C’était une grande et magnifique salle de château, où se donnait le bal masqué où j’étais conviée.
Le bal masqué
Le carton d’invitation avait précisé l’heure et disait aussi qu’il ne fallait se préoccuper d’aucun costume, le vestiaire était suffisamment fourni pour que tous les invités trouvent le choix de leurs désirs.
J’eus en arrivant le sentiment d’être tombée dans une autre époque, car personne, parmi les invités déjà présents, ne portait de costume actuel.. On entendait une sourdine, un menuet ou une valse, interprétée par un orchestre de musiciens déguisés en pingouins.
Les hommes, dans la salle, portaient des perruques, des pourpoints et des collants qui leur moulaient les jambes, les fesses et même le sexe. Les femmes étaient vêtues de robes longues et de profonds décolletés. Tous étaient masqués, de grands loups vénitiens richement ornés.
A droite, le vestiaire, plus loin les toilettes, à gauche, le bar. Il n'est encore que huit heure trente, c'est tôt, je n’ai pas envie de me travestir tout de suite et le barman en est à servir des verres au mètre comme ils disent, une longue rangée de verres alignés pour deux ou trois garçons habillés en loubards des années soixante, ouf, ici on est à la bonne époque, je vais m’asseoir dans un fauteuil en attendant que l’on vienne me chercher pour me déguiser et entrer dans la salle de bal. Je me demande si je connais quelqu’un. J’observe les verres blonds baignant dans une sorte de pisse, la bière bon marché, tandis qu’on entend par un haut-parleur l'orchestre jouer un slow pâteux. J’imagine très bien qu’on attrape une fille au vol, on la presse, on la colle, on s'éponge les mains à sa taille, on s'essuie les lèvres à ses joues on tangue, on traîne des pieds, on transpire, la fille a des seins comme un oreiller, moi, je les ai fermes et durs et je me dis que c’est le moment d’aller voir la camériste. Je suis venue pour participer, pas pour me vautrer en regardant les gars faire les forts en muscles.
La préposée au vestiaire, une jolie brune de dix-huit ans tout fraîche me fit passer derrière les portemanteaux et là, après m’avoir invitée à me déshabiller et à laisser mes vêtements en échange d’un petit carton, le quarante-deux, s’occupa de me fournir un corset très dix-neuf cents dont elle tira de toutes ses forces les lacets, ensuite, elle me proposa des bas de soie blancs et leur jarretière à ruban, des petits souliers de satin, une robe très large rose et blanc ornée de dentelles et de broderies. M’amenant devant un petit évier surmonté d’un miroir, elle me dit de ne plus bouger, qu’elle allait me maquiller pour aller « dans la compagnie ».
Après m’avoir parfumée, coiffée et poudrée, la camériste m’offrit un loup assorti à ma tenue, brodé d’or et orné de perles et de plumes blanches. Elle parlait avec un accent italien prononcé. Elle appela et un homme vint pour me conduire à la grande salle.
Le laquais me guide vers la salle de réception, où des danseurs, tout de suite, m’intégrèrent à leur groupe. Les danses me semblèrent un peu dépassées, moi, avec Ginette, j’aimais sortir le samedi soir dans des bals où les gars et les filles se secouaient vraiment, mais j’avais accepté de venir ici, j’avais tant envie de connaître une ambiance masquée. Hormis la vitesse et le bruit, masqués ou non, les danseurs se conduisaient comme partout. Certains se collaient la tête dans les seins de leur cavalière, y enfouissaient le nez, le visage, y reniflaient avec une envie de mordre de s'engloutir, les musiques se font douces, les danses se succèdent tandis que les lumières baissent encore, les mains s'égarent sur les filles qui se laissent peloter et les garçons bandent tout contre elles en se frottant la bitte contre les ventres bombés.
Moi, je passais de mains en mains et de bras en bras, volant ainsi une sorte de tourbillon sensuel, que les masques rendaient encore plus excitant. Le plus souvent, mes partenaires m’accueillaient en très visible état d’érection, sous leur collant, état provoqué par les frôlements fugaces mais répétés contre une grande variété de robes et de femmes.
Elle avait quitté le bal masqué avec Roland, reprenant ainsi son apparence réelle.
J’avais dansé longtemps et m’étais bien amusée, surtout lorsque je constatai que de plus en plus, je retrouvais toujours le même partenaire, un grand homme masqué de noir qui me poursuivait de ses assiduités. Ses yeux étincelaient et son sexe semblait prendre des proportions démesurées un peu plus à chaque nouvelle danse, j’eus peur qu’il ne finît par jouir dans son collant, et contre ma belle robe.
Un moment, j’ai eu trop chaud et je suis sortie dans le parc, tiens, voilà la Ginette, elle a donc été invitée, elle aussi, je la reconnais bien malgré son masque, il n’y a qu’elle pour dire des gros mots quand on la baise, elle est collée à un tronc d'arbre dans les phares d'une moto, la jupe, une belle jupe vert et bleue écossaise relevée coincée sur l’épaule par la main d’un cavalier en pourpoint à la Duguesclin, elle n'a pas de culotte, elle écarte les pieds et offre ainsi son pubis, le bonhomme s'approche et monte à sa rencontre, bite au vent justaucorps sur les chevilles il l'attrape par les fesses la soulève et la pénètre devant moi, les fesses scandent la poussée puis un tressaillement les tétanise, le gars se retire la Ginette se couche reste ouverte offerte un autre gars arrive qui l'embroche, elle s'accroche à lui les talons levés puis noués à sa taille , après lui, un autre puis un autre puis encore un autre ils déchargent tous en elle, une Ginette plus molle qu'une chiffe maintenant anesthésiée par toutes ces queues qu'elle a senties en elle, ah, celui-ci sera le dernier, le coup de l'étrier ! elle a le cœur qui se soulève un peu de toutes ces queues qui viennent de faire un tour dans son ventre, elle se relève avec du sperme qui coule entre ses cuisses, elle me regarde et je lis dans ses yeux qu’elle sait que j’ai jouit en les regardant, qu’elle sait que moi non plus je ne porte pas de culotte, la camériste ne m’en avait pas donnée...