
"Le cinéma, disait André Bazin, substitue à notre regard un monde qui s'accorde à nos désirs."


27.1.08
L’aviez-
Une grande pièce à séparer ?
Vous avez une grande pièce que vous souhaitez diviser en 2 espaces, sans pour autant
vous lancer dans du gros-
Ainsi, d’une simple pression de la main, vous pouvez faire pivoter l’élément central sur lequel se fixe un écran plasma. Vous pourrez ainsi en bénéficier des 2 côtés de la pièce sans avoir à déplacer quoi que se soit. Ce meuble propose de nombreux rangements, des espaces pour présenter vos bibelots et comme un espace dédié à un écran plat de télévision.
Voir les images :
http://xianhenri.be/Prefix-
Vous noterez qu’en plus d’être astucieux, ce meuble est design avec aucune poignée visible (les portes s’ouvrent par pression).
Référence : White Ultimate Swivel Room Divider
Dimensions : longueur : 243 cm X Profondeur
60 cm X Hauteur 214 cm
Prix : 3599 $ chez Costco (prix 2007)
21.1.08
Des segments de lumière pour décorer vos intérieurs
Très populaire au japon, le bambou a envahi les intérieurs ces dernières années. Notamment sous sa forme la plus réduite, à savoir les lucky bamboo. C’est parti de l’observation de cette plante aux multiples usages que le designer Pablo Reinoso a conçu le luminaire Bamboo light system.
Ce bambou lumineux est une lampe qui se compose de segments de lumière qui s’assemblent les uns aux autres au gré de l’imagination de l’utilisateur. Grâce à son système d’assemblage breveté, les mêmes segments peuvent se combiner pour former des lampes de plafond, murales, ou sur pied.
Le Bambou lumineux est composé de cinq segments de lumière (Il y a des segments de deux formes, l’une presque droite, et l’autre courbée), d’un transformateur, et de différents types de support en fonction de l’endroit où la lampe sera placée.
En bref, le Bamboo light system est un luminaire modulable qui répondra aux attentes des amateurs de design futuriste.
Pour plus d' illustrations voir http://xianhenri.be/Prefix-
30.11.07
Cuisine encastrable
Les concepts évoluent du côté des cuisines pour gagner de la place tout en restant
entièrement fonctionnels.
Les designers Mélanie Olle et Ilja Oelschlagel ont conçu
"Grandma's Kitchen" une solution radicale, géniale et encastrable.
Sur le principe
d'ouvertures, de fermetures et de mécanismes coulissants tout y est pour ranger,
cuisiner, conserver les aliments, laver la vaisselle... Et même un coin repas avec
table, bancs et éclairage.
Une fois fermée, la cuisine devient un élément de décor.
Pour plus d'informations :
http://www.designboom.com/contest/view.php?contest_pk=11&item_pk=796 4&p=1
30.11.07
Lit luxueux avec TV
Le lit Hollandia Platinum-
Le lit a une douzaine de programmes de massage individuels pour vous détendre après une dure journée. Que demander de plus ?
Image chez Artdesign (illust. Artdes113)
Escalier escamotable
L’escalier conçu par Aaron Tang est destiné aux lieux d’habitation
où l’espace est compté.
Dissimulé dans le mur, l’escalier ne sort que lorsqu’on en a besoin, chaque marche étant abaissée par un piston hydraulique. Une fois que vous l’avez emprunté, l’escalier se rétracte de nouveau dans le mur.
Pour plus d'informations :
http://architechnophilia.blogspot.com/2007/10/from-
26.11.07








Réflexion ludique
On me dit qu’il faut boycotter les jeux olympiques 2008.
Ce n’est pas la première fois que l’on se sert d’arguments fallacieux et inopportuns
pour tenter de manipuler l’opinion publique qui, dit-
J’en viens à me demander pourquoi certaines choses auraient ici plus d’importance que d’autres et s’il ne serait pas plus simple que chacun décide de son sort sans se laisser manipuler par d’autres.
20.8.07 05:59
11.
Les unes après les autres, Claudine, Huguette, Éliane, Béatrice, Gabrielle, Isabelle tombent aux mains de l'ennemi. La vallée est tour à tour couverte d'un épais brouillard et d'une poussière suffocante. La troupe ne reçoit depuis plusieurs semaines aucuns vivres frais. Ceux qui sont valides ne boivent même plus le Vinogel. Quel sombre industriel camouflard et camouflé a bien pu inventer cette infâme boisson
23.6.05 06:52
En rire ou en pleurer ?
Henri est en train de relire les procédures à cause de Céline et de l'Olonais (voir http://jemappellehenri.skynetblogs.be)
Blogueurs et responsabilité
Par Machin, lundi 30 mai 2005 à 17:42 Cette note a été effacée à la demande de son auteur.
Tous les lecteurs d’Henri auront lu et apprécié le texte qui figurait dans la rubrique
Où est Henri chez Henrilauteur, il était simple à tout utilisateur de cliquer sur
la barre de sous titre pour accéder au texte original de l’auteur originel, dont
le nom figurait en bonne place. Comme Sabrina a été si bien mise en garde par Henri-
Cet "essai" visant à prévenir l'ensemble des lecteurs des blogs d'Henri des problèmes que posent l'édition de certains textes est parfaitement réussi.
Je dirais même plus : c'est magnifique, belle thèse à écrire sur la bêtise humaine.
8.6.05 08:57
UN PAYS SANS MIROIRS
UN PAYS SANS MIROIRS
[Mona Chollet -
http://www.peripheries.net/crnt.htm
Tout au long de la campagne, quand on devait se fader à longueur de journée,
sur toutes les antennes et dans les colonnes de tous les journaux (rappelons
que seuls l’Huma, Politis, Regards et le Monde diplomatique avaient pris
position pour le non) les inepties et les injures des éditorialistes
oui-
non passe, alors, ils comprendront Avec le recul, évidemment, c'était d'une
naïveté inouïe.
Mais à quoi d'autre pouvait-
était le seul moyen d'expression dont disposait ce peuple muet, condamné au
seul rôle de cible «pédagogique», pour répliquer à ceux qui l’admonestaient
avec tant de docte suffisance? Il y avait aussi le courrier des lecteurs et
les antennes ouvertes, d'accord, mais ces moyens sont, par définition, trop
subordonnés aux supports qui les octroient généreusement pour faire office
de contrepoids réel.
Quant à Internet, les poissons du bocal médiatique ne s'aventurent presque
jamais dans ce marigot, car il paraît, figurez-
n'y dit pas toujours la vérité. Brrrr! Ça doit être un endroit terrifiant.
Pour vous et moi, qui sommes habitués à raconter des bobards, voire qui
mentons comme nous respirons, passe encore; mais pour des professionnels de
la vérité, il y a là quelque chose qui heurte la sensibilité.
Qu'ils aient presque tous pris position pour le oui, c'était déjà
inquiétant, certes. Mais ça n'aurait peut-
avaient au moins donné un reflet fidèle des termes du débat. Ce qu'il y a de
vraiment flippant, ce sont les analyses du vote qu'ils persistent à nous
infliger, aussi pertinentes que si elles étaient formulées par des Martiens
en goguette sur la Terre avec des traducteurs automatiques martien/français
défectueux. Alors que, avec toute la rancoeur qu'on avait accumulée en trois
mois, on se faisait une joie revancharde de savourer leur déconfiture,
dimanche soir, les débats télévisés qui ont suivi l'annonce des résultats
ont été bizarrement frustrants; la matinale de France-
aussi.
Il a bien fallu se rendre à l'évidence: la bulle dans laquelle vivent ces
gens-
sont en roue libre. Leurs pseudo-
de leurs certitudes d'officines et des pseudo-
de rien d'autre. Quand ils n'ont pas la franchise d'insulter leurs
auditeurs, ils louvoient, ils esquivent, ils noient le poisson, ils se
rassurent, ils se justifient.
Et il faut encore qu'on les écoute se la raconter. «Si nous méritons la
confiance de nos lecteurs, c'est en raison non pas de notre infaillibilité
mais de notre liberté», se dédouane Jean Daniel dans le Nouvel Observateur,
transformé ces dernières semaines en machine de guerre pour le oui, et dont
toute la rédaction en chef semble redécouvrir en ch¦ur les vertus de la
méthode Coué. Bla, bla, bla, bla, blaS
Depuis dimanche soir, je me rends compte que tout ce que j'entends à la
radio et à la télévision, ainsi qu'une bonne partie de ce que je lis, me
révolte ou m’indiffère, au choix. Je suis ailleurs et j'ai vaguement
l'impression que je ne suis pas la seule. Ils sont dans leur monde, et au
moins 55% de la population française est dans le sien.
Une population bornée, nombriliste et butée,
contre des élites pro-
audacieuses et désintéressées? C’est drôle,
mais on a plutôt l’impression
que c’est exactement l’inverse!
Parmi toutes les explications possibles au fait que les Français aient
refusé ce projet de Constitution européenne, il y en a une qu'on n'entend
quasiment pas évoquer: leur désaccord avec ce projet de Constitution
européenne. C'est là une hypothèse audacieuse, j'en conviens; mais, quand
même, ne faudrait-
qu'ils ont voté non pour manifester leur hostilité à Chirac et à Raffarin;
on insinue ou on assène qu'ils sont incapables de relever le nez de
leurs navrants petits soucis quotidiens (du genre chômage, précarité,
disparition des services publics et autres peccadilles) pour tourner leur
trogne de bouseux probablement avinés vers les sublimes horizons européens
qu'était censée leur ouvrir cette Constitution, malgré les efforts
désespérés et méritoires de leurs élites pour leur élever l'âme, à ces
ingrats. Déjà, interprétant le désaveu comme un désintérêt, on invoque, pour
l'expliquer, le déficit d'information sur l'Europe dans les médias. «En
France, nous sommes quand même très peu à nous intéresser à l'Europe», se
désolait Christine Ockrent à la télévision lundi soir, tandis qu'à la veille
du scrutin, un sondeur déclarait que la principale caractéristique du débat
en France était qu'on n'avait «jamais parlé du fond»: on croit rêverS
Une population bornée, nombriliste et butée, contre des élites
pro-
plutôt l'impression que c'est exactement l'inverse! S'il fallait une preuve
du fait que le souci de l'Europe était plutôt du côté des partisans du non,
on l'a eue dimanche soir, sur les plateaux de télévision: alors que l’UMP
touillait déjà la cuisine interne de son remaniement ministériel et que le
PS affûtait ses longs couteaux, Marie-
encore de l'Europe; et, de toute évidence, elle emmerdait tout le monde,
celle-
ce texte, au cours de la campagne, a été lu, trituré, disséqué, discuté? Au
café, dans les réunions entre amis, au travail, sur Internet, partout les
gens se déchiraient pour une divergence sur un alinéa, s'envoyaient des
articles à la tête, confrontaient leurs interprétations, et on continue à
déplorer qu'ils ne s'intéressent pas à l'Europe!
Du coup, on chialerait presque de reconnaissance en lisant, dans le Nouvel
Observateur (mais si!), le papier, lumineux de bout en bout, de Jean-
Guillebaud (qui, pourtant, si on a bien compris, «inclinait pour le oui»;
comme quoi http://www.nouvelobs.com/dossiers/p2117/a269714.html.
(Le lien est devenu obsolète au fil du temps, comme quoi les journaux et revues papier sont de moins en moins crédibles)
«En s'invitant dans le processus européen, écrit-
littéralement transformé le statut symbolique et politique de l'Europe. Ils
en ont fait, pour la première fois, un espace public, concret, discernable.
Le «plus» d'Europe sera paradoxalement passé par le non. C'est ainsi. Le
pari que nous faisons ici consiste à penser que cette transformation
substantielle est un acquis si extraordinaire qu'il contrebalance les
éventuels retards que le non français fera prendre in concreto aux
procédures.
Sur le long terme, un tel enrichissement démocratique, une telle
transmutation symbolique ne sont-
timing procédural? On disait, hier encore, que le premier handicap du projet
européen tenait à l'absence ou au désintérêt des citoyens? Or ces derniers,
à l'improviste, se sont imposés comme partie prenante de l'affaire. D'une
certaine manière, tout est changé en Europe. Qui s'en plaindra?» Oh!
Beaucoup de monde, visiblement... Mais peu importe. Merci, Jean-
Guillebaud.
Bien sûr, parmi les Français qui ont voté oui,
comme la grande majorité des électeurs UMP,
aucun ne trouve qu'il y a trop d'étrangers en France...
A l'inverse, si les autres commentateurs sont incapables de désigner une
autre cause que l'hostilité à Chirac et Raffarin, ne serait-
qu'ils prennent leur cas pour une généralité, et qu'eux-
plus loin que leur petit horizon hexagonal et leur petite tambouille
politicienne? Déjà, ils n'ont toujours pas compris que ce scrutin n’était
pas une élection, mais un référendum, c'est-
citoyens par-
ici un rôle secondaire.
«Pour la première fois, dimanche, le chef du FN a voté comme la majorité des
Français», écrit sinistrement Jacques Julliard dans le Nouvel Observateur.
Mais Le Pen était aussi contre la guerre en Irak, et pourtant, personne ne
nous a expliqué à l'époque qu'il fallait approuver l'aventure
anglo-
des Français»! Dans un dessin odieux de l'Express, Plantu représente les
hommes et femmes politiques ayant pris position pour le non (Le Pen,
Villiers, Fabius, Buffet, Besancenot, Chevènement, etc.) rassemblés autour
d'une table, en compagnie de Chirac etS d'un clochard, apparemment pour
démontrer le côté hétéroclite, bras cassé et, pour tout dire, peu
fréquentable de la coalition victorieuse.
Etroitesse de vues, encore: trois jours avant le vote, sur France Culture,
François Hollande, qui vantait depuis plus de six mois les mérites
ébouriffants de cette Constitution, sidérait tout le monde en déclarant tout
à trac que, si Chirac avait mis son mandat en jeu, le PS aurait appelé à
voter non. Et maintenant, il va partout pleurnichant que Fabius, Emmanuelli,
Mélenchon et les autres ont triché, qu'ils ont bafoué la discipline du
parti, trahi le vote des militants, que c'est pas du jeu, et tout ça. En
voilà, une réaction à la hauteur de la situation. Lhorizon de Hollande,
pour sa part, ne s'étend même pas jusqu'aux frontières de la France: il
s'arrête aux grilles du siège du PS, rue de Solférino, dans le septième
arrondissement de Paris.
On savait déjà que ces salauds de musulmans étaient tous antisémites;
maintenant, avec le racisme de classe irrépressible qui, le désarroi aidant,
se manifeste depuis dimanche, on sait aussi que ces salauds de pauvres sont
tous xénophobes. Passons sur la manipulation qui voudrait faire du plombier
polonais, symbole d'un dumping social dont pâtiraient aussi bien les
Polonais que les Français, un thème xénophobe -
campagne du non de gauche est étrangère à cette figure, dont la paternité
revient à Frits Bolkestein.
Kamikaze du non à Libération, Pierre Marcelle raconte avoir entendu dans les
murs de la rédaction que, s’'il s'était passé quelque chose dimanche, c'était
«la marche en avant du national-
Marcelle manque d'humour. Sur le plateau d’Arlette Chabot, l'autre soir,
Bernard Kouchner, avec l'air machiavélique et triomphant du flic qui vient
de confondre un suspect, lisait un sondage annonçant que, parmi les Français
qui ont voté non, 67% trouvent qu'il y a trop d'étrangers en France (bonjour
la question pourrie! -
message).
Serge July, dans son d'ores et déjà célèbre éditorial de lundi matin
intitulé «Chef d'¦uvre masochiste» («chef d'¦uvre masochiste», en effet, vu
le nombre de désabonnements qu'il a dû provoquer à Libération), s'indignait
du «spectre turc désignant sans ambages les musulmans»: cette campagne aura
au moins permis à Serge July de découvrir l’islamophobie, que lui et ses
pairs, jusque-
sûr, parmi les Français qui ont voté oui, comme la grande majorité des
électeurs UMP, par exemple, aucun ne trouve qu'il y a trop d'étrangers en
France, et tous sont prêts à accueillir à bras ouverts la Turquie dans
l'Union. Serge July oublie que de bruyants partisans du oui, comme les
éditorialistes Claude Imbert et Philippe Val, se sont prononcés contre une
éventuelle adhésion turqueS
Pour la première fois,
on a vu le thème de l'antilibéralisme
se propager suffisamment dans la société
pour peser sur l’issue d'un scrutin
Que les Français aient pu tout bonnement répondre à la question qu'on leur
posait, c'est une hypothèse que tout le monde écarte résolument. Et on croit
comprendre pourquoi: prendre acte du refus de ce texte obligerait du même
coup à prendre acte de ses motifs.
Dimanche, pour la première fois, on a vu le thème de l’antilibéralisme
déborder des sphères altermondialistes et se propager suffisamment dans la
société pour peser sur l'issue d'un scrutin. Certes, tous ceux qui ont voté
non ne l'ont pas fait par antilibéralisme; mais ça a été le cas,
explicitement ou non, d'un très grand nombre d'entre eux un nombre
décisif, en tout cas.
Mardi soir, sur TF1, on a revu l'étudiant travaillant au noir qui avait
participé à l'émission de Chirac avec des jeunes sur l'Europe, et qui a voté
non; interrogé sur le remplacement de Raffarin par Villepin, il commentait
sobrement, renvoyant à son insignifiance le ballet des consultations
ministérielles de la journée: «Ce n'est pas une question de personnes, mais
de politiques. Tant qu'on mènera des politiques ultralibérales, rien ne
changera.» Entendre ça sur TF1, quand même, ça fait drôleS
Dès lors qu'on prend en compte ce paramètre essentiel, la situation
s'éclaire, et on ne peut plus raconter n'importe quoi. On ne peut plus
raconter, par exemple, que les partisans du non devraient avoir honte
d'avoir voté comme les électeurs du FN (argument particulièrement écoeurant
compte tenu de la lepénisation des esprits galopante à laquelle on assiste
par ailleurs ces dernières années): si, parmi ces derniers, un certain
nombre votent Le Pen non par racisme, mais par désespoir, il faut plutôt se
féliciter de ce que leurs griefs aient enfin pu trouver un débouché noble,
et que, pour une fois, ils ne se soient pas «trompés de colère».
Rappelons les remarques de Frédéric Lordon reproduites ici même
( http://www.peripheries.net/crnt61.htm ) (Le lien est devenu obsolète au fil du temps, comme quoi les journaux et revues papier sont de moins en moins crédibles) l'autre jour: «Pour la première fois, le débat roule sur les vraies questions, les questions de structures.
On ne parle que de la banque centrale indépendante, des contraintes liées à
la monnaie unique et à la déréglementationS Ce n'est pas comme en 2002, où
la question sociale et économique s'était trouvée défigurée par le débat sur
«l'insécurité», «l'immigration», «les sauvageons», etc.»
Ce débat sur le dogme libéral, et, indissociablement, sur le droit des
peuples à décider des politiques économiques menées en leur nom, tout a été
fait pour l'éluder, ou, à défaut, pour l'endiguer en abusant l’opinion par
des ruses grossières. On a même entendu le Medef s'inquiéter d'une possible
victoire du non parce que ce serait une «victoire pour l’ultralibéralisme»,
alors que le Medef, lui, défend une «société sociale de marché» (cité par
l'Humanité, 25 mai)!
Mais ces ânes bâtés de Français, avec une méfiance inexplicable, ont refusé
de croire que la construction européenne, s'ils lui donnaient le feu vert
pour continuer sur sa lancée, leur assurerait soudain un avenir radieux et
solidaire, leur octroierait comme ça, par pure reconnaissance, un petit
droit de regard sur les choix de société qu'elle faisait pour eux, et que
François Hollande, après avoir défendu de toutes ses forces un texte
enfermant le continent dans la «concurrence libre et non faussée» pour les
cinquante ans à venir, monterait à l'assaut de Bruxelles, le couteau entre
les dents, pour exiger un salaire minimum européen, une grande loi sur les
services publics et la tête de Frits Bolkestein.
Le 29 mai est ce qui pouvait arriver de mieux
à la gauche française
Si on accepte cette grille de lecture, on ne peut plus raconter non plus que
le 29 mai dernier a été un «nouveau 21 avril» («le syndrome du 21 avril 2002
s'affiche désormais sans complexe», écrit Robert Schneider dans le Nouvel
Observateur, tout ça parce qu'il a retenu, la fine mouche, que «les Français
ne font plus confiance à ceux qui les dirigent»).
Or, le 29 mai est ce qui pouvait arriver de mieux à la gauche française. La
campagne référendaire a permis aux antilibéraux en son sein, tous partis
confondus, de se compter; et, vraisemblablement, c'est sur cette ligne
qu'elle va se recomposer, en renonçant peut-
chapelles stériles. La recomposition ne sera peut-
2007, mais, de toute façon, elle n'avait rien à perdre.
S'il ne s'était rien passé, si la France avait regardé passer d'un ¦il bovin
le train de la construction européenne, François Hollande aurait continué à
se figurer que les Français avaient voté socialiste aux régionales par pur
engouement pour sa personne, qu'ils ne demandaient pas mieux que de le
porter en triomphe jusqu’à l’Elysée, et Sarkozy n’en aurait fait qu'une
bouchée.
Dans tous les cas, le pays aurait eu le choix, à la présidentielle, entre
une gauche de droite et une droite de droite. Alors qu'avec la clarification
inespérée opérée par le débat européen, on peut espérer voir apparaître dans
ce pays une vraie gauche à laquelle aspire, semble-
de l'électorat tenant sa place à côté d'une vraie droite. Ça n'éviterait
peut-
c'est déjà beaucoup.
Sauf qu'au sommet de la hiérarchie médiatique, là où on ne s'accommode pas
si mal du système, quand on n'en est pas partie prenante, on résiste de
toutes ses forces à l'émergence du thème antilibéral dans le débat public.
«Libéralisme», pour ces oreilles-
irritante, ressassée par des gens que l'on méprise les Bové, les Buffet,
les Besancenot.
On s’était accoutumé à vivre et à décider sans le peuple, cette chose sale
au point qu'on confond délibérément «populaire» et «populiste» , et on n'a
aucune envie de le voir faire son grand retour dans la gestion des affaires
publiques, au lieu de s'accommoder du rôle qu'on lui réservait, celui de
figurant dans une parodie de démocratie. On lui cite en exemple ses voisins
européens privés de débat: eux, au moins, ont le bon goût d'avaliser
docilement (oups, sauf les Pays-
pas lu, sans avoir l'outrecuidance de se mêler de ce qui les regarde!
Il y a trois mois encore, l'opinion française était prête à en faire autant.
Par miracle, le débat a eu lieu; un débat d'une qualité stratosphérique. Et
il faudrait en avoir honte!
Mais c'est ainsi: le moindre espoir qui pointe de faire émerger une
contestation large du dogme libéral suscite des ricanements haineux. «La
victoire du non a installé durablement dans une bonne partie de l'opinion de
gauche le mythe d'une alternative globale, l'espoir d'autant plus ancré
qu'il est chimérique d'un grand soir de tous les recommencements», écrit
dans Libération d'aujourd'hui Joël Roman, de la revue Esprit, qui, pour la
réduire à un caprice de gauchistes, ne doit pas trop voir dans son quotidien
la nécessité d'une «alternative globale».
Dans le Nouvel Observateur, Claude Askolovitch consacre un papier à «la
victoire de la gauche d'en bas», qui n'a pas l'air de lui faire plaisir.
Après avoir évoqué les espoirs qu'elle suscite, il conclut par ces mots:
«Soyons lucides, expliquons pourquoi rien n'est possible.»
All you need is Nouvel Obs!
Le renversement du slogan soixante-
Depuis qu'ils ont noyé leur idéalisme de jeunesse dans les compromissions et
les vicissitudes mondaines, ces gens-
et de tuer dans l’¦uf toute velléité de remise en cause de l'ordre établi.
Pourtant, ce que le débat référendaire a réanimé, ce ne sont pas les
fantasmes de grand soir: c'est simplement l'espoir d'en finir avec la
confiscation du droit des peuples à décider de leur destinée, de retrouver
un jeu politique débarrassé de ses faux-
systématique des mandats reçus. Et si cela, c'est être radical, c'est parce
qu'on est tombé bien bas.
«Dans cette passe difficile, le réformisme lucide retrouve tout son sens et
un journal comme le nôtre, sa mission», écrit sans rire Laurent Joffrin dans
le Nouvel Observateur décidément un numéro d'anthologie.
All you need is Nouvel Obs! Ça alors, et moi qui croyais que le «réformisme
lucide», c'était précisément ce qu'avaient rejeté 55% des Français dimanche
dernierS
Désormais, dans leur écrasante majorité, ni son personnel médiatique, ni son
personnel politique n'offrent plus à la France de reflet fidèle de ce
qu'elle est. S'ils ne la comprennent plus, c'est parce qu'ils ont sur elle
un bon train de retard. La crise actuelle était nécessaire, mais cette
situation étrange n'est pas rassurante pour autant surtout en ce qui
concerne la représentation politique, parce que, côté médias, on peut
toujours se débrouiller avec Internet... Question: combien de temps un pays
peut-
[Mona Chollet]
PS. A propos du sondage cité par Bernard Kouchner: en réalité, ce sondage
paru dans Libération dit que «49 % des personnes interrogées trouvent qu'il
y a trop d'étrangers en France»; sur ces 49%, 67% ont voté non et 33%, oui.
Ce qui est un peu différent! Merci aux lecteurs qui me l'ont fait remarquer.
Bizarrement, ce chiffre de 49% est mentionné dans les explications du
sondage (voir le fichier PDF), mais on n'en trouve pas trace dans les
tableaux...
7.6.05 08:12
Tiens, les Hollandais ...
euh, nee ? ah Ja, wel t'is nee dus !
2.6.05 07:56
