La BD présente, Hachette jouant la politique de la chaise vide, et une interrogation
générale sur l’ avenir du livre face au numérique, telle est l’ambiance du Salon
du Livre 2010.
En construction du matin au soir, avec des crayons et des gouaches, comme toutes les pages du site de l’Univers Illustré.




Lorsque, passant de l’écriture « papier » à l’écriture « électronique interactive et dyna-mique », je me suis enthousiasmé par les facilités offerte de communication rapide et mises à jour, je ne m’étais pas vraiment imaginé entrer dans un labyrinthe, un fourbi, un immeuble à parcourir sans cesse de la cave au grenier, des combles aux sous-sols. Rien ne me semble aujourd’hui plus difficile que d’écrire d’une manière logique et intéressante dans un tel environnement. Je ne suis jamais à la bonne page et je me pose sans cesse la question : mais comment réagit le lecteur qui passe allègrement d’un dessin ou d’une phrase de 1958 à un mot ajouté en 2050, ah non, encore une illusion qui s’effondre, nous ne sommes qu’en 2010.
Un des moyens de s’en sortir est de se fixer un mot, on dit aujourd’hui tag ( je croyais que cela signifiait « collant » ), de l’écrire dans une des case chez « Trouver » de prendre le premier lien et de suivre un peu aléatoirement les textes et les liens qui apparaissent. Une idée générale farfelue en ressortira, idée rapidement démentie si l’on écrit un autre mot, souvent dans le site de L’Univers, Xian exprime tout et son contraire.
Barelli, Spirou et Fantasio, Le Chat ... Le bon vieux temps ? Peut-être mais seulement bon, vieux n’a rien à voir ici.
Lorsque je suis né, Spirou existait déjà qui n’était pas encore dessiné par Franquin mais, à l’époque par Rob Vel ou Jijé, puis sont arrivé les hebdomadaire Tintin, Mickey et Héroïc qui ont bercé d’aventures pédagogiques et bien pensantes une jeunesse namuroise.
Le lecteur a déjà rencontré plusieurs de mes philosophades à propos de bédés, alors, plouf, noyons-nous dans les images, le reste est, comme je l’ai déjà dit, affaire de spécialistes, experts, ténors, il en existe beaucoup, des vrais, des faux, des sincères et des marchands, c’est le monde, c’est l’Univers.
Bien entendu, j’ai grandi depuis, et avec moi les élèves de Paul Cuvelier, Jacques Martin et autres Bob de Moor de mon enfance ...
Suivons un chemin, en rencontrant Daniel Henrotin, dit Dany (né le 28 janvier 1943), Marchois, créauteur de «Olivier Rameau ».
La BD est un sujet d’actualité. Hier, au Salon du Livre, le quotidien Aujourd’hui,
Le Parisien donnait son Grand Prix BD à « Il était une fois en France » de Fabien
Nury et Sylvain Vallée (Glénat), tandis que « L’ Affaire des Affaires » de Denis
Robert, Lindingre et Laurent Astier (Dargaud) recevait le Prix France Info.
Ces deux-là, bien sûr et puis aussi Spirou et les petits formats de chez Artima ...
Certains considèrent que la Bande Dessinée est née avec le suisse Rodolphe Töpfer, qui eut l'idée en 1827 de dessiner des aventures en inscrivant une légende sous ses dessins. Ses manuscrits enthousiasmèrent Goethe et furent publiés. Pédagogue, Töpfer avait compris l'attrait de l'image et ses récits gardent aujourd'hui encore un charme certain. Nul doute que le ton employé était précurseur pour l'époque.
Les histoires illustrées vont apparaître ailleurs en Europe. En France, citons, parmi beaucoup d'autres, un dessinateur nommé Caran d'Ache. En Allemagne est créée la série "Max und Moritz", dessinée par W. Busch, et qui a influencé de très nombreux auteurs (parmi lesquels celui de "Pim, Pam, Poum").
Aux États-Unis, les grands quotidiens débauchent les dessinateurs employés par les hebdomadaires. Les "strips" sont un argument de poids dans la guerre que se livrent les grands quotidiens, tels le New York World et l'Evening Journal.
Se publie, en 1896, la série de Richard Felton Outcault : " At the circus in hogan's Alley", rebaptisée "Yellow Kid".
Ici débute le découpage des images et les "phylactères".
L'année suivante déboulent trois garnements : "The Katzenjammers Kids", en français "Pim, Pam, Poum" (de R. Dirks).
En Europe, la presse illustrée, enfantine, se développe rapidement au début du siècle.
Pionnier, "le petit français illustré" publie "la famille Fenouillard" de Georges Colomb en 1890.


En 1905, la semaine de Suzette offre à ses petites lectrices de bonne famille les aventures d'une servante bretonne au grand coeur : Annaïck Labornez, née à Clocher-les-bécasses, d'où elle tire le surnom sous lequel tout le monde la connaît. Le succès est immédiat. Sous la plume de plusieurs auteurs ( dont les premiers : M. Languereau et J. Pinchon ), elle nous fera connaître son enfance, ses premières bourdes, son arrivée à Paris, et la première guerre mondiale. Née en 4ème vitesse pour combler une page blanche de la revue, la longévité de Bécassine dépassera de loin les espérances de ses créateurs.
Dans un genre différent, résolument populaire, "l'Epatant" publie en 1908 les tribulations d'un trio de petits malins, les "Pieds Nickelés". Cette expression, imaginée par Tristan Bernard, désigne des hommes peu portés sur le travail. Croquignol, Filochard et Ribouldingue ne conçoivent pas de vivre autrement que par la débrouille. Plusieurs auteurs leur ont donné vie ( Louis Forton de 1908 à 1934 ), un grand nombre d'éditeurs les ont publié, et ils continuent aujourd'hui encore leurs joyeuses combines.


Les revues spécialisées ou faisant appel aux bandes dessinées se développent aux U.S.A., en Grande-Bretagne, en Italie... Les américains découvrent la manne financière conséquente qu’elles peuvent apporter , en terme de vente des journaux mais aussi de produits dérivés.
Les séries américaines ont un caractère humoristique, d'où le nom de "comics" qu'elles conserveront, elles ne sont pas spécialement destinées aux enfants. On se rappelle de "Bringing up Father" ( la famille Illico ) de G. Mc Manus, ou "Little orphan Annie" de H. Gray.
En Europe, là, on s'adresse souvent à des enfants. En France, le petit illustré publie "Bibi Fricotin", de Louis Forton, en 1924. L'année suivante, dans le "dimanche illustré", "Zig et Puce" de Saint-Ogan, est la première série française à systématiser enfin l'usage des bulles.


Au cours des années 20, les éditeurs américains s'éloignent du genre humoristique, même si celui-ci conserve ses lettres de noblesses, avec par exemple la naissance de Popeye en 1929. popeye.JPG (5823 octets)C'est l'année des hommes forts, car en même temps apparaît, dans un genre très différent, Tarzan. La plupart des productions font appel au dessin réaliste et au récit d'aventure: c'est l'époque des grands détectives : Buck Rodgers, Dick Tracy; des magiciens tels Mandrake et des héros de science-fiction : Flash Gordon..

On retrouve bien entendu l’ensemble des héros cités en feuilletant les pages de ce chapitre de l’Univers illustré.
En 1934 apparaît une charmante jeune femme qui n'aura de cesse de remonter le moral des troupes : Betty Boop ! Voleur justicier, Phantom arrive en 1936, bientôt suivi par Prince Valiant. La seconde guerre mondiale approche et les héros sauveurs du monde s'envolent: Superman, publié par Action Comics en 1938 et Batman, apparu dans un comic book qui est le premier à retenir un thème unique : Detective Comics, édité par DC Comics. Patriotes invincibles, Captain Marvel et Wonder Woman passionnent les foules de lecteurs, toujours plus nombreux à se précipiter en kiosque pour suivre leurs aventures, qui s'exportent d'ailleurs très bien.
L’âge d’or ...
En Belgique et en France, parmi les parutions d'après-guerre, 3 revues vont bouleverser le paysage du 9ème art et lancer un nombre impressionnant d'auteurs devenus aujourd'hui incontournables.
Spirou est de Charleroi, Tintin est de Bruxelles, il manque un Parisien ... UDERZO, GOSCINNY, CHARLIER décident de lancer leur propre revue en 1959. Le succès immédiat de Pilote ( "Mâtin, quel journal !" ), va clouer sur place le petit monde de l'édition, ce qui n'empêchera pas la revue de frôler la faillite. Elle est sauvée par un éditeur au nez creux, Georges DARGAUD.
Au début du siècle, les français dessinaient beaucoup pour les enfants. Après-guerre, pour les adolescents. Désormais, c'est aux adultes que l'on s'adresse.
Les artistes européens (Bilal, Manara, Shuiten...) accèdent à une diffusion internationale. Aux Etats-Unis, des créateurs géniaux imposent leur originalité : Alan Moore, Dave Gibbons et l'incontournable Maüs d'Art Spiegelman...
Le phénomène marquant de la fin du Xxème siècle est incontestablement l'explosion des mangas, la bande dessinée japonaise.