Vers le choc des civilisations

A propos du Djihad




Alexandre del Valle, le lundi 7 janvier 2008
Bat Yé’or est une essayiste égyptienne spécialiste dans l’étude de l’islamisme jihadiste. Expulsée d’Egypte avec sa famille en 1957, elle assista à l’ascension du jihad islamiste dont les juifs, les chrétiens et les musulmans modérés furent les premières victimes. Auteurs d’ouvrages traduits en sept langues, elle est très écoutée aux Etats-Unis, y compris dans les cercles de décideurs.
Question :Benazir Bhutto a été tuée au Pakistan. Al-Qaida tue des musulmans et des non-musulmans chaque jour, en Irak ; le Hamas veut faire disparaître Israël et Ben Laden appelle au jihad* contre les juifs et les croisés jusqu’au triomphe de l’islam. Est-ce un conflit de civilisation ?
Réponse. Oui, un conflit de civilisation, une guerre globale. Les musulmans occidentalisés souhaitant moderniser leurs pays sont attaqués comme « apostats ». La charia* prévoit pour eux un traitement plus sévère que pour les juifs et les chrétiens. Nous devons soutenir leur effort héroïque et nous en inspirer. Pour eux, il n’y a aucune rémission. Les textes stipulent que leurs femmes doivent être réduites en esclavage et les hommes tués… Quant aux juifs et aux chrétiens, ils échappent à la mort et à l’esclavage par la conversion. Le GIA en Algérie obéit à cette vision.

Mais l’islam prévoit un statut de « protection » (dhimma) pour les non-musulmans
Juifs et chrétiens sont épargnés par le jihad s’ils acceptent l’islamisation de leurs pays et un statut de soumission, d’infériorité et d’humiliation : la dhimmitude*, ceci dans un contexte de conquête permanente. Ceux qui ignorent les stratégies du jihad ne peuvent rien comprendre à ce qui se passe aujourd’hui… Car même en tant de paix, l’idéologie du jihad a une stratégie.

Est-ce la raison qui pousse al-Qaida à réclamer l’Espagne et un jour l’Europe ?
Oui selon cette idéologie jihadique, l’islam doit régner sur toute la terre, à commencer par les nations voisines de l’islam, qui furent musulmanes. Le jihad de reconquête s’applique donc au Liban, aux Balkans, à Israël, à la Sicile, à l’Espagne, territoires ayant été gouvernés par la loi islamique pour certains jusqu’à la première Guerre mondiale.

L’Europe tolérante envers les musulmans n’est-elle pas moins menacée qu’Israël ? Comment vaincre l’islamisme ?
Non car le statut des juifs et des chrétiens est le même pour l’islamisme : l’Europe est, comme Israël, un territoire sous juridiction « infidèle » (kafir) à islamiser. Et elle est encore plus en danger qu’Israël en niant l’histoire, l’idéologie totalitaires du jihad, qui règle toute relation avec les non-musulmans. Pour vaincre l’islamisme, il convient d’abord de l’analyser lucidement sans se voiler la face, puis en aidant les musulmans modérés...
...
Ensuite en assumant les valeurs judéo-chrétiennnes et humanistes de l’Europe qui ont permis le développement des droits fondamentaux de la personne humaine.

Que pensez-vous du projet de Sarkozy d’Union méditerranéenne et de son refus de la repentance ?

Le projet euro-méditerranéen initié dans les années 1970 par Bruxelles avait des aspects positifs, mais s’est développé comme une stratégie anti-israélienne et anti-américaine, d’abdication de l’Europe et d’immigration massive. Malgré ses bonnes intentions, M. Sarkozy aura du mal à changer cette politique établie avec des réseaux quasi-totalitaires euro-arabes dans les universités, les médias, la finance, etc., très puissants. Quant au refus de la repentance, c’est un aspect positif qui pourrait modifier la politique méditerranéenne, car tout en reconnaissant les pages sombre de l’Europe (Shoah, etc.), il signifie que l’Europe n’a pas à avoir de complexes vis-à-vis des pays musulmans qui, eux, n’éprouvent aucune repentance pour leurs propres conquêtes impérialistes ! Sans oublier les chrétiens persécutés ou génocidés : aujourd’hui les Noirs du Soudan et les chrétiens d’Irak, hier Arméniens ou chrétiens du Moyen-Orient ou du Maghreb.

Dialogue euro-méditerranéen versus Eurabia ?
Dans une étude sur les programmes communautaires « euro-méditerranéenne » établis depuis trente ans par Bruxelles et les chancelleries européennes (« Conférence de Barcelone », DEA : « Dialogue euro-arabe », etc.), Bat Ye’or explique qu’il existe une « similitude entre l’avancée islamiste actuelle et le processus d’islamisation des pays chrétiens dans le passé, lors des conquêtes musulmanes : Turquie, Balkans, Maghreb », etc. « L’Union européenne, compte tenu de sa politique euro-méditerranéenne (Eurabia), chercherait à nier cette guerre. » Aussi, la critique européenne des Etats-Unis viserait à « éviter de s’attaquer aux sources du danger » et « justifierait les compromissions avec l’islamisme ». Concernant l’opération américaine en Irak, Bat Ye’or rejette l’argument anti-Bush en rappelant que « Saddam était détestée et qu’il serait tombé un jour », et donc que « le même chaos se serait installé en Irak ». Pour elle, « les interventions américaines et Irak et en Afghanistan – quelles que soient les erreurs de la politique de Bush – n’ont fait que révéler la réalité jihadiste, car « il est impossible d’agir contre le totalitarisme sans conflits et George Bush a mis en évidence une réalité occultée en Europe. Les historiens de l’avenir lui en seront reconnaissants ». A ceux qui affirment que le jihad serait une « réaction à l’impérialisme américain » ou à la politique israélienne « d’humiliation des Arabes », elle répond que le danger islamiste « menace en premier les musulmans modérés ».



Bat Ye’or est l’auteur de Face au danger intégriste (Berg International, 2005) et Eurabia (Ed J.-C. Godefroy, 2006).

* jihadisme : courant islamiste né en Egypte au sein des Frères musulmans (Sayd Qutb) qui inspire al-Qaida et conçoit le terrorisme pour étendre l’islam et vaincre ses ennemis.

* Charia : loi islamique tirée du Coran et de la tradition (Hadith de la Sunna).

* Dhimmitude : de l’arabe Ahl al-dhimma (« gens du pacte »). En se soumettant à la charia et à l’impôt (jiziya), les dhimmis (juifs et chrétiens) sont épargnés par le jihad* ou guerre sainte. Ils ne peuvent commander un musulman, porter d’armes, ni manifester leur foi.


Un monde turc ...


Djihad en France



La France en danger d'islam

René Marchand, ancien élève de l'école des langues orientales, est un bon connaisseur de la civilisation arabo-islamique : parlant l'arabe, ayant travaillé en qualité de journaliste dans des pays musulmans, il a de l'islam une approche déférente : « J'ai le devoir de le combattre s'il m'agresse, je ne l'abaisserai jamais » (p. 22). Son analyse saura éviter deux écueils : le mépris mais aussi le sentiment de supériorité. « L'islam est une personne, la civilisation française en est une autre » (p. 15). Il combat l'ethnocentrisme, cette fâcheuse tendance à regarder les autres cultures avec nos lunettes d'occidentaux. Il invite à prendre l'islam comme un système en soi dans sa cohérence alors qu'habituellement nous lui prêtons nos conceptions, nos aspirations, notre vision de l'Homme et de Dieu. Cette vision ethnocentrique est en partie à l'origine de notre aveuglement. Aux naïfs qui affirment que la menace islamiste est derrière nous, que les islamistes ne mènent que des combats désordonnés et sporadiques, René Marchand répond que « les islamistes nous font la guerre à leur manière et non selon le principe de nos écoles militaires » (p. 31) !

1. Une menace bien réelle
René Marchand affirme que le danger d'une islamisation rapide de notre pays doit être considéré avec sérieux et réalisme :
la France, de par sa position géographique, est aux frontières de l'islam comme une marche et constitue donc la première nation européenne devant être islamisée : « elle sera musulmane au 21ème siècle » prophétisent les islamistes.
Leur certitude repose :

1) Sur une renaissance puissante de l'islam en tant que force politique et économique : « le royaume saoudien, premier pays exportateur de pétrole brut au monde est aussi le premier pays exportateur d'islam fondamentaliste… le premier pays exportateur de terroristes » (p. 52). Renaissance qui fut pour les musulmans de France une surprise totale ; ils ont alors commencé à regarder l'islam avec un œil nouveau.

2) Sur les prévisions démographiques concernant les communautés musulmanes de France et du Maghreb : « les démographes escomptent 20, 30 voire 50 millions de musulmans en France dans 50 ou 60 ans » (p.36).

3) Sur la décadence de la France : « pour la plupart des musulmans les Français ont abandonné leur pouvoir dans « les quartiers difficiles » à des truands maghrébins qui trafiquent de la drogue, ils ne punissent pas les voleurs et ils sont incapables de faire respecter la justice ou simplement l'ordre, la sécurité des personnes et des biens. Ils sont faibles » (p. 37). Face à cette France que René marchand qualifie « d'avachie », qui constitue « un butin offert aux prédateurs », le parti islamiste dispose d'un plan. Celui-ci a été exposé à l'auteur par un islamiste clandestin rencontré à la terrasse d'un café de Montparnasse durant l'hiver 94. Révéler sa stratégie à l'ennemi, n'y a-t-il pas là de quoi nous étonner ? Pas vraiment pour R. Marchand : Hitler avait bien exposé lui aussi son objectif dans Mein Kampf dès 1923 puis dans des discours publics sans que jamais les dirigeants français se soient émus de ses propos. Même cécité aujourd'hui de la part des démocraties.

En quoi consiste ce plan ?
- Eviter tout ce qui pourrait provoquer une réaction vive des dirigeants français, anesthésier les élites : les attentats seront en nombre limité et groupés sur une certaine période, cela de façon à maintenir chez l'ennemi l'illusion que le mouvement ne peut agir que de façon sporadique.
- Favoriser l'installation en France du plus grand nombre possible de musulmans d'où qu'ils viennent et obtenir pour eux la nationalité française, favoriser l'enseignement religieux, l'enseignement de l'arabe, le voile des femmes, la construction de mosquées, bref, habituer le Français « au fait musulman » ; quant à l'encadrement, il doit être serré mais indétectable.
- Ensuite massifier les millions d'individus vivant en France en organisant leur rassemblement identitaire autour de l'islam : cette phase sera déclenchée après l'installation d'une république islamiste en Algérie.
- Enfin, le JIHAD : les islamistes n'envisagent pas une guerre de ligne mettant face à face les combattants : « un statut juridique dérogatoire devra être obtenu des Français travaillés de longue date par les communautaristes. Nous (Français) serons invités au nom de la tolérance, des droits de l'homme à prendre acte juridiquement du fait accompli : la constitution à l'intérieur du territoire français d'une communauté musulmane ayant sa loi propre » (p. 44).

Ainsi apparaîtront les premières tâches de la peau de panthère et « avec les même méthodes et les mêmes complicités, ces tâches s'agrandiront jusqu'à recouvrir la totalité du territoire de la France » (p. 49).

2. Méconnaissance de l'islam

Nous ne savons presque rien de l'islam alors qu' « eux » savent tout de nous. Nous demeurons les coloniaux que nous avons été, nous jugeons l'islam comme une civilisation en retard par rapport à la nôtre. Influencés par Auguste Comte et sa loi des trois états, nous croyons que l'islam est demeuré à l'âge théologique, qu'il n'a pas encore opéré la révolution de la laïcité, bref nous voyons en lui une religion ni meilleure, ni pire qu'une autre appelée à disparaître comme les autres avec le progrès de l'instruction. Même les dirigeants nationalistes arabes, dignes élèves des Lumières et de nos écoles ont eux aussi sous estimé l'adversaire en croyant que la solution résidait dans le progrès économique, social, culturel. L'échec des laïcistes du monde arabe est dû au fait qu'ils n'ont pas osé se déclarer ouvertement non musulmans par peur de se couper des masses, par peur aussi d'être exécuté par n'importe quel croyant : pas d'apostasie en terre d'islam ! N'est-ce pas ? Il n'y a donc pas de dépassement du religieux dans le philosophique en terre d'islam ; ne plaquons pas non plus la théorie hégélienne sur la culture islamique.

La méconnaissance de l'islam est à l'origine de l'islam rêvé de la pensée unique, qui constitue en grande partie un produit de la mauvaise conscience consécutive à la colonisation. Pourtant, le phénomène n'est pas totalement nouveau : il remonte au 18ème siècle au cours duquel les philosophes s'intéressent à l'islam pour en faire une arme contre l'Eglise et le contre exemple parfait de l'Infâme. Pour illustrer cet islam fréquentable, revisité, on ressort habituellement 2 grandes figures : Omar Khayyan et Averroes. Ce qui constitue une véritable escroquerie intellectuelle : le poète persan qui a su chanter la sensualité et les vertus du vin tout comme le philosophe commentateur d'Aristote réclamant l'autonomie de la raison sont en réalité deux marginaux bien peu représentatifs de l'islam traditionnel !

Contrairement à ce que répète l'a-pensée unique, « l'islamisme n'est pas un épiphénomène, quelque chose comme une excroissance maladive limitée dans l'espace et épisodique qui pourra être rapidement éradiquée » (p. 25). Ce que nous nommons islamiste est ni plus ni moins que la résurgence à l'époque contemporaine de la forme de l'islam qui a prévalu au long de l'Histoire et qui n'a cédé ça et là que sous la pression de la colonisation : « L'islamisme est dans le droit fil de l'islam » (p. 68). La pensée unique qui dépeint les islamistes agissant en France comme un ramassis d'individus égarés est totalement fausse. Déjà, au moment de ce qu'il est convenu d'appeler la guerre d'Algérie, le discours conformiste était le suivant : « Les Fellaghas sont très peu nombreux, ils n'ont pas le soutien de la population musulmane qui reste dans sa majorité modérée et pro-française » et le FLN était décrit comme « un essaim d'agités sans cervelle » (p. 30). Ne cédons pas aujourd'hui à une nouvelle intoxication, n'écoutons pas ceux qui répètent que l'islamisme algérien est vaincu implore R. Marchand. L'islamisme ne peut être vaincu ni par des opérations policières ponctuelles, ni par l'argent. Le fondamentalisme musulman n'est pas traitable par l'économisme : les richesses qui ont jailli au 20ème siècle en Arabie Saoudite ne l'ont pas fait reculer…

3. Triste bilan de la politique française

Sur le plan politique, René Marchand dresse le triste bilan de ces trente dernières années. Il déplore, en gaulliste qu'il se flatte d'être, qu'après le départ du Général de Gaulle « la politique des partis » ait repris la place qu'elle occupait sous la 4ème République. Il dénonce ainsi l'irresponsabilité des dirigeants : Pompidou qui fait venir une main-d'oeuvre à bas prix pour « tenir » les salaires ouvriers, Giscard qui se fait l'artisan du rapprochement familial en 1975, encore pouvaient-ils se donner l'excuse d'être poussés par de prétendues raisons économiques ! En revanche avec Mitterrand les priorités sont électorales : le droit d'asile est accordé à tout demandeur. De nombreux clandestins monogames ou non sont régularisés avec leur famille. Les quotas d'immigration avec l'Algérie sont supprimés de fait en 1981 : désormais les Algériens peuvent entrer librement en France et bénéficier d'un permis de séjour de 10 ans renouvelable automatiquement. Tous ces immigrés vont constituer une réserve d'électeurs et avec la création de SOS Racisme, le but des socialistes que croit déceler l'auteur est de fabriquer des racistes pour se maintenir au pouvoir. Évoquer l'immigration devient désormais tabou, et la classe politique n'a plus qu'un objectif : maintenir l'opinion dans sa léthargie. De fait, la France est devenu une société multiethnique et multiculturelle. Elle est déjà balkanisée : c'est le stade préalable à la juxtaposition de communautés ayant leur propre droit, et des destins séparés. Déjà depuis plusieurs années des maires cèdent, ils gèrent les problèmes de délinquance avec des associations religieuses ; « après avoir supprimé les tribunaux catholiques, nous tolérons les juges islamiques… sans même nous préoccuper de savoir qui les a nommés » (p. 243).

René Marchand insiste aussi sur le fait que dans « la France en danger d'islam » les plus menacés sont les musulmans qui nous ont fait confiance. Des Français de vocation, même s'ils sont peu nombreux, ont cru que la France leur offrait un statut républicain sans équivoque : ils risquent de se retrouver prisonniers du statut communautaire. A-t-on pensé à l'avenir de la jeune maghrébine qui risque de se retrouver mariée sans son consentement, enfermée, voilée, interdite de profession puis répudiée sans aucun droit sur ses enfants ? Or la pression communautaire a pris ses aises dans la société française ; ainsi dans nos cités plus aucun musulman d'origine ne peut donner un prénom français à son enfant : « il n'y aura plus de Marcel Mouloudji ni d'Isabelle Adjani. Dommage ! on vous aimait bien » (p. 248)

4. Vers une grande politique

René Marchand écarte les fausses solutions :
L'intégration : avec la double nationalité ? Le voile pour les filles ? Ce mot ne veut rien dire : l'intégration sans l'assimilation est une utopie.
- L'islam à la française ? « Mot fourre tout » et « crétinerie » (p. 263), « nullité intellectuelle » (p. 273), « andouillerie » (p. 277). René Marchand n'a pas de mots assez forts pour désigner cette théorie fumeuse : après avoir constaté que l'islam fait problème en France, les politiciens ont ainsi voulu changer l'islam, inventer un islam nouveau, édulcoré. Or, l'islam ne peut être réduit à une religion de sphère privée, il s'agit à la fois d'une religion et d'une civilisation, d'une culture et d'une loi. C'est pourquoi l'auteur prédit que « l'islam à la française sera le marchepied de l'islamisme » (p. 269). Il n'a aucune de chance de survie, l'islam étant de nature fondamentaliste et totalitaire. « En offrant aux jeunes maghrébins un islam censé être compatible avec les valeurs républicaines, on leur retire toutes bonnes raisons de quitter l'islam (p. 275).

En dépit de la situation catastrophique qu'il constate et qu'il décrit, René Marchand se veut résolument optimiste : désespérer de la renaissance n'est pas réaliste car « si la France se laisse toujours surprendre dans les premiers temps d'une guerre, elle redevient elle-même dans la contre-offensive et ses capacités de régénérescence sont prodigieuses » (p. 324). La grande faiblesse de l'islamiste est d'après lui sa cécité à l'égard de la résistance qu'opposerait la France à une guerre sur son territoire.

Que propose-t-il ? D'abord de rectifier l'image que l'ennemi se fait de nous. Quelques mesures : réintégrer dans la République les zones de non droit, mettre des conditions à la naturalisation, exiger une période probatoire pour les candidats à la nationalité française, abolir le droit du sol et le remplacer par un devoir de nationalité (respect de la loi républicaine), revenir à la préférence nationale, voire européenne en matière d'emploi et d'avantages sociaux. Ainsi en redevenant respectables nous serons respectés.

Encore un livre qui risque de déplaire aux « bien pensants », aux bigots du politiquement correct ! René Marchand est un auteur qui a son franc parlé, qui ne mâche pas ses mots, qui exprime de saines colères qui le rendent sympathiques au lecteur affranchi. « La France en danger d'islam » est un ouvrage dense, truffé de références historiques, mais bien peu cartésien car également riche en anecdotes, en souvenirs, en impressions : « Je ne me suis pas interdit digressions, notes marginales, j'ai usé à profusion de répétitions pour qu'on sache que j'ai voulu des retours en spirale un peu à l'imitation des auteurs arabes » (p. 20). C'est aussi le cri d'un gaulliste viscéral par les prises de positions qu'il exprime (dénonciation du régime des partis et anti-américanisme -l'auteur rejoint sur ce point les analyses d'Alexandre Del Valle) et par les solutions proposées (recours à l'article 16 prévu par la Constitution, restauration du référendum sur les grandes questions de société, attente d'un homme providentiel, éternel sauveur d'une droite bonapartiste orpheline).

Toutefois, on ne comprend pas toujours très bien comment la grande politique envisagée soit une « politique avec l'islam » (p. 320). Pour ce qui relève d'une alliance entre la France et les dirigeants du Maghreb afin de lutter contre le terrorisme, cela se conçoit assez facilement ; en revanche, on ne voit pas comment nos relations avec les pays fondamentalistes pourront se trouver améliorées sous prétexte que nous lutterons contre les militants islamistes en France. Les dirigeants saoudiens notamment ne renonceront pas volontiers à diffuser la propagande dans notre pays.


Isabelle LARAQUE
30/06/2003
© POLEMIA

« La France en danger d'islam. Entre Jihâd et Reconquista », de René Marchand, l'Âge d'Homme, collection Mobiles géopolitiques, juin 2002, 355 p


Musulmans à visages sympathiques 


Tous les fanatiques se ressemblent, en réalité ...

 


Le ciel menaçant


Au nom de quel dieu, cultivent-ils leur haine réciproque et massacrent-ils les innocents ?
N'ont-ils jamais, à la lecture de leurs Livres, compris le seul mot qui leur permettrait enfin de vivre ensemble ?


Danish tavern


Carricature supposée blasphématoire





Oserai-je dire que je n'ai rien compris à cette histoire ... Le regard intelligent magnifiquement dessiné ne me semblait mériter que des félicitations.


Les bigots de toutes les religions se donnent la main : ils ont trouvé un os à ronger.
On ne les entend jamais protester contre les atteintes aux droits de l’homme qui font tant de ravages quotidiennement à travers le monde, jamais dire un mot pour défendre les misérables qui sont humiliés, torturés et massacrés au nom de la religion. Mais ils se dressent courageusement contre trois dessins de presse.
Les théocraties les plus barbares et les plus obscurantistes de la planète donnent des leçons de morale à l’Europe.
Nos hommes politiques nous expliquent qu’il faut savoir transiger, composer, tenir compte de, ne pas exagérer, réfléchir avant de... Surtout quand des marchés juteux sont en jeu ?
Les journalistes de France Inter nous expliquent qu’il ne faut pas être trop critiques avec les nazillons verts de Téhéran, car la Perse est un grand pays "qui a inventé les échecs” !
Il y a quelques décennies, tous ces braves gens nous auraient sans doute expliqué : il faut savoir transiger avec messieurs Hitler et Goebbels, d’ailleurs la preuve : Beethoven et Goethe.
Voltaire, Montesquieu, au secours !

L'Express du 02/03/2006
Islamisme
par Jacqueline Remy

Le manifeste des douze : ensemble contre le nouveau totalitarisme

Le débat engagé à la suite de la publication par le quotidien danois Jyllands-Posten de 12 dessins sur le thème de Mahomet devrait se poursuivre sur le terrain des idées et non de l'émotion, des clameurs, des anathèmes et des actes de violence souvent orchestrés. Inquiets de l'autocensure que ce type de réactions suscite, 12 intellectuels ont décidé de signer ce manifeste pour appeler ensemble à la résistance face aux tentatives d'intimidation des intégristes. Certains d'entre eux ont déjà payé cher leur indépendance d'esprit et leur courage. C'est en particulier le cas des dissidents de l'islam menacés de mort et exilés en Europe ou aux Etats-Unis à cause de leurs prises de position laïques: le romancier Salman Rushdie, évidemment, qui vit traqué depuis qu'en 1989 l'ayatollah Khomeini a lancé contre lui sa fatwa de mort, la gynécologue et écrivaine Taslima Nasreen, condamnée à mort elle aussi en 1994 pour avoir osé suggérer que le Coran se trompait en opprimant les femmes, ou Ayaan Hirsi Ali, députée au Parlement néerlandais et scénariste du film qui a valu au cinéaste Theo Van Gogh d'être assassiné par un islamiste en 2004.

Voici le texte du manifeste, publié le 1er mars par l'hebdomadaire Charlie Hebdo

Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire: l'islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l'égalité des chances et de la laïcité pour tous.

Les événements récents, survenus à la suite de la publication de dessins sur Mahomet dans des journaux européens, ont mis en évidence la nécessité de la lutte pour ces valeurs universelles. Cette lutte ne se gagnera pas par les armes, mais sur le terrain des idées. Il ne s'agit pas d'un choc des civilisations ou d'un antagonisme Occident-Orient, mais d'une lutte globale qui oppose les démocrates aux théocrates.

Comme tous les totalitarismes, l'islamisme se nourrit de la peur et de la frustration. Les prédicateurs de haine misent sur ces sentiments pour former les bataillons grâce auxquels ils imposeront un monde encore liberticide et inégalitaire. Mais nous le disons haut et fort: rien, pas même le désespoir, ne justifie de choisir l'obscurantisme, le totalitarisme et la haine. L'islamisme est une idéologie réactionnaire qui tue l'égalité, la liberté et la laïcité partout où il passe. Son succès ne peut aboutir qu'à un monde d'injustices et de domination: celle des hommes sur les femmes et celle des intégristes sur les autres. Nous devons au contraire assurer l'accès aux droits universels aux populations opprimées ou discriminées.

Nous refusons le «relativisme culturel» consistant à accepter que les hommes et les femmes de culture musulmane soient privés du droit à l'égalité, à la liberté et à la laïcité au nom du respect des cultures et des traditions.

Nous refusons de renoncer à l'esprit critique par peur d'encourager l' «islamophobie», concept malheureux qui confond critique de l'islam en tant que religion et stigmatisation des croyants.

Nous plaidons pour l'universalisation de la liberté d'expression, afin que l'esprit critique puisse s'exercer sur tous les continents, envers tous les abus et tous les dogmes. Nous lançons un appel aux démocrates et aux esprits libres de tous les pays pour que notre siècle soit celui de la lumière et non de l'obscurantisme.

Signatures: Ayaan Hirsi Ali (députée au Parlement néerlandais), Chahla Chafi (écrivaine), Caroline Fourest (essayiste), Bernard-Henri Lévy (philosophe), Irshad Manji (écrivaine), Mehdi Mozaffari (essayiste), Maryam Namazie (essayiste), Taslima Nasreen (médecin et écrivaine), Salman Rushdie (romancier), Antoine Sfeir (directeur des Cahiers de l'Orient), Philippe Val (directeur de Charlie Hebdo), Ibn Warraq (chercheur au New York Institute).

mercredi 1 mars 2006


Cinq ans après leur parution, les caricatures de Mahomet continuent de choquer une frange radicale du monde musulman. L'arrestation d'un Somalien qui s'est introduit, avec une hache, au domicile de l'un des auteurs de ces caricatures polémiques en témoigne.

2005.

30 septembre.
Le quotidien conservateur Jyllands-Posten, premier tirage de la presse danoise, publie sous le titre «Les visages de Mahomet» 12 caricatures.

L'une d'elles montre la tête du prophète surmontée d'un turban en forme de bombe à la mèche allumée.

14 octobre. Plusieurs milliers de musulmans manifestent à Copenhague. Les manifestations, parfois violentes, vont se multiplier dans le monde.

2006.

30 janvier.
Plusieurs journaux européens publient les caricatures.

4-5 février. Les ambassades du Danemark et de la Norvège à Damas sont incendiées, comme le consulat du Danemark à Beyrouth. Le 6, des centaines d'Iraniens attaquent les ambassades du Danemark et d'Autriche à Téhéran.

8 février. En France, Charlie Hebdo publie les douze caricatures.

21 juillet. La Grande Mosquée de Paris engage des poursuites contre Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo, pour injure publique à l'égard d'un groupe de personnes à raison de la religion.

2007.

8 octobre.
Des journalistes algériens de la télévision publique poursuivis pour la diffusion de caricatures parues en 2005 dans le Jyllands-Posten sont relaxés par le tribunal correctionnel d'Alger.

2008.

12 février.
La police danoise annonce l'arrestation de plusieurs personnes soupçonnées de projeter un attentat contre un des douze dessinateurs du Jyllands-Posten.

13 février. 17 journaux danois, au nom de la liberté d'expression, publient une caricature de Mahomet réalisée par l'auteur qui était la cible de l'attentat la veille.

20 mars. Oussama ben Laden avertit l'Europe dans un message qu'elle devra «rendre des comptes» pour les caricatures du prophète Mahomet publiées dans les quotidiens danois.

27 mars. Un député néerlandais d'extrême droite, Geert Wilders, met sur l'internet un film amalgamant terrorisme et islam, destiné à montrer ce qu'il appelle le caractère «fasciste» du Coran.

6 avril. Plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestent à Karachi (sud du Pakistan) pour protester contre le film anti-islam du député néerlandais et les caricatures du prophète Mahomet.

2 juin. Au moins 8 personnes sont tuées dans un attentat suicide visant l'ambassade du Danemark au Pakistan.

2010.

1er janvier.
Un Somalien de 28 ans armé d'une hache est appréhendé par la police danoise peu après être rentré dans la maison de Kurt Westergaard, l'auteur d'une des caricatures polémiques, qu'il avait l'intention de tuer, selon la police


Ce n'est pas fini !



Dessine-moi le prophète Mahomet

L’artiste Molly Norris a créé une illustration pour défendre la liberté d’expression aux États-Unis et les créateurs de South Park, Matt Stone et Trey Parker, dont le dernier épisode, dans lequel le prophète Mahomet apparaissait dissimulé sous un costume d’ours, a été censuré par la chaîne de télévision Comedy Central après des menaces formulées par un groupe musulman de New York en fin avril 2010





« L’occident sous-estime la perversité de l’islam »

21 08 2007


Wafa Sultan

A l’occasion d’un séjour de 2 semaines en Australie, Dr Wafa Sultan, psychiatre, syrienne de naissance, a rencontré les dirigeants du pays. Elle les a mis en garde, estimant que les pays occidentaux devaient surveiller de près tous leurs ressortissants musulmans.

Selon elle, l’Australie et les Etats-Unis ont été abusés en étant amenés à croire qu’il existait une interprétation modérée de l’islam.

Wafa Sultan a déclaré que les musulmans subissaient un «lavage de cerveau dès le plus jeune âge, leur faisant croire que les valeurs occidentales étaient néfastes, et que le monde serait un jour soumis à la charia».

Déjà sous le coup de deux fatwas demandant sa mort, elle a averti les dirigeants politiques que les musulmans continueraient à exploiter la liberté d’expression de l’Ouest pour répandre la haine et attaquer leur pays d’adoption. Jusqu’à ce que les occidentaux comprennent l’ampleur de la menace islamique.

“Vous combattez quelqu’un qui souhaite mourir” a t-elle déclaré. “Il vous faut comprendre cette mentalité et trouver le moyen d’y faire face. La mission du musulman sur terre est de combattre pour l’islam, et de tuer ou d’être tué. Le musulman n’est là que pour un court moment : une fois qu’il a tué un kafir (un incroyant), il est prêt à rejoindre son dieu. »

Selon Wafa Sultan, l’islam est une idéologie politique que l’on considère à tort comme ayant un versant modéré. « C’est la raison pour laquelle l’occident doit surveiller de près tous les musulmans ; vous ne pouvez pas savoir quand ils sont prêts à être “activés”. Le problème est qu’ils partagent tous les mêmes croyances de base ».

Dr Sultan, mère de 3 enfants, qui a émigré aux USA en 1989, a déclaré que si les occidentaux voulaient gagner la guerre contre le terrorisme, ils devaient tenir les musulmans responsables des atrocités commises au nom de l’islam. Alors qu’elle considère le prophète Mahomet comme pervers, estime que le coran doit être détruit pour sa violence, le Dr Sultan a plus de mal à formuler sa pensée concernant les musulmans, qu’elle essaye de libérer de leur carcan de croyances.

« Je pense que la seule façon est d’exposer les musulmans à d’autres cultures, à d’autres modes de pensée. Les musulmans sont les otages de leur propres croyances depuis 1400 ans. Il est impossible de conserver le coran.»

Wafa Sultan


Le problème palestinien


palestine

(sur base de textes publiés par Rachad Antonius )



L
a fin du XIXe siècle constitue un point tournant dans l’histoire contemporaine de la Palestine. L’antisémitisme s’exprimait de plus en plus ouvertement et de plus en plus violemment. Les Juifs européens commencent alors à considérer une solution mise en avant dans le livre de Théodore Herzl, L’État des Juifs (1897) : fonder un État pour les Juifs en Palestine, présentée comme « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». C’est la naissance du sionisme politique. La Palestine avait été choisie pour sa signification historique et religieuse pour les Juifs européens, mais d’autres territoires en Afrique et en Amérique du Sud avaient été évoqués, puis rejetés. La naissance du sionisme politique du XXe siècle annonce un conflit de longue durée en Palestine. La solution proposée par Herzl s’inspire fortement du colonialisme alors dominant en Europe : il y a un problème en Europe ? On le résout en s’appropriant une terre sur laquelle vit un autre peuple, présenté comme « arriéré ».

Un long processus commence alors, qui vise à faire de la Palestine un État pour les Juifs mais, malheureusement, dans les faits réels du moment, au détriment des droits fondamentaux des habitants du pays.

Tout au long de ce processus, les Palestiniens réagiront en oscillant entre la confiance envers les puissances occidentales (qui n’ont cessé - et vice-versa) d’ailleurs de trahir cette confiance), la résistance pacifique et la résistance violente. En 1917, la Grande-Bretagne s’engage à favoriser l’établissement d’un foyer national juif en Palestine (Déclaration Balfour). En 1922, elle obtient, de la part de la Société des Nations, le mandat de mettre en oeuvre cette promesse et favorise l’arrivée massive des Juifs européens en Palestine dans le but évident de créer un État exclusivement pour eux, tout en rassurant les Arabes et les Palestiniens que ceci n’arriverait pas.
Personnellement, je marque mon incompréhension quant à l'évidence que l'on veut démontrer, pourquoi des gens de culture différente ne pourrait-il vivre sur un même territoire, l'exemple foisonne en 2010 Belgique, Pays-bas, Royaume-Uni, France, Canada, Allemagne et même la Suisse sont des pays multiculturels, au grand dam peut-être des populations originelles mais ...
La tragédie de l’Holocauste, génocide perpétré contre les Juifs par le régime nazi durant la Deuxième Guerre mondiale, laissera une marque indélébile sur la conscience juive et renforcera leur détermination à faire aboutir le projet d’un État pour les Juifs.


En 1947, l’ONU décide le partage de la Palestine en deux États — l’un arabe et l’autre juif — et accorde aux nouveaux venus 56 % du territoire.
Un statut international est proposé pour la ville de Jérusalem. Les Palestiniens et les États arabes voisins rejettent ce partage inéquitable.

En mai 1948, les colons juifs, organisés en milices, prennent possession du territoire et proclament la création de l’État d’Israël, événement qu’ils présentent comme étant une déclaration d’indépendance. S’ensuit la première guerre israélo-arabe, que les armées arabes, mal préparées, vont perdre. La guerre "côté israélien" est soutenue politiquement et militairement par la plupart des nations européennes. Au moment de l’armistice, en 1949, Israël occupe 78% du territoire de la Palestine et a déjà expulsé de 800 000 à 850 000 Palestiniens, soit environ les deux tiers des habitants de la Palestine.



L’ONU adopte alors une résolution qui préconise soit la réintégration des réfugiés palestiniens dans leurs foyers soit leur indemnisation s’ils choisissent de ne pas y retourner. Cette résolution 194, qui était une condition d’admission du nouvel État à l’ONU, ne sera jamais mise en application.

La guerre de 1956 en Egypte, déclenchée par la France, la Grande-Bretagne et Israël lorsque Nasser nationalise le canal de Suez, n’aura pas de conséquences territoriales. La tension se poursuit jusqu’en 1967, au moment où les Arabes coalisés déclenchent une nouvelle guerre à Israël. C’est durant cette guerre que le reste des territoires palestiniens est occupé militairement, ainsi que le Sinaï (Égypte) et les hauteurs du Golan (Syrie). Le Sinaï sera rendu à l’Égypte par la suite, mais les hauteurs du Golan ainsi que la Cisjordanie et Gaza restent sous occupation israélienne.

Peu de temps après cette guerre, Israël agrandit considérablement les frontières municipales de Jérusalem de façon à inclure une partie importante de la Cisjordanie, et annexe le tout. Cette annexion ne sera reconnue par aucune des puissances occidentales, pas même par les États-Unis. Il y a une différence majeure entre l’occupation de 1948 et celle de 1967. La première occupation a été voulue par les puissances occidentales dominantes à l’époque et appuyée par une majorité des membres de l’ONU. Même si elle constituait une injustice majeure envers un peuple vivant encore sous l’emprise coloniale, elle a acquis, au fil des ans, une légitimité aux yeux de la communauté internationale. Aujourd’hui, les gouvernements arabes et la grande majorité des forces politiques palestiniennes ne remettent plus en question le contrôle israélien sur les territoires délimités par la ligne d’armistice de 1949, dite « ligne verte ». Ils insistent pour rappeler qu’il s’agit là d’une injustice majeure, mais reconnaissent aussi que l’Histoire ne comporte pas de fonction rewind. La Ligue arabe, regroupant les 22 pays qui se définissent comme arabes, a fait à deux reprises une offre tout à fait officielle et unanime proposant à Israël la reconnaissance totale et la normalisation de leurs relations s’il se retire à l’intérieur de ses frontières reconnues internationalement, celles de la ligne d’armistice de 1949.
Cette offre a été ignorée par Israël et par la communauté internationale.




Vivre en paix


Selon Pierre Weil, le monde occidental qui a imposé son modèle à la planète vit sous l’influence d’un modèle newtonien-cartésien, qui a conduit la connaissance humaine à une vision fragmentée du monde et à un tel degré de spécialisation dans la connaissance (science, philosophie, art, religion), que nous avons perdu le contact avec l’essentiel et la terre est devenue une véritable tour de Babel.

L’individu n’a évidemment pas échappé à cette fragmentation entre son corps, ses émotions, sa pensée et ses intuitions. Le monde est en crise avec la montée de la violence, notamment dans les classes d’âge de plus en plus jeunes, ce qui conduit Pierre Weil à dire : «la violence, qui nous menace où que nous soyons, est l’un des symptômes de la crise de sens à laquelle est confrontée notre humanité.»

Pour lui, instaurer une culture de la paix consiste à opérer d’abord un changement de paradigme, c’est-àdire de mode de pensée. Il nous faut passer d’une culture de compétition et de guerre à une culture de la paix.
Nous assistons en ce moment à un changement de perspective du réel et à l’émergence d’un nouveau paradigme inter et transdisciplinaire de type holistique. Cette nouvelle vision du monde est en train de naître de la rencontre entre les théories scientifiques les plus pointues, comme la physique quantique, les théories psychologiques et les grandes traditions spirituelles d’orient et d’occident, qui permettent de relier le coeur et la raison.

La paix doit être vue comme un phénomène à la fois intérieur et extérieur, qui relève à la fois de l’écologie intérieure, de l’écologie sociale et de l’écologie planétaire.
Il faut sortir de la séparativité qui enchaîne l’humanité et la terre dans une logique de conflit et de destruction de la paix et passer à une logique de construction de la paix.
L’art de vivre en paix doit être envisagé de façon globale comme un processus de transformation à trois dimensions en interaction :
- La paix avec soi-même implique l’individu dans sa globalité : la paix du corps qui s’acquiert par l’exercice et la santé, la paix des sentiments, en développant des sentiments d’amour, de joie, de compassion, d’équanimité, la paix du mental ou de l’esprit en développant la connaissance de soi et la sagesse.
- La paix avec les autres implique la société dans sa globalité : une culture fondée sur des valeurs de beauté, de vérité, de justice et de spiritualité ; une vie sociale fondée sur des valeurs de synergie, de coopération et de solidarité ; une économie fondée sur la simplicité dans les échanges, un confortessentiel mais non exagéré, un développement viable.
- La paix avec la nature implique de vivre en harmonie avec notre environnement, de respecter la vie sous ses différentes formes et d’apprendre à connaître la nature dans sa diversité et sa complexité.

Cette éducation concerne tout le monde, en commençant par les éducateurs. Car c’est grâce à l’exemple de leur paix intérieure et de leur aptitude à la faire rayonner et à la développer chez les autres, qu’il sera possible de dépasser le stade de la simple transmission intellectuelle et académique, pour faire émerger une véritable culture de la paix.


La méthode d’éducation préconisée par Pierre Weil est une synthèse entre les connaissances scientifiques, psychologiques et spirituelles, d’Orient et d’Occident. Elle regroupe les méthodes de dialogue, les arts martiaux pacifiques, les arts et notamment la danse et la musique, les différentes sortes de yoga et de techniques de méditation, le théâtre, les méthodes de résolution des conflits.
L’objectif essentiel de ces méthodes est la découverte personnelle des espaces de paix et leurs relations avec certains états de la conscience et d’aider à comprendre que notre vécu est fonction de l’état de conscience dans lequel nous nous trouvons. Si nous changeons d’état de conscience nous changerons de comportement.


Tahar ben Jelloun a écrit en 1974 ...




« Quand je prononce ou quand on prononce devant moi le nom de Palestinien, l’image qui s’impose le plus fortement c’est celle des enfants de quatre ou cinq ans déshydratés. Les médecins allemands du camp de Baqa, en Jordanie, en ont sauvé quelques-uns. Il leur fallut du plasma, des appareils, de la patience. Il y a donc plusieurs façons de tuer les enfants. La mort lente est aussi inexorable que la foudroyante. Les mères palestiniennes apportaient à l’infirmerie, dans leurs bras, un petit tas de fagots desséchés : leurs gosses. Je les ai vus mourir.

Les méandres de l’âme enfantine sont très difficiles à suivre. A Beyrouth, il y a quatre ans, parut un livre de dessins d’enfants palestiniens, dont l’âge allait de sept à quinze ans. Le thème traité par eux, garçons et filles, était celui de la guerre de juin 1967. Si le feda’i était déjà embelli par son courage, le soldat israélien était présenté comme un être terrifiant : lui et son pistolet mitrailleur devenaient une grande ombre cachant le soleil palestinien, obligeant les femmes et les enfants à la fuite et qui desséchait les récoltes. Le garçon qui avait dix ou douze ans en 1967 en a aujourd’hui dix-sept ou dix-neuf. Comment a-t-il grandi ? Ravagé dès l’enfance par quelle fournaise extérieure et aujourd’hui intérieure ?

L’un des trois fedayin de l’opération de Maalot avait dix-neuf ans.

Golda Meir ayant, au lendemain du drame de Munich, déclaré que chaque diplomate Israélien était un soldat d’Israël, faut-il lui demander aujourd’hui si les enfants morts à Maalot, dans l’explosion où ont péri les trois Palestiniens, étaient eux aussi des soldats ? »

Ce texte est de Jean Genet.

Après avoir été aux côtés des Zengakuren au Japon dans l’hiver de 1966 (1), il a aussi accompagné les Black Panthers aux Etats-Unis en 1970. Il avait fait la tournée de la plupart des universités d’Amérique en compagnie des révolutionnaires noirs, faisant campagne pour la libération de Boby Seale (2). Aujourd’hui, Jean Genet parle des Palestiniens qu’il bien connus puisqu’il a vécu avec eux, dans les camps, sur les bases, dans la montagne, de 1970 à 1972, avec cependant quelques interruptions. Pourquoi les Palestiniens ?

Cet itinéraire, qui l’écarte de la France et de l’Europe, est logique. « Il était tout à fait naturel, dit-il, que j’aille non, seulement vers les plus défavorisés, mais vers ceux qui cristallisaient au plus haut point la haine de l’Occident. »

D’où vient cette haine ? D’une grande ignorance ; un refus obstiné de lire l’histoire, la peur aussi d’apprendre la vérité sur le peuple de Palestine : la Palestine, sous l’Empire ottoman, était une sous-province de la Syrie. Jusqu’au congrès sioniste de Bâle (1897) et après, les juifs y étaient rares. A partir de 1910, ils arrivèrent de Pologne et de Russie pour cultiver des terres achetées pour eux par diverses banques juives. Les grands propriétaires fonciers – la famille Sursock, en particulier – vendirent de nombreux villages. Si les Palestiniens n’avaient, même sous les Ottomans, qu’un très léger sentiment national, ils connurent leur différence, surtout après 1918 (lettre de Balfour à Rothschild) quand ils découvrirent des Européens qui portaient des noms allemands, russes, polonais, français, espagnols, et des prénoms tirés de la Bible ; différence quand ils furent renseignés sur des rituels étranges – l’abattage des animaux, par exemple ; différence par une langue, le yiddish, qu’aucun Palestinien, aucun Arabe ne comprenait. Quand près de la moitié des territoires fut occupée par les émigrants juifs devenus Israéliens, le sentiment national des Palestiniens devint de plus en plus fort, mais leur territoire à mesure se rétrécissait, si bien que la volonté nationale fut parfaite quand elle coïncida avec l’occupation de tout le pays : la Palestine n’existait plus que dans les mémoires. Par cette terre occupée, l’Occident assure sa présence au Proche-Orient.

Les Palestiniens étaient exilés parmi les peuples arabes. Mais, très vite, d’exilés, de réfugiés, ils allaient devenir des révolutionnaires décidés à recouvrer leur identité et leur terre. Connaître l’histoire de ce peuple arraché à sa terre, c’est déjà une étape pour déloger la haine



Heureusement !




Cette actrice palestinienne lit le Times et s'informe donc ainsi des nouvelles du monde "occidental".


Saddam



Saddam

Les guerres serviraient-elles aux grandes puissances de véritables et secrets champs d’expérimentations aux seules fins de mettre à l’œuvre de nouvelles technologies militaires ? Secret Defense : Deux mots cinglants qui blindent les armées de l’œil indiscret, des oreilles intriguées, des langues trop bien pendues. L’hypocrisie des nations n ‘a que trop caché les crimes perpétrés, les erreurs dissimulées, les dossiers envolés. L’opinion publique commence à peine à découvrir les véritables enjeux de ce qui a été une “guerre-spectacle” fortement médiat isée. Le silence coupable de l’armée américaine et des États membres de l’Union Européenne sera-t-il un jour jugé complice d’un génocide ?

La guerre du Golfe éclate en 1991. Saddam Hussein a mis en branle les puissantes nations du monde en annexant leKoweit et en usant d’armes chimiques contre le, Kurdes. Les irakiens, civils ou militaires son les premières victimes de la “tempête du désert” si bien orchestrée. Victimes de l’embargo, victimes d’une dictature et de la propagande. Les vents violents détruisent surtout les faibles. Côté Saddam ou côté Bush ceux qui soufflent le froid et le chaud sont surtout inspirés par de hauts intérêts et portent de loin l’indifférence de leurs regards sur un monde de civils qui n’en demandaient pas tant !

Les idéaux jouent trop souvent le rôle de paravents aux intérêts des uns et des autres.

On fait des moulinets souvent dangereux pour tout le monde, destinés à intimider l’ennemi. Et entrer ainsi sur le ring en ayant de bonnes raisons d’y être. A l’instar de ces boxeurs ou cat cheurs qui insultent leur adversaire devant les médias !!! Les chefs d’état encouragent les peuples à donner bonnes consciences à leurs meurtriers.

Le 27 février 1991 Sheriff Bush déploie sa puissance de feu et contamine grâce aux 860 000 obus àl’uranium appauvri d’après le Pentagone, plusieurs milliers d’irakiens et Koweïtiens.

Il contamine également 200 000 combattants américains, des milliers d’hectares en Irak, en Arabie Saoudite et au Koweït. L’embargo achève le macabre décompte en entraînant la mort chaque mois de milliers d’enfants.

Si l’acquis de matériels militaires donne à certains pays endettés l’illusion d’être en mesure d’assurer leur défense, ils ne sont en réalité que des enfants à qui l’on donne l’illusion d’être des adultes. Mais l’irresponsabilité est une coutume propre à l’humain, et parmi ceux qui pensent être des princes ou des rois, agissant en âme et conscience pour le bien de l’humanité, souillent et dérèglent dans le même temps la planète éclopée. Sur l’échiquier à défaut de rois et de princes, ce sont les fous qui s’aïfrontent. D’un côté le noir pétrole que Saddam convoite, de l’autre les blancs principes que Bush sermonne. D’un côté la victime harcelée, persécutée, qui n’hésite pourtant pas à utiliser les armes bactériologiques et chimiques, d’affamer son peuple.





De l’autre le justicier Bush qui proclame haut et fort: “Nous avons la chance de forger un nouvel ordre mondial”.





Fn août 1990, l’O.N.U. annonce que l’Irak reconnaît être en possession de plutonium pour fabriquer la bombe atomique, et qu’il investit dans la recherche d’armes bactériologiques.

Bof bof … ou se trouvent les chemins de la réalité (à défaut de jamais découvrir ceux de la vérité ?)





aller au Cdécritures 301 : La guerre du golfe.



Caricatures





« La carte des émeutes montre que les pays touchés par la violence sont ceux où le régime et certaines forces politiques ont des comptes à régler avec les Européens. La violence a été instrumentalisée par des Etats et des mouvements politiques qui rejettent la présence des Européens dans un certain nombre de crises au Moyen-Orient. Nous payons un activisme diplomatique croissant, mais qui ne fait pas l'objet d'un débat public. Que le régime syrien se présente en défenseur de l'islam ferait sourire si les conséquences n'avaient pas été tragiques. Un régime qui a exterminé des dizaines de milliers de Frères musulmans se trouverait à la pointe de la défense du Prophète ! Ici, il s'agit d'une manoeuvre purement politique pour reprendre la main au Liban en s'alliant avec tous ceux qui se sentent menacés ou ignorés par la politique européenne ».

Olivier Roy,

(Le monde)



"En France et en Europe, il y a une règle, la liberté, tempérée par la justice en cas d'excès". "S'il y a excès (...) la justice est là pour trancher. Mais chez les islamistes il semble que ce soit une autre règle, la liberté tempérée par le meurtre rituel, le chantage ou l'intimidation. C'est inacceptable"….Ce n'est pas à la France de s'adapter à l'islam, c'est à l'islam de s'adapter à la France".

Phil. de Villiers