Lady X
Total des pages 240
page couverture Lady X (illustration séparée)
"La réalité et la fiction; au milieu, un mur". Seulement voilà: le mur est mince, quasi inexistant.
dessin greg (illustration séparée)
Hanna Reitsch (illustration séparée)
Avant propos
La dignité humaine n’est pas déterminée par des activités professionnelles mais simplement par la capacité de donner à sa vie un sens autre que bestial.
Voilâ pourquoi je crierai et je pleurerai j’irai nue, dévêtue
je dirai ma plainte comme le dragon
et ma tristesse comme l’autruche.
MICAH
Je ne cherche pas à écrire un livre parfait, ces pages font un volume, c'est ainsi que l'on dit, et chaque volume de la collection peut être lu sans avoir regardé les autres. Dans cette saga de la vie de personnages vrais (tout est vrai n'est-ce pas, puisque je l'ai inventé), chaque livre est, si l'on veut, comme un suivi du précédent. Mais il peut ne pas l'être, le lecteur décide de son choix et observe les personnages en évolution, ici, les héros naissent, vivent et meurent parce qu'ils sont humains
99 02 306
Lady X
240 pages
Voici donc le dernier mois de février du millénaire…
Inspiré directement par un conte de Axelle, diffusé sur Infonie, en prologue à la suite perpétuelle de Lady X …
Rejet
Assise à l’arrière de l’ambulance, Claire regardait sa mère qui semblait dormir calmement. Sur le vieux visage maternel les rides s’entrecroisaient, s’enlaçaient, se chevauchaient dans un charmant désordre, quelques-unes formaient de grandes arabesques pour mieux contourner la bouche mince ou le nez aquilin avant d’aller se perdre dans le cou et disparaître dans le cocon de plâtre qui emprisonnait à demi le vieux corps.
La pluie tombait sur l’ambulance avec une fâcheuse obstination, à travers les vitres mouillées le paysage paraissait distordu.. Claire frissonna, un petit air froid, qui se moquait de la climatisation de la voiture, vagabondait tout le long de son dos. Elle se recroquevilla un peu dans son fauteuil mais ses yeux noirs et inquiets ne quittèrent pas la malade. Son cœur était gonflé de tendresse, de détresse. Comment un accident stupide avait-il pu transformer aussi vite une alerte vieille dame en momie souffreteuse ? Quelle vie aurait désormais sa mère ? Et d’abord vivrait-elle ?
La momie ouvrit soudain ses yeux bleu acier :
_ Françoise ?
_ Je suis Claire, ma petite maman, comment te sens-tu ?
_ Très bien, je serais encore mieux lorsqu’on m’aura débarrassé de cet énorme plâtre. Ils sont fous ces bretons ! jamais on ne m’aurait plâtrée de la sorte à Paris, voilà pourquoi j’ai voulu rentrer. Oh ! je sais qu’ils ne voulaient pas me lâcher. Ils parlaient d’état de choc et de je ne sais quoi encore, des âneries ! je vais très bien et grâce à Dieu j’ai toute ma tête.
Claire sourit tristement. Les médecins bretons avaient fortement déconseillé ce voyage. Pourtant sa mère l’avait exigé disant que tout s’arrangerait à Paris. Claire souhaitait de toutes ses forces qu’elle est raison.
_ Où sommes-nous maintenant, ma chérie ?
_ Nous venons de quitter Rennes, maman.
_ Je passais de bonnes vacances en Bretagne tu sais. Le pays est vraiment superbe et les crêpes délicieuses. Tout allait bien et il a fallu que cette imbécile de barrière de passage à niveau me tombe dessus « sans crier gare ».
Elle rit doucement, sa vieille main s’écarta un peu des couvertures cherchant celle de Claire :
_ Je t’ai dérangé pendant tes vacances, ma pauvre chérie.
_ Tu sais bien que je ne quitte jamais Paris, murmura Claire.
_ Parle plus fort, Françoise, j’entends mal.
_ Je suis Claire, maman.
_ Claire ? oui, il faudra prévenir Claire de mon accident tout de même. Elle a toujours été très gentille lorsque j’ai été malade, d’ailleurs Claire est gentille, elle n’a pas de chance c’est tout. Tu lui téléphoneras lorsque nous serons rentrées à Paris. Ce n’est pas urgent, mais il faudra la prévenir bien sûr.
Claire baissa la tête, sa main droite fouilla la poche de son pantalon, elle senti sous ses doigts le télégramme de Françoise, « Maman accidentée Dinard fais le nécessaire », et l’écrabouilla rageusement. Le petit courant d’air froid repris sa course folle le long de son dos. Elle haussa les épaules, elle avait honte de s’énerver pour un détail tandis que sa mère gisait dans sa petite coquille comme un escargot.
_ Tu pourras rester un peu près de moi à paris, ma chérie ?
_ Mais oui maman, tant que tu voudras.
Un sourire de joie découvrit un peut le râtelier instable de la vieille dame.
Claire sourit aussi, elle n’avait pas beaucoup vu sa mère ces dernières années. Parfois elle lui téléphonait, sa mère, alors, lui parlait longuement de sa sœur Françoise qui venait de faire refaire son appartement, ou de changer de voiture, puis terminait toujours ainsi : « voilà, tu es au courant de toutes les nouvelles. Toi je ne te demande pas comment tu vas, tu t’accommodes de tout. Ta sœur ne pourrait pas vivre comme tu vis, dans une chambre de bonne, enfin, vous êtes tellement différentes. Rappelle-moi un de ces jours , Claire, à bientôt ma fille, je t’embrasse. » Claire entendait un petit déclic sec, la conversation était terminée. Elle restait seule, le cœur lourd de tout ce qu’elle n’avait pas dit. Sa mère était inconsciente, mais certainement pas méchante. Rassurée par cette pensée, Claire regagnait sa table de travail bien éclairée par deux spots et couvertes d’objets en porcelaine, tous cassés. Elle les réparait inlassablement, leur rendant leur forme, reconstituant leur décor. Ce métier la passionnait mais il lui rapportait à peine de quoi vivre.
_ Vraiment, tu resteras près de moi, Françoise ?
_ Oui maman, mais je suis Claire.
_ Claire ? Ah oui bien sûr. Françoise est le premier enfant. La joie d’un premier enfant ne peut se renouveler. Nous l’attendions tellement, ton père et moi, nous étions fous de bonheur à sa naissance. Claire est née dix ans après Françoise, nous n’en voulions plus. Elle est née sous une mauvaise étoile, au début de la guerre d’Algérie. Tous nos ennuis ont commencé à sa naissance. Nous avons du quitter Oran, rentrer à Paris. Peu de temps après ton père a su qu’il était très malade, perdu. Comment veux-tu aimer un enfant dans ces conditions ?
Claire fixait les yeux bleus perçants de sa mère. Ainsi c’était bien vrai, ce n’était pas une impression erronée, sa mère ne l’aimait pas dans sa petite enfance.
La vérité coulait toujours bêtement de la bouche ridée :
_ Toi, Françoise, tu es belle, et tu as été plus belle encore, le plus bel enfant dont on puisse rêver. Claire était une gosse de vieux, toute petite, toute rabougrie une souris. Perpétuellement chétive, maladive, elle me faisait honte. Je te dis franchement je ne pensais pas l’élever. A Paris la vie a été pénible, il fallait se réadapter. Ton père ne pouvait plus, il était de plus en plus mal. Il a réalisé tous nos biens pour m’acheter un magasin de prêt à porter et il est mort. Je n’avais jamais travaillé, Françoise, c’était dur pour moi. Tu étais déjà grande, tu poursuivais tes études, sans beaucoup de conviction toutefois, mais j’étais là pour t’aider et ton père avait acheté le magasin surtout pour toi. Claire n’était encore qu’une gamine, une gêne pour moi, c’est certain. Elle le comprenait, elle était sensible, intelligente, elle comprenait tout. J’essayais bien de l’envoyer à la campagne, de droite et de gauche, mais elle dépérissait loin de moi, alors j’étais obligée de la reprendre. Toi, Françoise, tu étais toujours souriante, gaie. Claire était malheureuse, elle aurait voulu être sans cesse avec nous. Elle pleurait des journées entières, c’était insupportable à voir. Lorsque je rentrais le soir, j’étais exaspérée à l’idée de retrouver ce petit museau chiffonné et larmoyant. Je traînais le plus possible au magasin pour arriver tard et l’envoyer au lit au plus vite, avant ton retour à toi. Toi aussi tu traînais exprès, n’est-ce pas Françoise?
Claire ne répondit pas, elle revoyait quelques scènes de son enfance. Les journées qu’elle passait tapie au fond de la classe, isolée par sa timidité, les récréations seule dans un coin de la cour, rejetée par ses petites camarades qui se moquait de son air de chien battu ses angoisses et ses nausées à la cantine parce qu’elle n’avait pas d’appétit, et l’étude du soir qui n’en finissait plus. A dix-huit heures, enfin elle était libre. Elle courait sans reprendre haleine le long de la petite rue qui conduisait chez elle, se répétant tout bas « maman est là, maman est là ». Elle montait l’escalier en trois bonds, elle avait tellement envie de s’asseoir sur les genoux de sa mère pour dévorer le goûter qu’elle avait dédaigné à l’école. L’appartement était désert, elle restait au milieu de salon, les bras ballants, puis elle se raccrochait à un petit espoir, peut-être Françoise... Mais la chambre de Françoise aussi était vide. Alors commençait l’attente dans le noir. « Mais pourquoi restes-tu toujours dans le noir? » demandait sa mère en arrivant, « Pour croire que c’est la nuit, que Françoise et toi vous dormez encore et que vous allez vous réveiller ». Sa mère haussait les épaules : « Ce que tu es bête, tu aimes te rendre malheureuse vraiment, tant pis pour toi si tu le fais exprès » et elle disparaissait dans la salle de bain. Claire, collée contre la porte, écoutait l’eau couler dans la baignoire, sa mère chantonnait un peu et ressortait enfin en poussant quelques gémissements: « J’ai mal à la tête, je tiens un de ces rhumes, il faudra se coucher tôt » et elle entrait dans la cuisine. Claire la regardait préparer rapidement un repas léger. « Viens manger, Claire, et va vite te coucher après. » Mais Claire n’avait ni faim, ni sommeil, « Je n’ai pas envie de manger seule, je voudrais attendre Françoise, on dînerait toutes les trois ». « Mais non, ta sœur est grande, elle rentrera peut-être tard, et nous avons des tas de choses à nous dire. Toi tu es petite, tous les petits enfants se couchent tôt et mangent seuls. Ne fais pas d’histoires, je t’en prie, j’ai déjà assez de soucis au magasin ». Dans son lit, Claire ne dormait pas, elle écoutait. Elle entendait Françoise rentrer et rire avec sa mère. Elle écoutait encore bien longtemps après que tous les bruits aient cessés. Le dimanche, sa mère et sa sœur projetaient quelques sorties: « Si nous allions voir les Bonnets? » disait Françoise, « Si tu veux, mais alors pas tous » répondait sa mère. Claire savait que « tous » représentait une seule personne, elle. « Nous pourrions aussi boire un pot au bois? », « Toutes les deux alors, maman, on ne traîne pas la smala ». Dès qu’elle entendait prononcer ces deux mots fatidiques, « tous et la « smala », Claire commençait à fouiller fébrilement dans son cartable, « J’ai un tas de devoirs à faire » disait-elle d’une voix chevrotante. « C’est bien fait, tu n’avais qu’a les faire avant » sifflait Françoise. Ainsi libérées, Françoise et sa mère partaient sereines.
_ Claire ne voulait pas sortir le dimanche, une têtue, poursuivait la mère d’une voix faible, j’étais ennuyée de la voir croupir comme une endive dans cet appartement. Puis, j’ai rencontré Edmond. Nous ne pouvions jamais être tranquilles, Claire était toujours là. C’est Edmond qui a eu l’idée de la mettre en pension, elle revenait aux vacances. C’était un soulagement pour moi de ne plus voir ce petit être chétif avec ses yeux accusateurs. Elle détestait Edmond, elle était folle de joie lorsque nous avons rompu. Tu te souviens d’Edmond?
_ Oh oui ! très bien, dit Claire, il était fade, flasque, un horrible ver blanc. Il se tortillait sans cesse en lançant tous ses cheveux décolorés de droite et de gauche. Je l’avais surnommé "joyeux scalpe", ce qui m’a valu quelques bonnes gifles. Il portait avec fierté une affreuse plaque d’eczéma au milieu du front, comme les hindous portent un joyau. Le sol était jonché de pellicules autour de lui, je m’amusais à les ramasser et à les aligner sur la table pour les compter, je recevais encore des gifles.
La mère n’écoutait pas.
Pauvre Edmond, il était tendre, joyeux, un très joli garçon. Il est mort bêtement foudroyé. Il s’était retiré à la campagne pour finir paisiblement sa vie. Il avait une très belle ferme paraît-il. Un jour l’orage l’a surpris dans un champ où il s’amusait à traire ses vaches. Edmond avait une peur panique de la foudre, il s’est coiffé avec son seau à traire pour se protéger. Cette mort m’a fait beaucoup de peine, pourtant je ne le voyais plus depuis très longtemps déjà, depuis cette histoire de roses. Je n’ai jamais compris cette histoire de rose. Pourquoi m’a-t-il fait ça?
_ Il ne t’a rien fait, maman. C’est moi qui ai fait envoyer de sa part quinze douzaines de roses à ta meilleure amie. J’étais sûre qu’elle te le dirait. Je ne pouvais plus le supporter, je ne te voyais plus du tout et je savais bien qu’il ne t’aimait pas. J’avais commandé les roses par téléphone à la fleuriste habituelle d’Edmond, celle à qui il achetait les cinq oeillets qu’il t’offrait quelques fois, c’est lui qui a du payer la note, ça c’était pour le punir de son avarice.
La vieille dame parlait de plus en plus faiblement, elle était à peine audible:
_ Je l’ai oublié très vite, j’avais d’autres soucis. Tu sortais beaucoup, Françoise, je craignais tout pour toi. Claire était toujours en pension, j’étais seule, je voulais te garder. Je t’ai proposé de diriger le magasin. As-tu toujours été honnête Françoise? je ne sais pas, je ne veux pas savoir. Au moment de la faillite, Claire avait quinze ans et était en sanatorium, elle n’a jamais eu de chance. Lorsqu’elle est sortie nous ne pouvions rien pour elle, nous avions juste de quoi vivre toutes les deux.
_ Il n’y avait même plus de place pour moi dans l’appartement, tu avais loué ma chambre à un étudiant.
_ Je crois qu’elle a trouvé une chambre contre quelques heures de ménage. Elle a rencontré une vielle dame passionnée de porcelaine qui lui a appris son métier, si on peut appeler cela un métier .Mais elle n’avait rien, elle n’a rien encore, que des handicaps, pas de beauté, pas de santé, pas d’argent, pas d’amour. Je me demande comment elle a survécu.
Claire se dressa:
_ Je croyais que tu ne voyais rien, que tu étais inconsciente, mais tu savais tout, tu sais tout. Tu es une garce!
La vielle eut une quinte de toux suivie de quelques râles.
_ Une garce ! hurlait toujours Claire.
Le visage ridé prit une jolie teinte violacée, les yeux bleus semblaient adoucis d’un voile léger. Les vieilles mains s’agitèrent faiblement, puis, un index pointa en direction de Claire:
_ Toi, toi tu me tueras, murmura la mère dans un dernier souffle.
Elle venait de mourir en laissant à Claire son héritage: le remords.
Bien des gens pensent qu’il est maintenant superflu d’écrire des romans, puisque la réalité est elle-même devenue roman, pure fiction. Il parait impensable de classer un sujet dans un genre quelconque, alors qu’il n’y a plus d’ensemble cohérent à décrire. Ce procédé littéraire nuit, dit-on, en général à l’instantanéité, et l’instantanéité semble actuellement plus importante que la perfection formelle.
Mon bric-à-brac de comptes-rendus, de rêveries, de rapports, d’essais, d’interviews, de fiction — appelez-le autrement, si vous voulez — est le reflet d’une subjectivité consciente, intentionnelle, brute, et n’exprime rien d’autre que ce qui se passait au moment où j’écrivais l’ouvrage numéro quelconque depuis le 1 jusqu’à ce 306.
Il est inévitable qu’une partie de ces livres soit tournée vers le passé. Ils traitent tous de la terrible continuité et de l’interdépendance des moments du temps qui ne tiennent aucun compte de la réalité de l’existence humaine. Comment peut-on inventer des dinosaures se sont écriés les détracteurs de l’abbé Moreux dont les petits enfants s’amusent des angoisses de Spielberg ?
Mes personnages sont donc toujours les mêmes et sans cesse réinventés. Il a fallu, pour chacun d’eux et dans chaque livre retraduire la réalité chaque fois qu’elle me barrait la route. Je me suis utilisé comme eux pour faire n’importe quoi, afin de devenir n’importe qui.
Les personnes qui apparaissent dans ce livre, et qui pourraient se sentir mises à nu, n’ont strictement rien à voir avec la réalité. La petite jeune fille au regard en coulisse est-elle vivante, que non pensai-je quand on me dit qu’à deux pages, une autre est mise en valeur par une robe rose de soie verte, s’ouvrant au gré du vent et des pas, montrant des cuisses de déesse et découvrant des seins ronds si hauts qu'il n’ont pas l'air d’être vrais.
L’honnêteté, l’aventure, la beauté sont relatives tout comme le processus dans lequel elles s'inscrivent.
Au vu de l'accélération croissante de la sensation du temps qui passe en fonction des années au calendrier, je me demande si je ne devrais pas fêter - immédiatement et pour en finir - mes 65 ans, et puis mettre un point final, ranger mes gommes, boucler mon dernier numéro de clown et laisser tomber.
J'ai 565 ans dans ma tête depuis des années, ce n'est pas comme ça qu'on va me prendre au sérieux...
Celle-ci (voir illustrations) est très spatio-temporelle, indéfinie et indéfinissable, ses beaux gros seins la nationaliserait américaine, mais pourquoi
X
serait-elle descendante des conquérants assassins de l’Ouest ? Peut-on enfin dire les choses sensées vraies ou doit-on encore se taire ? l’épée et le revolver sont incompatibles ? Comme rouge et blanc, blanc et noir ? Sommes nous tous des victimes – potentielles ? Peut-on dire plus maintenant ? Maintenant, enfin, les victimes ont décidé que le temps de la patience est passé. On pourra bientôt s’exprimer ? Ah ! oui, Vous souvenez-vous d’avoir lu précédemment que j’étais entré en politique, oh ! pas comme on entrait – autrefois ? en religion, non, pour rire, pour du beurre, pour savoir, pour constater que les temps changent, que l’illusion du miroir s’inverse, que le temps n’avance plus au rythme effrayant et infernal de 3.600 secondes à l’heure.
Pouvons-nous quitter le temps ? changer les choses ? L'une des nombreuses façons de visualiser la fiction que j’appelle naïvement vérité passe par les humeurs caractéristiques de chaque prétendue période, par le sens qui semble imprégner une décennie, un siècle, un âge - âge de raison, âge d'incertitude et ainsi de suite, devenir fou social au point de ne pas accepter la sacro-sainte révolution française ou la puissance des États-Unis d’Amérique.
Je crois que mon sentiment dominant est la crainte, non du changement que tout un chacun annonce « en cette fin de millénaire », mais celle d’entendre les voix des morts, des vivants, des morts-vivants qui semblent hurler : "Notre tour est venu."
Elles n'implorent pas, elles n'essaient pas de convaincre, elles ne demandent même pas justice. Elles vont simplement de l'avant, la torche à la main. Elles n'utilisent certainement pas feu et lumière pour éclairer qui que ce soit.
Je m’agenouillai au-dessus d’elle, je la dégageai de ses hauts-de-chausses, ma bite en érection, puis la soulevant, je l’empalai sur son instrument de voyageur de l’espace-temps. Elle cria. Sa tête retomba en arrière. C’était un grand objet qui s’introduisait en elle, dans son orifice endolori et pantelant. Mais elle le sentait baigné de ses liqueurs, et comme le Prince forçait plus profond et la faisait descendre sur son sexe, cela lui fit l’effet d’une broche qui s’enfilait sur un cœur mystérieux au fond d’elle-même, irradiant en elle des ondes bénéfiques.
Francis-Percy Charles Blake est né à Llangowlen (pays de Galles) de Aneurin-J.Blake, colonel au royal Walsh Fusilier et de lady Milicent Roche or Killarney, fille de Samul-B.Roche of Killarney, juge de paix du comté de Glamorgan. Issu d'une respectable famille d'hommes de loi et d'officiers, le jeune Francis préfère le métier des armes à la robe. Aussi, dès la fin de ses études à Eton, il entre comme il se doit au Staff College de la "Royal Air Force", d'où il sort brillamment avec le grade de captain. Il effectue la première partie de sa carrière dans la R.A.F. puis passe à l'aéronavale comme squadron leader à bord du porte-avions Intrepid. C'est à ce moment qu'il est détaché par la "Section Spéciale" de l'Admiralty à Scaw-Fell, où l'on procède, dans le plus grand secret, à la mise en chantier de l'Espadon, le fameux avion sous-marin du professeur Mortimer. L'odyssée de l'Espadon est bien sûr tellement présente dans toutes les mémoires !
De cette époque date la solide amitié qui unit Francis Blake et Philip Mortimer. Bien qu'offrant par leurs tempéraments différents un frappant contraste, leurs mutuelles qualités s'équilibrent et se complètent. Ses dons particuliers dans l'affaire de l'Espadon ont, tout naturellement, amené Blake à travailler pour les Services secrets Britanniques et pour le M.I. 5 en particulier, qui apprécient, comme il convient, son imperturbable sang-froid. A l'inverse de Mortimer, Francis Blake est le flegme britannique personnifié. Comparé à son ami, il paraît froid et détaché, absolument maître de ses réactions. Mais cette insensibilité apparente n'est due qu'à son horreur atavique de toute manifestation publique de ses sentiments.
Qui sait qui est cette femme qui se profile avec une image très pin-up derrière les vitres du grand salon de l’appartement de Tower bridge allee ? Serait-il imaginable que Blake ait été manipulé, à moins que l’araignée, la fameuse araignée de Dikson ? Alors ?
On ne peut passer sous silence, non plus, Buck, le colonel Buck Dany n'est-ce pas lui qui aurait dû écrire ce livre mais qui préfère, j'imagine ses vacances à Hawaii, dans les bras d’une fausse blonde, la fille de Susan Holmès ?
Lady X ?
La Jaguar feule sous le pied britannique, le tachymètre grimpe sous l’impulsion de seize soupapes parfaitement rodées, Charles Blake tourne à peine le volant et entre en chassant dans une série de lacets.
Nous sommes dans l’aventure quotidienne.
Un temps, j’ai pu croire que Seccotine était cette fameuse Lady X ...
Seccotine, qui était comme une sorte de sosie de la danseuse Ann(e) Miller travaillait à Charleroi, à côté plutôt, dans la banlieue grise et rouille, pas trop loin de la Sambre, je la connaissais depuis longtemps, elle avait été de la bande du groom et de son fantasque copain. Quand je l'ai connue, elle avait onze douze ans, nous allions au catéchisme ensemble, il fallait passer en-dessous du petit pont du chemin de fer qui longeait la rivière pour arriver sur la place de l'Église. De temps en temps, quand ils vidaient un cubilot, à la fabrique, le ciel devenait tout rouge. Je pensais à mon père qui rentrerait - peut-être ce soir, après la deuxième pause. Ça n'arrêtait jamais, dans l'usine.
Plus tard, nous avons été ensemble « en moderne », comme on disait en ce temps-là. Il y avait cinq filles, nous étions seize en tout, elles étaient bien mûres bien plus que les garçons, certaines se maquillaient, la brune la plus éclatante était une Sylvia italienne portant même des chaussures à talons hauts et se passant du rouge à lèvres avant d'entrer en classe, elle avançait en déesse grecque, le cul bien détaché du corps. On allait au cours de géographie (on disait : géo) ensemble chez la mère Coffé, vieille fille dans toute sa splendeur de trente ans.
Il y avait au même cours une Gisèle, un ange du genre studieux qui fera l’école normale, ange studieux bien élevée et pédante appliquée que j’avais un peu secouée après la dernière fancy-fair.
— C’est ça que tu veux, me violer ? On t’a donné ces goûts-là ?
Je m’étais cru autorisé à appliquer mes deux mains sur sa croupe puis les mains honteuses de leur audace s'étaient éloignées vers les épaules, zone plus neutre.
Contournant les épaules, les mains descendirent le long des bras, comme le feraient celles d’un frère un père un ami.
Seccotine était restée vierge jusqu’à ce qu’elle quitte l’école moyenne malgré qu’elle vînt faire la folle avec des copains à moi dans les bastringues de la ville haute et dans des caboulots perdus derrière la bouteillerie.
On rentrait parfois au petit matin et c’est miracle qu’on ne se soit pas empalé sur un de ces foutus poteaux, ou descendus plein gaz dans un des bassins du fleuve mais il y a un dieu pour les ivrognes et les anges car elle était un ange, elle était divine, elle n’allait pas passer son temps à rester ici dans cette ville sale et puante que les Italiens commençaient à envahir, elle parlait de plus en plus de ce bureau à Paris et même disait-elle : on aura aussi un bureau à Montréal.
Elle a quitté l’école comme toutes à seize ans et maintenant qu’elle avait fait son chemin elle avait compris que le succès du groom était venu de ce qu’il savait faire des enquêtes et des voyages. En Palombie qu’ils étaient allés et puis ils avaient fait de la course automobile, faut voir les voitures qu’ils se payaient ! Et l’idée des enquêtes avait fait son chemin mais le groom n'a pas osé quitter ses copains alors, Seccotine est montée seule à Paris. Elle logea à l'hôtel du Nord, près de la gare du même nom. Son enquête sur les faux billets de mille francs commencée dans les caves de Marcinelle n'a plus progressé.
Premier résumé
De Moscou à Prague et de Prague en Espagne....
Nous sommes en 1947. Une estancia madrilène. L’agent espagnol donne une fête en mon honneur. Des chanteurs de flamenco s’enflamment et font rire les convives. Je les hais tous. L’ombre de Franco les domine. Je décide que l’Espagne sera la plaque tournante de mon réseau.
1948. je suis à TÉHÉRAN. Mon agent et moi-même bien au chaud au creux des coussins d’un sofa turc, buvons un thé glacé avant.de faire l’amour. Les petits cadeaux entretiennent l’amitié. D’ailleurs, depuis le colonel russe, il n’y avait eu qu’un petit berger espagnol.. un poète qui voulait jouer de la guitare. Je lui ai fait discrètement couper les mains.
Sa guitare était espagnole.
1949. Je vais en Égypte poser de nouveaux jalons pour mon réseau. Aux commandes d’un nouvel appareil américain, je survole Suez. Il va falloir que je fasse attention, il paraît que des anciens, Tigres Volants de Malaisie sont ici, dans des compagnies privées. On parle beaucoup d’un certain Buck Dany.
Dans une villa sur les bords du Nil, je sens un colonel égyptien qui pose ses jalons. Mon réseau fonctionne bien. Demain, je serai à nouveau dans les nuages, aux commandes d’un super Sabre américain. Ils vraiment bêtes, ceux-là : ils vendent leur matériel à leurs ennemis. Les petits commerces entretiennent la guerre et c’est parfait pour moi. Je suis heureuse, chaque fois que je suis au 7ème ciel.
1950. Les pilotes américains ont quitté le Moyen-Orient. Ils se font tuer au soleil de Corée. Quel gâchis, je manque d’effectifs. De 1951 à 1956, le temps passe, je suis devenue une femme très puissante, j’ai reçu les hommages d’une foule de colonels, il y a eu Malinovsky, Gasparo, Tchékhov, et un certain Gamal Abdel Nasser qui fait parler de lui maintenant...
1957. Mon ami Nasser bloque le canal de Suez. Les Français et les Anglais débarquent à Alexandrie. Ils ont peur d’être coupé de leur approvisionnement en pétrole. Les Américains, oh! je me marre, font le travail de mon réseau et empêchent eux-mêmes la guerre entre l’Europe et le Moyen-Orient... J’en connais qui s’en mordront les doigts.
1958. Je débarque au nouvel aérodrome de Zaventem en Belgique. A l’ exposition universelle “Pour un monde plus humain’, je revois le colonel Dany...Je l’aime et il n’en sais rien. …
Résumé secondaire
Une Chinoise au cul en l’air pourrait-elle être notre héroïne, tout arrive comme on le sait déjà si on lit les bons ouvrages.
Avez-vous lu le dernier Cdécritures ?
25/01/99; 305; ACTION DIRECTE; échos du monde de fin de siècle et du « web ring ».par Christian Drèze.
Nous étions un groupe d'amis habitant provisoirement cette station balnéaire et nous passions nos journées à la plage à nous baigner et à jouer au volley. Nous discutions aussi beaucoup à cette époque. Les filles occupaient l'essentiel de nos pensées.
Il y en avait quatre dans notre équipe, mais celle qui retenait le plus mon attention s'appelait Akiko. Elle était ravissante, la féminité faite femme. J'admirais ses longues jambes fuselées, aux muscles fermes et parfaitement dessinés. Elle portait toujours un maillot de bain blanc, qui contrastait avec sa peau jaune mate, et mettait en valeur une poitrine étonnante, ne disait-on pas que les Jaunes avaient de petits seins ?
Quand elle sortait de l'eau, on pouvait apercevoir ses tétons durcis percer sous la fine étoffe, ainsi que son ventre plat et son pubis foncé. Sa chevelure jais, légèrement bouclée – au lieu de l’habituel casque plat des Viets, lui faisait comme une crinière, mettant en valeur l'ovale parfait de son visage. Ses yeux de biche, surmontés de longs cils, me faisaient chavirer, chaque fois qu'elle tournait son regard noisette vers moi. Ses lèvres, sans être pulpeuses, dégageaient une sensualité certaine, et son sourire avait le pouvoir d'envoûter tout un chacun.
Il nous arrivait souvent de discuter ensemble mais c'était toujours dans le cadre du groupe. Nous n'étions jamais seuls. Dans cette situation il nous était difficile d'aborder certains sujets, plus intimes. Alors nous restions à de banales conversations « de jeunes ». Cela ne m'empêchait toutefois pas de profiter de chaque instant passé en sa présence. Je pouvais la regarder pendant des heures, observant le moindre de ses gestes. Une après-midi, cependant, les choses ont changé.
C'était la fin de la journée, et l'orage menaçait. Un orage d'été comme on en connaît au bord de mer, tempêtueux et très court.
Je me souviens que nous avons tous instantanément décidé de rentrer chez nous et de nous donner rendez-vous pour le lendemain. Nous étions sur le point de nous séparer quand les premières gouttes ont commencé à s'abattre sur la ville. Comme je savais qu'elle habitait loin et que la pluie s'intensifiait rapidement, j'ai proposé à Akiko de rentrer avec moi, une maison pas très loin de la plage, déjà le rideau de pluie était sur nous. Le temps de parcourir les cinq cents mètres et nous étions trempés jusqu'aux os.
La première chose que nous avons donc faite après avoir franchi le seuil de la porte, fut de passer à la salle de bains - chacun à notre tour- pour nous déshabiller et nous sécher. Nous nous sommes ensuite retrouvés dans ma chambre, assis sur le canapé-lit, chacun enveloppé dans une sortie de bain en éponge.
La conversation s’est enchaînée aux mots habituels concernant la météo capricieuse. Nous nous connaissions déjà pas mal de points communs, nous en avons découvert d'autres, à commencer par une subtile attirance l'un pour l'autre. C'est donc là, assis sur ce canapé, alors que l'orage éclatait dehors et que la pluie cognait aux carreaux, que nous avons échangé notre premier baiser. Un baiser chaud et langoureux, rempli d'une passion fougueuse. Avais-je embrassé celle qui devint Lady X ?
Chapitre premier
J'ai laissé longuement ma semence se répandre dans sa bouche, puis la saisissant à l'épaule et à la hanche, je l'ai retournée sur le ventre, je lui ai écarté les fesses et j'ai plongé mon médius dans sa pastille froncée, elle a hurlé et j'ai crié Dieu le veut, Mont-joie Saint Denis, USA for ever !
Chapitre premier de dix chapitres de quatorze pages environ