VESTIAIRE
Chantal.
Je craque pour les cheveux de Chantal (nouvelle nouvelle venue d’on ne sait où et qui parle beaucoup de son coiffeur, en route pour une histoire, et les subsides, alors ?)
.../...
Après tant de matins gris, enfin, ce matin-ci, cette femme-là, qui est mienne maintenant, est venue.
Je l’avais remarquée, déjà venue, deux ou trois fois, richement ou chichement habillée, selon le jour ou son humeur.
Sans doute fonction des réponses aux annonces, observant le détail caché qui la distingue : lorsque elle ne porte pas de bas, cela veut dire qu’elle est nue sous ses jupes, c’est le signal mais de quoi qu’on cause,
elle, elle, elle est mon seul amour, je le sens et je le sais.
Des passantes, j’en ai beaucoup observées, comme celle-là, à la crinière flamboyante, regardez-là donc qui s’avance d’une démarche montante dansante, son prénom de fée Yolande est susurré par un bellâtre qui l’accompagne, était-elle si rousse, si belle, la mère du bon roi René ?
Avait-elle ses yeux verts si brillants de vie ?
Gueuse balançante, j’aurais aimé hier te prendre dans mes griffes, depuis, il y a Chantal et il m’indiffère de te voir, de te savoir femme sous la jupe virevoltante.


Chantal sans bas, donc, signal évident, elle se dit qu’elle se sent plus libre, plus vivante, plus sûre d’elle, comme ce matin où elle m’emporte.
Chantal m’a ramené chez elle après une longue journée où nous fûmes de bien des parties, et où j’ai pu admirer ses amies et la comparer à d’autres femmes, filles, femelles.
C’est vrai que la présence de Chantal ne l’avait aidé, pas vraiment, tant il était fasciné par ses cheveux blonds, il se rappelait l’aventure dans la cabine d’essayage pour la tenue de la scène quatre, lorsqu’elle a retiré sa blouse pour passer un pull, tout ce blé s’écoulant sur des seins tendres, deux mamelles chéries et soignées aux pointes acérées qui leur donnent comme un regard.