VESTIAIRE

Le site Xianhenri vous promène de l'imaginaire à la réalité

aller chez  Chimères

Art Martial

aller aux Cdécritures

aller aux  Endroits insolites

Xian vous accueille

aller au Café du commerce

© Xianhenri.be 2008. (mentions légales)

86- Filles de papiers, en grande partie à cause de Christine qui rêve de ses amies et en parle depuis tant de numéros, scénario global sur 120 pages avec un avant-propos jamais écrit concernant de telles nouvelles, quelles nouvelles, pas de nouvelles, bonnes nouvelles.


Et l’auteur, rien à dire à propos de l’auteur ? D’habitude, on dit deux trois mots parfaitement inventés, surréalistes, idéalisant à propos de l’auteur.
Quid de l’auteur ?  
On verra plus tard, s’il en vaut la peine, n’est-ce pas.

Christine s’allonge près de son mari et touche son visage dans l’obscurité. Elle s’en voulait de le réveiller, ils étaient si bien au chaud au creux du lit douillet, à Gotham City qui était moins trépidant qu’Amity mais tellement plus surprenant que son originel Saint Servais où sa mère avait été industrieuse ouvrière de la papeterie. Ah ! la papeterie... toute sa vie, ces rouleaux qui se déroulaient pour aller s’entasser dans un stockage de la Sambre et s’en aller à petites vagues vers Marcinelle où des encres venaient colorer les feuilles en petites vignettes. Mais cette fois-ci, le rêve avait été brutal, Queue-de-Cerise avait été malmenée par des malandrins armés, Zunie avait été renversée par un grand gaillard poilu au sexe immense dressé vers le ciel comme un couteau géant, les gigantesques bobines s’étaient détachées de leurs rayonnages pour rouler en masses compactes vers Berlacomines, Brétigny, Vocaing et les portes du home fermé de Bricniot avaient été forcées par des loubards à casquette et chaînes de moto.
Effrayée par son rêve, Christine ne retrouvait pas le sommeil et ne savait quelle position prendre dans le lit conjugal entièrement colonisé par son immense mari, nu comme d’habitude et qui dormait bras et et jambes écartés, dormait, ne dormait pas puiqu’il demanda :
— Tu ne dors pas ?
Christine ne répondit pas, ce qui ne servit à rien puis que déjà elle était saisie, retournée, palpée, bousculée, une grande main s’abat sur son bas-ventre et l’italien géant murmure :
— Alors, poupée de cire, poupée de son, que dit la petite poupée de sa petite bouche moustachue ?
Tandis qu’il colle son oreille sur le mont de Vénus, ajoutant qu’il entend comme un petit cri d’alarme, comme un appel, une demande caresses, mieux, plus grave dit-il.
— Baise-moi dit la voix, voilà ce que j’entends dans le ventre de mon petit lapin chéri, de ma poupée de son. Il parle tout en prenant la main de Christine et en la promenant sur son ventre, sur son sexe, sur ses couilles.

—Tout va bien à la papeterie, dit-il, on stocke encore aux emplacements de l’ancienne forteresse gauloise d’Hastedon, on réservera ce papier-là aux livres d’histoire qui parleront des Romains et des Aduatiques qui ont vécu ici. Et là, derrière les bosquets, c’est une petite chapelle dédiée à l’archevêque de Tongres, on peut encore y célébrer la messe, je te jure que j’y mets le corps du Christ.

Christine excitée se glisse sous Mario, elle met ses bras autour de son cou et embrasse son visage.
— Je suis ton seigneur hautain, dit-il.
Christine est sous Mario qui la caresse et cependant son esprit est ailleurs. Bien sûr, elle est mariée, bien sûr elle est heureuse, mais comment oublier toutes ses amies et surtout sa divine maîtresse, plus belle qu’O soi-même, la Pop de ses rêves les plus fous. Leur dernière rencontre remonte à l’année dernière, un peu après son mariage. Mario et elle avait été invitée à visiter la papeterie, ils avaient décidé de passer voir aussi les vestiges éventuels du marteau et de l’usine de Vocaing, et le moulin des Malades. Sur le site du moulin, elle était là, contemplative, ils lui avaient parlé et Christine sans demander l’avis de son mari lui avait dit de les accompagner. Pour tout autre, cela aurait fait scène et grincements de dents mais pour elle, avec un cul pareil, quel régal pour ses yeux napolitains !n’est-ce pas Mario ? Mario travaillait dans une fabrique, filiale de cette papeterie (elle même désormais partie du groupe suédois Papermills) et ils avaient été invités à cette visite suivie d’un déjeuner, un déjeuner important pour Mario, sans doute une promotion. Le patron, un Morel del Marmol de Gobertange était assis dos à la fenêtre dans le seul restaurant coté et couru de cette banlieue industrielle, un peu au-dessus de cette ancienne fabrique de porcelaine fondée par Nicolas Claudel en 1775. Sa femme est une longue sèche, elle est assise à sa droite, près d’elle le collaborateur porte-valises comme dit Mario, le nommé Georges Vanderstraeten. Ça tombait donc bien que nous soyons accompagné de Pop, il y avait ainsi chiffre pair à table. Le dîner est une réussite. Le noble chevalier d’industrie papetière me regarde tout le temps et quand son regard me quitte, il s’attarde langoureusement sur les formes rebondies de Pop. Quand il ne me regarde pas, c’est son Georges qui m’envoie des œillades. L’après-dîner se passera ensuite dans un petit club privé de la région où cigares, cafés pousse-café, petite musique d’ambiance. Tiens si on dansait ? Cela doit être dans son habitude au del Marmol, sa femme l’a fusillé du regard et son collaborateur louchant sur mes jambes a souri. Un moment, une musique douce, le patron se lève et Mario regarde étonné. Il semble malheureux et heureux, malheureux parce que le patron invite Pop à danser. Georges s’est levé en même temps et demande à Mario :— Je peux ?
 Mon mari dit oui. Le collaborateur danse bien, un peu trop près du corps mais c’est bien, puis  quelqu’un dans mon cou murmure « Changez », c'est le patron qui m'invite et il se place carrément contre moi, je suis comme toute nue dans ses bras seulement vêtue de cette cotonnade plus que légère, je sens la bandaison noble se frotter très malicieusement contre mon pubis de roturière, plus tard le patron téléphonera plusieurs fois le soir à mon mari pour des détails de boulots divers, il demandait alors de mes nouvelles puis mon mari fut muté. Je raconterai cela une autre fois. En vous donnant des nouvelles de mes amies. Fleury, très belle, petite chatte noire soyeuse n’est pas restée la vie entière sur son rocher yougoslave après sa sortie de l’infernal pénitencier grec. Sabine a eu plus de mal à s’en sortir et aggravé son cas en ne portant pas de culotte sous sa jupe de laine brune. Seccotine avait bien failli passer de vie à trépas après qu’on l’eut étendue nue sous l’aqueduc qui alimentait en eau l’ancienne fabrique de faïences, une eau venant directement de la mine de plomb de Vedrin.

 Il y a aussi Chantal qui passe parfois me dire bonjour, une ancienne amie avec qui on parle aussi de Pop, mon Mario ne l’aime pas trop, il dit qu’elle est un peu délurée, voire perverse dit-il en me chatouillant. Je crois surtout qu’il aimerait tripoter ses fesses et n’ose pas. Elle nous parle d’un vieux, ancien P.D.G. ou quoi dans le cinéma est-elle sa secrétaire, le dit-on dans les livres précédents de la collection ( 027 ? 037 ? 064 ? ) dans lesquels déjà l’on parle de Chantal. Enfin, ce vieux semble n’avoir plus de secrétaire et je me demande si ce ne serait pas un petit job d’appoint pour moi.

J'avais une secrétaire à plein temps mais une réduction de budget me l'a enlevée, m’a-t-il dit lorsque Chantal m’a présentée à lui, la fille qui vous a introduit tape trois heures par jour, il me faudrait encore quelqu’un pour deux ou trois autres heures, ajouta-t-il en regardant franchement sous ma jupe alors que je croisais les jambes. Mon mari dit que je suis capable de toutes les impudeurs, mais tout de même pas pour deux heures de dactylo. Où irait-on ?
Je me tourne dans mon lit et Albert de Monaco pose sa main droite sur mon sexe, à plat sur la fente. Romy Schneider est morte, on dit qu’elle s’est suicidée. Est-ce de dépit ? Toutes les femmes qui se retrouvent seules vous le diront, une brillante carrière les rend inaccessibles au commun des hommes, me suiciderai-je un jour ?
Il faut que je me lève.
Il faut que je me lève, dit-elle