"Le cinéma, disait André Bazin, substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs."

 

Réflexions déjantées
R
Henri ? Est-ce Xian qui fait son cinéma ?
Henri.
Accueil.
Ici commence l'incompréhension.
Je m'appelle Henri.
La bande.
Réflexions.
Comme Perrier.

27.1.08

L’aviez-vous lu ?

Une grande pièce à séparer ?

Vous avez une grande pièce que vous souhaitez diviser en 2 espaces, sans pour autant vous lancer dans du gros-oeuvre et le montage d’une cloison, alors voici le meuble qu’il vous faut. Il s’agit d’un meuble séparateur de pièce dont la particularité est d’avoir une partie centrale pivotante.

Ainsi, d’une simple pression de la main, vous pouvez faire pivoter l’élément central sur lequel se fixe un écran plasma. Vous pourrez ainsi en bénéficier des 2 côtés de la pièce sans avoir à déplacer quoi que se soit. Ce meuble propose de nombreux rangements, des espaces pour présenter vos bibelots et comme un espace dédié à un écran plat de télévision.

Voir les images :

http://xianhenri.be/Prefix-WEB-Dir/Artdesign

Vous noterez qu’en plus d’être astucieux, ce meuble est design avec aucune poignée visible (les portes s’ouvrent par pression).

Référence : White Ultimate Swivel Room Divider
Dimensions : longueur : 243 cm X Profondeur 60 cm X Hauteur 214 cm
Prix : 3599 $ chez Costco (prix 2007)  

 


 

21.1.08

Des segments de lumière pour décorer vos intérieurs
 

Très populaire au japon, le bambou a envahi les intérieurs ces dernières années. Notamment sous sa forme la plus réduite, à savoir les lucky bamboo. C’est parti de l’observation de cette plante aux multiples usages que le designer Pablo Reinoso a conçu le luminaire Bamboo light system.

Ce bambou lumineux est une lampe qui se compose de segments de lumière qui s’assemblent les uns aux autres au gré de l’imagination de l’utilisateur. Grâce à son système d’assemblage breveté, les mêmes segments peuvent se combiner pour former des lampes de plafond, murales, ou sur pied.

Le Bambou lumineux est composé de cinq segments de lumière (Il y a des segments de deux formes, l’une presque droite, et l’autre courbée), d’un transformateur, et de différents types de support en fonction de l’endroit où la lampe sera placée.

En bref, le Bamboo light system est un luminaire modulable qui répondra aux attentes des amateurs de design futuriste.

Pour plus d' illustrations voir http://xianhenri.be/Prefix-WEB-Dir/Artdesign/

  


30.11.07

Cuisine encastrable
 

Les concepts évoluent du côté des cuisines pour gagner de la place tout en restant entièrement fonctionnels.

Les designers Mélanie Olle et Ilja Oelschlagel ont conçu "Grandma's Kitchen" une solution radicale, géniale et encastrable.

Sur le principe d'ouvertures, de fermetures et de mécanismes coulissants tout y est pour ranger, cuisiner, conserver les aliments, laver la vaisselle... Et même un coin repas avec table, bancs et éclairage.

Une fois fermée, la cuisine devient un élément de décor.

Pour plus d'informations :
http://www.designboom.com/contest/view.php?contest_pk=11&item_pk=796 4&p=1  

 

 


30.11.07

Lit luxueux avec TV

Le lit Hollandia Platinum-Luxe Elite va définitivement vous chatouiller les sens avec son superbe design haut de gamme, accompagné d'une TV HD Sony Bravia 32" qui a été intégrée au panneau du lit. Elle est à environ deux mètres de la tête du lit et a une luminosité qui s'ajuste de façon dynamique afin de réduire la fatigue des yeux. En plus du Sony qui est un régal pour les yeux, vous aurez un système home cinéma Sony Bravia qui inclut un lecteur DVD/CD chargeur 5 disques optiques, un système surround de 5 enceintes, un subwoofer sous le lit pour une expérience haute qualité, et un docking station iPod.

Le lit a une douzaine de programmes de massage individuels pour vous détendre après une dure journée. Que demander de plus ?

Image chez Artdesign (illust. Artdes113)  


 

Escalier escamotable

L’escalier conçu par Aaron Tang est destiné aux lieux d’habitation où l’espace est compté.

Dissimulé dans le mur, l’escalier ne sort que lorsqu’on en a besoin, chaque marche étant abaissée par un piston hydraulique. Une fois que vous l’avez emprunté, l’escalier se rétracte de nouveau dans le mur.

Pour plus d'informations :
http://architechnophilia.blogspot.com/2007/10/from-portfolio-of-aaron-tang-proposal.html  

26.11.07
 

 

Calculs et nouvelles.
On continue a trouver, donc, ici, la suite de quelques souvenirs publiés ici et là, textes et dessins ayant mis en émoi ...
Céline aimait les chapeaux
Une dent contre les juifs ? 
A propos de :
dentistes français au 19e siècle - spoliation des dentistes juifs en France (1940-45) - revue catholique "études" et l'antisémitisme (1920-40)
http://henrimor.free.fr

Réflexion ludique

 

 

On me dit qu’il faut boycotter les jeux olympiques 2008.

 

Ce n’est pas la première fois que l’on se sert d’arguments fallacieux et inopportuns pour tenter de manipuler l’opinion publique qui, dit-on, aurait une certaine importance.

 

 

 

J’en viens à me demander pourquoi certaines choses auraient ici plus d’importance que d’autres et s’il ne serait pas plus simple que chacun décide de son sort sans se laisser manipuler par d’autres.

 

 

20.8.07 05:59

11.

 

 

Les unes après les autres, Claudine, Huguette, Éliane, Béatrice, Gabrielle, Isabelle tombent aux mains de l'ennemi. La vallée est tour à tour couverte d'un épais brouillard et d'une poussière suffocante. La troupe ne reçoit depuis plusieurs semaines aucuns vivres frais. Ceux qui sont valides ne boivent même plus le Vinogel. Quel sombre industriel camouflard et camouflé a bien pu inventer cette infâme boisson

 

 

23.6.05 06:52

En rire ou en pleurer ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Henri est en train de relire les procédures à cause de Céline et de l'Olonais (voir http://jemappellehenri.skynetblogs.be)

 

Blogueurs et responsabilité

 

 

Par Machin, lundi 30 mai 2005 à 17:42 Cette note a été effacée à la demande de son auteur.

 

 

 

 

 

Tous les lecteurs d’Henri auront lu et apprécié le texte qui figurait dans la rubrique Où est Henri chez Henrilauteur, il était simple à tout utilisateur de cliquer sur la barre de sous titre pour accéder au texte original de l’auteur originel, dont le nom figurait en bonne place. Comme Sabrina a été si bien mise en garde par Henri-Etienne chez Jemappellehenri contre les Olonais, il est parfaitement ironique de d’avoir à dire :  

 

 

Cet "essai" visant à prévenir l'ensemble des lecteurs des blogs d'Henri des problèmes que posent l'édition de certains textes est parfaitement réussi.

 

 

Je dirais même plus : c'est magnifique, belle thèse à écrire sur la bêtise humaine.

 

 

8.6.05 08:57

UN PAYS SANS MIROIRS

 

UN PAYS SANS MIROIRS

[Mona Chollet - Périphéries - 02/06/05]

http://www.peripheries.net/crnt.htm

 

Tout au long de la campagne, quand on devait se fader à longueur de journée,

sur toutes les antennes et dans les colonnes de tous les journaux (rappelons

que seuls l’Huma, Politis, Regards et le Monde diplomatique avaient pris

position pour le non) les inepties et les injures des éditorialistes

oui-ouistes, on se consolait avec cet espoir confus, à peine formulé: si le

non passe, alors, ils comprendront Avec le recul, évidemment, c'était d'une

naïveté inouïe.

 

Mais à quoi d'autre pouvait-on se raccrocher, puisque le suffrage universel

était le seul moyen d'expression dont disposait ce peuple muet, condamné au

seul rôle de cible «pédagogique», pour répliquer à ceux qui l’admonestaient

avec tant de docte suffisance? Il y avait aussi le courrier des lecteurs et

les antennes ouvertes, d'accord, mais ces moyens sont, par définition, trop

subordonnés aux supports qui les octroient généreusement pour faire office

de contrepoids réel.

 

Quant à Internet, les poissons du bocal médiatique ne s'aventurent presque

jamais dans ce marigot, car il paraît, figurez-vous, ô abomination, qu'on

n'y dit pas toujours la vérité. Brrrr! Ça doit être un endroit terrifiant.

Pour vous et moi, qui sommes habitués à raconter des bobards, voire qui

mentons comme nous respirons, passe encore; mais pour des professionnels de

la vérité, il y a là quelque chose qui heurte la sensibilité.

 

Qu'ils aient presque tous pris position pour le oui, c'était déjà

inquiétant, certes. Mais ça n'aurait peut-être pas été aussi grave s'ils

avaient au moins donné un reflet fidèle des termes du débat. Ce qu'il y a de

vraiment flippant, ce sont les analyses du vote qu'ils persistent à nous

infliger, aussi pertinentes que si elles étaient formulées par des Martiens

en goguette sur la Terre avec des traducteurs automatiques martien/français

défectueux. Alors que, avec toute la rancoeur qu'on avait accumulée en trois

mois, on se faisait une joie revancharde de savourer leur déconfiture,

dimanche soir, les débats télévisés qui ont suivi l'annonce des résultats

ont été bizarrement frustrants; la matinale de France-Inter, le lendemain,

aussi.

 

Il a bien fallu se rendre à l'évidence: la bulle dans laquelle vivent ces

gens-là n'avait pas éclaté. Cette fois, c'est sûr: ils ont décroché, ils

sont en roue libre. Leurs pseudo-analyses se nourrissent de leurs préjugés,

de leurs certitudes d'officines et des pseudo-analyses de leurs confrères:

de rien d'autre. Quand ils n'ont pas la franchise d'insulter leurs

auditeurs, ils louvoient, ils esquivent, ils noient le poisson, ils se

rassurent, ils se justifient.

 

Et il faut encore qu'on les écoute se la raconter. «Si nous méritons la

confiance de nos lecteurs, c'est en raison non pas de notre infaillibilité

mais de notre liberté», se dédouane Jean Daniel dans le Nouvel Observateur,

transformé ces dernières semaines en machine de guerre pour le oui, et dont

toute la rédaction en chef semble redécouvrir en ch¦ur les vertus de la

méthode Coué. Bla, bla, bla, bla, blaS

 

Depuis dimanche soir, je me rends compte que tout ce que j'entends à la

radio et à la télévision, ainsi qu'une bonne partie de ce que je lis, me

révolte ou m’indiffère, au choix. Je suis ailleurs ­ et j'ai vaguement

l'impression que je ne suis pas la seule. Ils sont dans leur monde, et au

moins 55% de la population française est dans le sien.

 

Une population bornée, nombriliste et butée,

contre des élites pro-européennes,

audacieuses et désintéressées? C’est drôle,

mais on a plutôt l’impression

que c’est exactement l’inverse!

 

Parmi toutes les explications possibles au fait que les Français aient

refusé ce projet de Constitution européenne, il y en a une qu'on n'entend

quasiment pas évoquer: leur désaccord avec ce projet de Constitution

européenne. C'est là une hypothèse audacieuse, j'en conviens; mais, quand

même, ne faudrait-il pas l'envisager? Au lieu de ça, il semble aller de soi

qu'ils ont voté non pour manifester leur hostilité à Chirac et à Raffarin;

on insinue ­ ou on assène ­ qu'ils sont incapables de relever le nez de

leurs navrants petits soucis quotidiens (du genre chômage, précarité,

disparition des services publics et autres peccadilles) pour tourner leur

trogne de bouseux probablement avinés vers les sublimes horizons européens

qu'était censée leur ouvrir cette Constitution, malgré les efforts

désespérés et méritoires de leurs élites pour leur élever l'âme, à ces

ingrats. Déjà, interprétant le désaveu comme un désintérêt, on invoque, pour

l'expliquer, le déficit d'information sur l'Europe dans les médias. «En

France, nous sommes quand même très peu à nous intéresser à l'Europe», se

désolait Christine Ockrent à la télévision lundi soir, tandis qu'à la veille

du scrutin, un sondeur déclarait que la principale caractéristique du débat

en France était qu'on n'avait «jamais parlé du fond»: on croit rêverS

 

Une population bornée, nombriliste et butée, contre des élites

pro-européennes, audacieuses et désintéressées? C'est drôle, mais on a

plutôt l'impression que c'est exactement l'inverse! S'il fallait une preuve

du fait que le souci de l'Europe était plutôt du côté des partisans du non,

on l'a eue dimanche soir, sur les plateaux de télévision: alors que l’UMP

touillait déjà la cuisine interne de son remaniement ministériel et que le

PS affûtait ses longs couteaux, Marie-George Buffet était la seule à parler

encore de l'Europe; et, de toute évidence, elle emmerdait tout le monde,

celle-là, avec son Europe. Comment peut-on ne pas voir avec quelle passion

ce texte, au cours de la campagne, a été lu, trituré, disséqué, discuté? Au

café, dans les réunions entre amis, au travail, sur Internet, partout les

gens se déchiraient pour une divergence sur un alinéa, s'envoyaient des

articles à la tête, confrontaient leurs interprétations, et on continue à

déplorer qu'ils ne s'intéressent pas à l'Europe!

 

Du coup, on chialerait presque de reconnaissance en lisant, dans le Nouvel

Observateur (mais si!), le papier, lumineux de bout en bout, de Jean-Claude

Guillebaud (qui, pourtant, si on a bien compris, «inclinait pour le oui»;

comme quoi http://www.nouvelobs.com/dossiers/p2117/a269714.html.

(Le lien est devenu obsolète au fil du temps, comme quoi les journaux et revues papier sont de moins en moins crédibles)

 

«En s'invitant dans le processus européen, écrit-il, les citoyens ont

littéralement transformé le statut symbolique et politique de l'Europe. Ils

en ont fait, pour la première fois, un espace public, concret, discernable.

 

Le «plus» d'Europe sera paradoxalement passé par le non. C'est ainsi. Le

pari que nous faisons ici consiste à penser que cette transformation

substantielle est un acquis si extraordinaire qu'il contrebalance les

éventuels retards que le non français fera prendre in concreto aux

procédures.

 

Sur le long terme, un tel enrichissement démocratique, une telle

transmutation symbolique ne sont-ils pas plus importants que le simple

timing procédural? On disait, hier encore, que le premier handicap du projet

européen tenait à l'absence ou au désintérêt des citoyens? Or ces derniers,

à l'improviste, se sont imposés comme partie prenante de l'affaire. D'une

certaine manière, tout est changé en Europe. Qui s'en plaindra?» Oh!

Beaucoup de monde, visiblement... Mais peu importe. Merci, Jean-Claude

Guillebaud.

 

Bien sûr, parmi les Français qui ont voté oui,

comme la grande majorité des électeurs UMP,

aucun ne trouve qu'il y a trop d'étrangers en France...

 

A l'inverse, si les autres commentateurs sont incapables de désigner une

autre cause que l'hostilité à Chirac et Raffarin, ne serait-ce pas parce

qu'ils prennent leur cas pour une généralité, et qu'eux-mêmes ne voient pas

plus loin que leur petit horizon hexagonal et leur petite tambouille

politicienne? Déjà, ils n'ont toujours pas compris que ce scrutin n’était

pas une élection, mais un référendum, c'est-à-dire une consultation des

citoyens par-dessus la tête de leurs représentants politiques, qui jouent

ici un rôle secondaire.

 

«Pour la première fois, dimanche, le chef du FN a voté comme la majorité des

Français», écrit sinistrement Jacques Julliard dans le Nouvel Observateur.

Mais Le Pen était aussi contre la guerre en Irak, et pourtant, personne ne

nous a expliqué à l'époque qu'il fallait approuver l'aventure

anglo-américaine pour éviter que le chef du FN ne pense «comme la majorité

des Français»! Dans un dessin odieux de l'Express, Plantu représente les

hommes et femmes politiques ayant pris position pour le non (Le Pen,

Villiers, Fabius, Buffet, Besancenot, Chevènement, etc.) rassemblés autour

d'une table, en compagnie de Chirac etS d'un clochard, apparemment pour

démontrer le côté hétéroclite, bras cassé et, pour tout dire, peu

fréquentable de la coalition victorieuse.

 

Etroitesse de vues, encore: trois jours avant le vote, sur France Culture,

François Hollande, qui vantait depuis plus de six mois les mérites

ébouriffants de cette Constitution, sidérait tout le monde en déclarant tout

à trac que, si Chirac avait mis son mandat en jeu, le PS aurait appelé à

voter non. Et maintenant, il va partout pleurnichant que Fabius, Emmanuelli,

Mélenchon et les autres ont triché, qu'ils ont bafoué la discipline du

parti, trahi le vote des militants, que c'est pas du jeu, et tout ça. En

voilà, une réaction à la hauteur de la situation. Lhorizon de Hollande,

pour sa part, ne s'étend même pas jusqu'aux frontières de la France: il

s'arrête aux grilles du siège du PS, rue de Solférino, dans le septième

arrondissement de Paris.

 

On savait déjà que ces salauds de musulmans étaient tous antisémites;

maintenant, avec le racisme de classe irrépressible qui, le désarroi aidant,

se manifeste depuis dimanche, on sait aussi que ces salauds de pauvres sont

tous xénophobes. Passons sur la manipulation qui voudrait faire du plombier

polonais, symbole d'un dumping social dont pâtiraient aussi bien les

Polonais que les Français, un thème xénophobe - d'autant plus que la

campagne du non de gauche est étrangère à cette figure, dont la paternité

revient à Frits Bolkestein.

 

Kamikaze du non à Libération, Pierre Marcelle raconte avoir entendu dans les

murs de la rédaction que, s’'il s'était passé quelque chose dimanche, c'était

«la marche en avant du national-socialisme»; c'était une blague, mais Pierre

Marcelle manque d'humour. Sur le plateau d’Arlette Chabot, l'autre soir,

Bernard Kouchner, avec l'air machiavélique et triomphant du flic qui vient

de confondre un suspect, lisait un sondage annonçant que, parmi les Français

qui ont voté non, 67% trouvent qu'il y a trop d'étrangers en France (bonjour

la question pourrie! - et les chiffres sont faux, voir en bas de ce

message).

 

Serge July, dans son d'ores et déjà célèbre éditorial de lundi matin

intitulé «Chef d'¦uvre masochiste» («chef d'¦uvre masochiste», en effet, vu

le nombre de désabonnements qu'il a dû provoquer à Libération), s'indignait

du «spectre turc désignant sans ambages les musulmans»: cette campagne aura

au moins permis à Serge July de découvrir l’islamophobie, que lui et ses

pairs, jusque-là, renvoyaient généralement à un fantasme gauchisteS Et bien

sûr, parmi les Français qui ont voté oui, comme la grande majorité des

électeurs UMP, par exemple, aucun ne trouve qu'il y a trop d'étrangers en

France, et tous sont prêts à accueillir à bras ouverts la Turquie dans

l'Union. Serge July oublie que de bruyants partisans du oui, comme les

éditorialistes Claude Imbert et Philippe Val, se sont prononcés contre une

éventuelle adhésion turqueS

 

Pour la première fois,

on a vu le thème de l'antilibéralisme

se propager suffisamment dans la société

pour peser sur l’issue d'un scrutin

 

Que les Français aient pu tout bonnement répondre à la question qu'on leur

posait, c'est une hypothèse que tout le monde écarte résolument. Et on croit

comprendre pourquoi: prendre acte du refus de ce texte obligerait du même

coup à prendre acte de ses motifs.

 

Dimanche, pour la première fois, on a vu le thème de l’antilibéralisme

déborder des sphères altermondialistes et se propager suffisamment dans la

société pour peser sur l'issue d'un scrutin. Certes, tous ceux qui ont voté

non ne l'ont pas fait par antilibéralisme; mais ça a été le cas,

explicitement ou non, d'un très grand nombre d'entre eux ­ un nombre

décisif, en tout cas.

 

Mardi soir, sur TF1, on a revu l'étudiant travaillant au noir qui avait

participé à l'émission de Chirac avec des jeunes sur l'Europe, et qui a voté

non; interrogé sur le remplacement de Raffarin par Villepin, il commentait

sobrement, renvoyant à son insignifiance le ballet des consultations

ministérielles de la journée: «Ce n'est pas une question de personnes, mais

de politiques. Tant qu'on mènera des politiques ultralibérales, rien ne

changera.» Entendre ça sur TF1, quand même, ça fait drôleS

 

Dès lors qu'on prend en compte ce paramètre essentiel, la situation

s'éclaire, et on ne peut plus raconter n'importe quoi. On ne peut plus

raconter, par exemple, que les partisans du non devraient avoir honte

d'avoir voté comme les électeurs du FN (argument particulièrement écoeurant

compte tenu de la lepénisation des esprits galopante à laquelle on assiste

par ailleurs ces dernières années): si, parmi ces derniers, un certain

nombre votent Le Pen non par racisme, mais par désespoir, il faut plutôt se

féliciter de ce que leurs griefs aient enfin pu trouver un débouché noble,

et que, pour une fois, ils ne se soient pas «trompés de colère».

 

Rappelons les remarques de Frédéric Lordon reproduites ici même

( http://www.peripheries.net/crnt61.htm ) (Le lien est devenu obsolète au fil du temps, comme quoi les journaux et revues papier sont de moins en moins crédibles) l'autre jour: «Pour la première fois, le débat roule sur les vraies questions, les questions de structures.

On ne parle que de la banque centrale indépendante, des contraintes liées à

la monnaie unique et à la déréglementationS Ce n'est pas comme en 2002, où

la question sociale et économique s'était trouvée défigurée par le débat sur

«l'insécurité», «l'immigration», «les sauvageons», etc.»

 

Ce débat sur le dogme libéral, et, indissociablement, sur le droit des

peuples à décider des politiques économiques menées en leur nom, tout a été

fait pour l'éluder, ou, à défaut, pour l'endiguer en abusant l’opinion par

des ruses grossières. On a même entendu le Medef s'inquiéter d'une possible

victoire du non parce que ce serait une «victoire pour l’ultralibéralisme»,

alors que le Medef, lui, défend une «société sociale de marché» (cité par

l'Humanité, 25 mai)!

 

Mais ces ânes bâtés de Français, avec une méfiance inexplicable, ont refusé

de croire que la construction européenne, s'ils lui donnaient le feu vert

pour continuer sur sa lancée, leur assurerait soudain un avenir radieux et

solidaire, leur octroierait comme ça, par pure reconnaissance, un petit

droit de regard sur les choix de société qu'elle faisait pour eux, et que

François Hollande, après avoir défendu de toutes ses forces un texte

enfermant le continent dans la «concurrence libre et non faussée» pour les

cinquante ans à venir, monterait à l'assaut de Bruxelles, le couteau entre

les dents, pour exiger un salaire minimum européen, une grande loi sur les

services publics et la tête de Frits Bolkestein.

 

Le 29 mai est ce qui pouvait arriver de mieux

à la gauche française

 

Si on accepte cette grille de lecture, on ne peut plus raconter non plus que

le 29 mai dernier a été un «nouveau 21 avril» («le syndrome du 21 avril 2002

s'affiche désormais sans complexe», écrit Robert Schneider dans le Nouvel

Observateur, tout ça parce qu'il a retenu, la fine mouche, que «les Français

ne font plus confiance à ceux qui les dirigent»).

 

Or, le 29 mai est ce qui pouvait arriver de mieux à la gauche française. La

campagne référendaire a permis aux antilibéraux en son sein, tous partis

confondus, de se compter; et, vraisemblablement, c'est sur cette ligne

qu'elle va se recomposer, en renonçant peut-être enfin à ses querelles de

chapelles stériles. La recomposition ne sera peut-être pas achevée pour

2007, mais, de toute façon, elle n'avait rien à perdre.

 

S'il ne s'était rien passé, si la France avait regardé passer d'un ¦il bovin

le train de la construction européenne, François Hollande aurait continué à

se figurer que les Français avaient voté socialiste aux régionales par pur

engouement pour sa personne, qu'ils ne demandaient pas mieux que de le

porter en triomphe jusqu’à l’Elysée, et Sarkozy n’en aurait fait qu'une

bouchée.

 

Dans tous les cas, le pays aurait eu le choix, à la présidentielle, entre

une gauche de droite et une droite de droite. Alors qu'avec la clarification

inespérée opérée par le débat européen, on peut espérer voir apparaître dans

ce pays une vraie gauche ­ à laquelle aspire, semble-t-il, une large partie

de l'électorat ­ tenant sa place à côté d'une vraie droite. Ça n'éviterait

peut-être pas les déceptions, mais ça éviterait au moins les malentendus, et

c'est déjà beaucoup.

 

Sauf qu'au sommet de la hiérarchie médiatique, là où on ne s'accommode pas

si mal du système, quand on n'en est pas partie prenante, on résiste de

toutes ses forces à l'émergence du thème antilibéral dans le débat public.

«Libéralisme», pour ces oreilles-là, c'est l'antienne vaine, niaise et

irritante, ressassée par des gens que l'on méprise ­ les Bové, les Buffet,

les Besancenot.

 

On s’était accoutumé à vivre et à décider sans le peuple, cette chose sale ­

au point qu'on confond délibérément «populaire» et «populiste» ­, et on n'a

aucune envie de le voir faire son grand retour dans la gestion des affaires

publiques, au lieu de s'accommoder du rôle qu'on lui réservait, celui de

figurant dans une parodie de démocratie. On lui cite en exemple ses voisins

européens privés de débat: eux, au moins, ont le bon goût d'avaliser

docilement (oups, sauf les Pays-BasS) un projet de Constitution qu'ils n'ont

pas lu, sans avoir l'outrecuidance de se mêler de ce qui les regarde!

 

Il y a trois mois encore, l'opinion française était prête à en faire autant.

Par miracle, le débat a eu lieu; un débat d'une qualité stratosphérique. Et

il faudrait en avoir honte!

 

Mais c'est ainsi: le moindre espoir qui pointe de faire émerger une

contestation large du dogme libéral suscite des ricanements haineux. «La

victoire du non a installé durablement dans une bonne partie de l'opinion de

gauche le mythe d'une alternative globale, l'espoir d'autant plus ancré

qu'il est chimérique d'un grand soir de tous les recommencements», écrit

dans Libération d'aujourd'hui Joël Roman, de la revue Esprit, qui, pour la

réduire à un caprice de gauchistes, ne doit pas trop voir dans son quotidien

la nécessité d'une «alternative globale».

 

Dans le Nouvel Observateur, Claude Askolovitch consacre un papier à «la

victoire de la gauche d'en bas», qui n'a pas l'air de lui faire plaisir.

Après avoir évoqué les espoirs qu'elle suscite, il conclut par ces mots:

«Soyons lucides, expliquons pourquoi rien n'est possible.»

 

All you need is Nouvel Obs!

Le renversement du slogan soixante-huitard, évidemment, n'est pas innocent.

Depuis qu'ils ont noyé leur idéalisme de jeunesse dans les compromissions et

les vicissitudes mondaines, ces gens-là se sont fait une mission de censurer

et de tuer dans l’¦uf toute velléité de remise en cause de l'ordre établi.

 

Pourtant, ce que le débat référendaire a réanimé, ce ne sont pas les

fantasmes de grand soir: c'est simplement l'espoir d'en finir avec la

confiscation du droit des peuples à décider de leur destinée, de retrouver

un jeu politique débarrassé de ses faux-semblants, et d'enrayer la trahison

systématique des mandats reçus. Et si cela, c'est être radical, c'est parce

qu'on est tombé bien bas.

 

«Dans cette passe difficile, le réformisme lucide retrouve tout son sens et

un journal comme le nôtre, sa mission», écrit sans rire Laurent Joffrin dans

le Nouvel Observateur ­ décidément un numéro d'anthologie.

 

All you need is Nouvel Obs! Ça alors, et moi qui croyais que le «réformisme

lucide», c'était précisément ce qu'avaient rejeté 55% des Français dimanche

dernierS

 

Désormais, dans leur écrasante majorité, ni son personnel médiatique, ni son

personnel politique n'offrent plus à la France de reflet fidèle de ce

qu'elle est. S'ils ne la comprennent plus, c'est parce qu'ils ont sur elle

un bon train de retard. La crise actuelle était nécessaire, mais cette

situation étrange n'est pas rassurante pour autant ­ surtout en ce qui

concerne la représentation politique, parce que, côté médias, on peut

toujours se débrouiller avec Internet... Question: combien de temps un pays

peut-il vivre sans miroirs?

 

[Mona Chollet]

 

 

PS. A propos du sondage cité par Bernard Kouchner: en réalité, ce sondage

paru dans Libération dit que «49 % des personnes interrogées trouvent qu'il

y a trop d'étrangers en France»; sur ces 49%, 67% ont voté non et 33%, oui.

Ce qui est un peu différent! Merci aux lecteurs qui me l'ont fait remarquer.

Bizarrement, ce chiffre de 49% est mentionné dans les explications du

sondage (voir le fichier PDF), mais on n'en trouve pas trace dans les

tableaux...

 

 

7.6.05 08:12

Tiens, les Hollandais ...

 

euh, nee ? ah Ja, wel t'is nee dus !

 

2.6.05 07:56

Clin d'oeil