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Œuvre technique de la prise-sur-la-table.
En hommage à Jean Malaquais, écrivain qui pensait (en 1939) à une autre manière de se tenir à table. A sa manière et à celle des Javanais.
Les éléments dont nous disposons à partir de maintenant ne vont pas nous permettre, j’en ai peur, de vous fournir tous les éclaircissements que vous êtes en droit d’attendre sur les pourquoi et les documents les plus divers qui jonchaient la table de travail du très mystérieux Christian, il y avait même une photo de moi, Mireille.
Ai-je dit qu’ils étaient quatre, qu’ils me couchèrent sur la table. Jamais, je n’aurais cru que l’on était si bien sur une table.
Les hommes se penchaient sur moi, leurs mains se rencontraient au-dessus de mon corps en gestes d’offrande et d’holocauste. Quelqu’un me toucha le ventre, un d’autre fit craquer les pressions de ma jupe, à plusieurs, ils me l’enlevèrent.
On me souleva par les épaules, on me retira ma blouse, ma chemisette de fausse soie chair et ocre. Puis, comme je riais très fort, on me souleva les reins, on me retira mon petit cache-sexe.
Allongée sur le bois de la table, les bras plaqués au corps, les jambes jointes, ferme et lisse, je frissonnais sous leurs mains et leurs lèvres qui sont partout dans mes seins, dans mon nombril, dans mon pubis.
Comme j’ai aimé cela, le frôlement raboteux des doigts, rugueux des visages. Je m’imaginais poupée, une poupée pelucheuse dont une meute de jeunes chiens aurait fait son jouet. Je sentais leurs museaux nerveux, leur haleine chaude, ils me roulaient sur le dos, sur le ventre, bondissant et voltigeant autour de moi, rigide, horizontale, les cuisses serrées, inflexibles. Les bourgeons de ma gorge pointaient, les bouclettes de mes cheveux moussaient. Quelqu’un força du poing dans l’entrejambe. Ah ! non, pas cela, je suis encore vierge dis-je, alors, ils se reculèrent et me regardèrent allongée sur cette table de travail, l’un était étonné, l’autre avait déboutonné son pantalon et il avait sorti un tout joli mignon sexe bien dur. Le regardant dans les yeux, souriante, je lui ai dit : Si tu veux, tu peux venir entre mes seins, ou mes fesses, mais pas dedans, tu comprends, pas dedans.
Ils se mirent à rire tous les quatre, ils me piquèrent leurs doigts entre les chevilles, entre les mollets, ils y firent une brèche, et je m’ouvris toute grande. L’un approcha une lampe, on éclaira le mont de Vénus, on y mit la main, vraiment, je ne me souviens plus de ce qui s’est passé ensuite, je me suis retrouvée seule, en fin de soirée, dans le bureau vide. Un essuie-mains était par terre et quatre tasses vides traînaient près de la porte de la cuisinette.
Je me suis peignée une première fois pour démêler mes cheveux puis, j’ai commencé à me rhabiller.
Tiens, où donc sont passées ma culotte et ma chemisette ?