pour filmer la scène où Jane, l’héroïne, tombe accidentellement dans un canal, David Lean ne voulait pas de trucage. Finalement, après discussions, l’eau fut filtrée et assainie et Katherine Hepburn tourna sans doublure et contracta ainsi une conjonctivite chronique pour le restant de ses jours.
Acteurs, actrices et people
selon Boris.
(Le cinéma substitue à nos regard un monde qui s'accorde à nos désirs)
A la recherche du temps perdu
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La vie de ces jolies filles (à cause de mes longues périodes de réclusion j’en rencontrais si rarement) me paraissait, ainsi qu’à tous ceux chez qui la facilité des réalisations n’a pas amorti la puissance de concevoir, quelque chose d’aussi différent de ce que je connaissais, d’aussi désirable que les villes les plus merveilleuses que promet le voyage. La déception éprouvée auprès des femmes que j’avais connues, dans les villes où j’étais allé, ne m’empêchait pas de me laisser prendre à l’attrait des nouvelles et de croire à leur réalité ; aussi de même que voir Venise – Venise dont le temps printanier me donnait aussi la nostalgie et que le mariage avec Albertine m’empêcherait de connaître – voir Venise dans un panorama que Ski eût peut-être déclaré plus joli de tons que la ville réelle, ne m’eût en rien remplacé le voyage à Venise, dont la longueur déterminée sans que j’y fusse pour rien me semblait indispensable à franchir ; de même, si jolie fût-elle, la midinette qu’une entremetteuse m’eût artificiellement procurée n’eût nullement pu se substituer pour moi à celle qui, la taille dégingandée, passait en ce moment sous les arbres en riant avec une amie. Celle que j’eusse trouvée dans une maison de passe, eût-elle été plus jolie que cela, n’eût pas été la même chose, parce que nous ne regardons pas les yeux d’une fille que nous ne connaissons pas comme nous ferions d’une petite plaque d’opale ou d’agate. Nous savons que le petit rayon qui les irise ou les grains de brillant qui les font étinceler sont tout ce que nous pouvons voir d’une pensée, d’une volonté, d’une mémoire où résident la maison familiale que nous ne connaissons pas, les amis chers que nous envions. Arriver à nous emparer de tout cela, qui est si difficile, si rétif, c’est ce qui donne sa valeur au regard bien plus que sa seule beauté matérielle (par quoi peut être expliqué qu’un même jeune homme éveille tout un roman dans l’imagination d’une femme qui a entendu dire qu’il était le prince de Galles, alors qu’elle ne fait plus attention à lui quand elle apprend qu’elle s’est trompée) ; trouver la midinette dans la maison de passe, c’est la trouver vidée de cette vie inconnue qui la pénètre et que nous aspirons à posséder avec elle ; c’est nous approcher d’yeux devenus en effet de simples pierres précieuses, d’un nez dont le froncement est aussi dénué de signification que celui d’une fleur. Non, cette midinette inconnue et qui passait là, il me semblait aussi indispensable, si je voulais continuer à croire à sa réalité, d’essayer ses résistances – en y adaptant mes directions, en allant au-devant d’un affront, en revenant à la charge, en obtenant un rendez-vous, en l’attendant à la sortie des ateliers, en connaissant, épisode par épisode, ce qui composait la vie de cette petite, en traversant ce dont s’enveloppait pour elle le plaisir que je cherchais et la distance que ses habitudes différentes et sa vie spéciale mettaient entre moi et l’attention, la faveur que je voulais atteindre et capter – que de faire un long trajet en chemin de fer si je voulais croire à la réalité de la Venise que je verrais et qui ne serait pas qu’un spectacle d’exposition universelle. Mais ces similitudes mêmes du désir et du voyage firent que je me promis de serrer un jour d’un peu plus près la nature de cette force invisible mais aussi puissante que les croyances, ou, dans le monde physique, que la pression atmosphérique, qui portait si haut les cités, les femmes, tant que je ne les connaissais pas, et qui se dérobait sous elles dès que je les avais approchées, les faisait tomber aussitôt à plat sur le terre à terre de la plus triviale réalité. (PROUST) |

