Le judo est-il un sport, la question a été maintes fois posée et de nombreuses réponses y ont été données.

Avant la seconde guerre dite mondiale, c'est-à-dire avant 1945, le Judo est une discipline gymnique japonaise strictement codifiée et ne présentant AUCUNE similitude avec un sport quelconque. Le Judo est une sorte d’éducation physique et morale, le sport est un jeu, une distraction ludique.

Après 1945, le judo et le kendo furent ajoutés aux programmes d’éducation physique et sportive des jeunes japonais, ces disciplines ne pouvaient être officiellement enseignées dans d’autres endroits selon la loi en vigueur décidée par l’autorité occupante : les USA.

Dans le sport, la recherche de la perfection technique musculaire est l’élément dominant de la partie éducative, cela fut mis en application dans la pratique du judo et du kendo qui commencèrent à sortir ainsi des écoles pour réintégrer des dojos et s’exporter à nouveau vers les Usa et l’Occident.

En Occident, une nouvelle norme éducative tendait alors à s’imposer : inculquer des valeurs morales par le sport de compétition. Pour bénéficier des aides et subsides généreusement offerts aux clubs sportifs, les amateurs de judo se plièrent donc aux normalisations occidentales, on transforma les cours d’éducation en cours de compétition.

Alors que la recherche du waza était le but principal (waza = technique), la victoire devint le but ultime et transforma ainsi l’essence même de l’art. Savoir si c’est un bien ou un mal est une autre approche de la question.

En escrime par exemple, la dérive « art – compète » semble ne pas exister mais la différence est que Judo est une dérive du jiu-jitsu lequel n’est aucunement spécialisé et dans lequel il faut s’entraîner de multiples façons pour se défendre n’importe où, n’importe quand, presque n’importe comment … Les arts du Budo étaient choses sérieuses et vitales, ils ne se prêtaient pas au jeu.

Si l’on veut rester fidèle à la tradition séculaire japonaise, le seul but de l’art est de pouvoir s’entraîner au kata-chi, la répétition des mouvements dans la forme la plus stylisée, une sorte de lecture permanente d’un bréviaire inachevé.

Le Judo moderne en plus des contraintes sportives pures se voit obligé d’être plébiscité pour des raisons financières et compris pour des raisons télévisuelles universelles, il est donc normal que le kata ne soit plus le but mais que le simple combat – amical, donc la compétition, soit le moyen de diffusion. Il faut aussi compter avec l’évolution mondiale humaine et l’humanisme qui, il est vrai est peu présent dans le Budo traditionnel ancien, et même dans le judo à ses débuts.

Le principe de la victoire dans l’ancien BUDO était la victoire à tout prix, attitude bien différente de la notre. BUDO est un combat a mort ! Il doit donc être considéré avec le plus grand sérieux. Tout autre attitude n’est pas bonne, c’est évident. Plus la technique est dangereuse pour l’adversaire, plus elle est intéressante est un concept passé inapplicable en sport.

Le Budo moderne dont le judo, le karaté et quelques autres disciplines populaires ont pu concilier l’esprit de la tradition et l’étude des techniques avec la pratique sportive et la compétition, étant entendu que plus que jamais, la seule occasion d’exprimer toute son énergie est le combat. Dans les temps d’avant la moitié du XXème siècle, les circonstances dans lesquelles les arts martiaux étaient utilisés, étaient nombreuse. Combat individuel ou collectif, sans armes, avec armes, On sessayait à prévoir toutes les possibilités et on y adaptait chaque technique. La forme sportive y était tout simplement inutile : la guerre était là pour tester les forces en présence. Heureusement les temps changent et on revient dune part au sport, donc le judo est un sport et à létude rigoureuse du « fond » tel quil a été enseigné : apprendre une technique physique et morale pour savoir se défendre socialement. Aujourd’hui chacun peut donc pratiquer le BUDO a volonté : Judo pour le sport, Jiu-Jitsu pour le retour aux sources : vaincre la peur de la mort et les angoisses de la vie.

A l’école de Jiu-Jitsu traditionnel, la devise de Messieurs Drèze et Tastenoy était, on s’en souvient encore : l’efficacité dans la beauté du geste.

Mais la beauté dans le BUDO ne signifie rien, il ne faut pas s’y méprendre : la beauté de l’acteur qui manie magnifiquement saï ou katana n’est qu’admirative. Tous les sports modernes individuels depuis le pur hébertisme sont orientés vers l’application de la force dans un cadre esthétique. Les autres types de sports sont quasi uniquement à but compétitif. Au Japon y compris qui en est venu donc à cet entraînement intensif selon le système compétition américaine.

Notre une société hautement civilisée est habitée de personnes qui au cours de leurs heures ordinaires d’activité (travail professionnel) sont quasi sédentaires. Le travail est devenu machinal. Il est souhaitable que du temps soit consacre à léducation physique et au sport si celle-là est trop théorique ou contemplative.

Une valeur humaine, la valeur de l’éducation dépendent entièrement de l’idée que l’on sen fait.

Lorsquon étudie le développement culturel de l’être humain, on. se rend compte que la force vitale qui pousse la culture humaine a se développer et le principe basique de léducation physique ont d’étroits rapports. Aux temps les plus anciens, courir, sauter, nager, lutter étaient nécessaires pour survivre. Ces activités physiques servirent de moyen de lutte contre la nature et les autres êtres humains. Ces peuples ont pris le chemin de la prospérité et de la civilisation.

Dans un monde moderne, la, paix est souveraine et la guerre négative. Le sport et léducation physique sont nécessaires à la conservation de la vitalité. Le judo sest transformé, oui, cest un sport. Cela nenlève rien à létude disciplinaire dautres techniques pour des besoins plus profonds ressentis par quelques uns seulement et sans esprit de victoire ou de compétitivité.

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