VESTIAIRE
Le rire lumineux
de l'assaillant sans visage, d'abord. Assise dans le vestibule d'une maison d'édition, Joséphine attend d'être reçue. Un curieux personnage dont elle ne parvient pas à voir le visage transforme son heure d'attente en torride cauchemar : "Dans le silence éclate une nouvelle fois son rire lumineux, flamboyance qui parle aux reins"



Joséphine est une abstraction, à aucun moment elle n'a été décrite, chacun la voit telle qu'il la souhaite ou ne la voit pas. Est elle blonde ou brune ou rousse mince ou replète, petite ou grande, sa robe est jaune et blanche qu'on s'y tienne mais aujourd'hui elle est vêtue petit voile très transparent qui aurait fait le bonheur de ma grand'mère. Elle ne porte pas ce matin de bas et de jarretière mais tout de même une petite culotte blanche sous laquelle se cache un peu un sexe, au-dessus du sexe un ventre, au-dessus du ventre des seins, une nuque, une bouche, des cheveux et puis il n'y a qu'à redescendre pensait le recruteur de service, le super psycho à la mode qui allait décider du sort économique de Joséphine. Quand il lui a dit : on vous écrira, elle a pensé lui montrer, lui montrer quoi? le trou de son cul et rentrant chez elle, c'est au plombier dans la cuisine qu'elle a dévoilé sa chatte, de colère,




Avec mon petit manuscrit sous le bras, je faisais très provinciale montée à la capitale. II n'y avait que quelques semaines que tout avait commencé, quelques semaines que l'idée m'était venue de camper les personnages pour de vrai : la victime était toute désignée et n'en savait rien sur rien, le meurtrier aussi était choisi et tout aussi ignorant de son rôle, une expérience passionnante jusqu'à cette antichambre où l'ombre du violeur de la rue des basquaises se profile entre la porte du codirecteur commercial et de la correctrice-lectrice. Tout ceci fera l'objet de sanglots longs et de pardonne-moi mon amour, l'auteur était mon compagnon, on en reparlera ...