Étonnez votre princesse !
(d’après Pierre Lazuly)
« Le monde change ! Fini les gants blancs et la demande aux parents... faites une demande en mariage inoubliable en créant votre Wedding Web personnalisé... Si les mots vous manquent, jetez un œil aux plus belles demandes sélectionnées par Le Grand Amour. Et si votre demande est retenue par le Jury du Grand Amour comme la plus belle, vous recevrez d'innombrables cadeaux pour votre mariage... si elle (ou il) dit oui ! ».
Quoi de plus normal en effet que de faire sa demande en mariage sur le Web lorsqu'on a séduit la donzelle par modem interposé ? Vous n'êtes toujours pas prêt ? Contentez-vous alors d'un Love Web pour déclarer votre flamme :
« Qui a dit que l'interactivité allait amener l'anéantissement des rapports humains ? Le Grand Amour vous propose d'étonner votre prince(sse) en créant un Love Web avec une adresse Internet personnalisée avec vos deux prénoms, véritable mini-site déclarant votre amour sur le Web... Si l'inspiration vous manque, jetez un oeil aux Love Webs existants. Enfin pour augmentez (sic) vos chances... lancez votre campagne de publicité en février ».
Ne me demandez pas par quel miracle une campagne de publicité sur Internet parvient à augmenter vos chances de séduire votre princesse. Nul ne le sait. J'imagine qu'une demoiselle qui voit son prénom clignoter à côté du vôtre dans un bandeau GIF animé doit se trouver irrémédiablement attirée. Je devrais essayer. D'autant que, si l'on considère les effets escomptés, les tarifs sont parfaitement justifiés : « Afin de faire connaître au monde entier votre Love Web, vous pouvez acheter une campagne de publicité en ligne pour le prix de 6o euros, la nouvelle monnaie de chez nous. Cette campagne comprend la réalisation d'une bannière personnalisée pointant sur votre site et l'affichage de cette bannière sur le site MultiMania le jour de la Saint-Valentin. Vous recevrez également par courrier électronique une copie de votre bandeau de pub ».
Un service inutile ? Un ridicule attrape-nigaud ? Vous n'y êtes pas, lecteurs rétrogrades. La mode est à l'amour publicitaire, aux mots doux braillés dans les portables et balancés sur la Toile.
D'ailleurs, les principaux acteurs du Web s'y mettent cette année : « Voila vous offre la possibilité d'afficher votre amour sur Internet comme vous n'avez jamais pu le faire auparavant, sous forme de bandeau publicitaire apparaissant sur les pages de Voila. Que ce soit pour confirmer, rassurer ou surprendre, affirmez vos sentiments devant les centaines de milliers de visiteurs de Voila [qui s'en foutent éperdument] ». Les quinze messages d'amour les plus cliqués feront gagner à leur créateur un bouquet de Téléfleurs.
Décidément, on n'arrête pas le progrès ; ce à quoi Vialatte ajoutait : « il s'arrête tout seul, par un mécanisme intérieur ». La prophétie laisse songeur.
Le véritable escroc, l’Etat belge !
Ces inspecteurs de l’ONEM chez les chômeurs suspectés de fraude enfreignent eux-mêmes les lois, en particulier l’article 15 de la Constitution sur l’inviolabilité du domicile.
Les visites à domicile des inspecteurs de l’ONEM chez les chômeurs mettent à jour un fait gênant :
Tous les Belges ne sont pas égaux devant la loi. Pour pénétrer chez une personne suspectée d’un crime de sang, un juge d’instruction délivre un mandat de perquisition. Mais pour confondre une personne sans emploi d’avoir commis le crime d’habiter avec un ami ou une amie, aucun mandat n’est requis. Le chômeur est écrasé par une réglementation touffue et complexe. S’il est pris en défaut, il est exclu d’allocations autorisant sa survie économique. Ces faits, et d’autres sont ceux que je proclame inhumains et pour lesquels dans le cadre de Vivant, je lutte. Les sans emploi forment la catégorie professionnelle la plus importante du pays. La Belgique n’est pas isolée. Tous les pays d’Europe pratiquent le contrôle des chômeurs. Des abus existent. En Grande-Bretagne, comme l’exprime avec un humour désespéré le film My Name is Joe, le système a créé une nouvelle classe sociale, celle des workingpoor.
Pauvres ou moins pauvres, c’est au petit jeu du docteur, comme ci-dessus, que les travailleurs aimeraient passer leur journée.
Les workingpoor : Rien à voir avec le kippour.
C’est une classe sociale nouvelle, celle des travailleurs pauvres vivant de petits boulots permettant à la sécu d’économiser des allocations de chômage et aux entreprises de bénéficier d’une masse de travailleurs au rabais, selon le modèle américain que l’Europe copie. En Belgique, la durée du chômage n’est pas limitée mais la rigueur budgétaire pesant sur la sécurité sociale réduit progressivement les protections. Des économistes loin d’être des révolutionnaires se demandent où se situe la limite de rupture.
Quand tous les dégraissages auront été consentis pour stimuler la compétitivité entre états, restera à couper dans les budgets de la sécurité sociale, en accentuant le fossé entre les riches et les pauvres. L’aggravation de la misère et la montée de la criminalité naissent de cette dérive. En Belgique, la Chambre a débattu sur la proposition de loi du député écolo Detienne amendant l’article 19 du plan belge pour l’emploi, dont le but est de minimiser les contraintes exercées lors du contrôle des chômeurs. Ce texte légal (il doit être soumis au Sénat) humanise la réglementation mais suscite une opposition : il a le défaut d’admettre la visite domiciliaire, pourtant contraire à l’article 15 de la constitution garantissant l’inviolabilité du domicile. Le Collectif de défense des droits des allocataires sociaux et la Ligne des Droits de l’homme ont introduit un recours auprès de la cour d’arbitrage pour supprimer les visites domiciliaires la solution serait de supprimer les différents taux. des allocations …( suite en page 24268).
