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2 par 2.
2 par 2 se poursuit ici.
Sourire.
Boris soi-même.

Chiquitita

Bien sûr, il fallait en parler tout de suite, bien avant la photographie, les femmes se regardaient  dans l’eau de source, dans le mercure frétillant, dans le bouclier poli des chefs arvernes .

Jean Dominique Auguste INGRES - Vénus Anadyomène (1848)

 

Et tout de suite, frotter  le miroir pour mieux se voir , regarder  sans cesse, poser la question : Miroir, miroir dis-moi ... Suis-je la plus belle ?
Hans MEMLING
La Vanité
Musée des Beaux-Arts, Strasbourg
Elle s’observe dans le petit miroir tourné vers elle, vers une beauté qui s'apprête, c'est un miroir dont on ne voit pas nécessairement l'image qu'il reflète, mais le personnage s'y contemple, s'y admire.
Parfois le miroir est fixé au mur, parfois il est rectangulaire. La femme au miroir est parfois debout devant lui, parfois, elle rit ... Elle rit ...

Je ris de me voir si belle en ce miroir ....
Et pourtant ?
Bien sûr, il n’y a pas que les femmes qui  veulent se voir ....
Les raisons ne sont pas les mêmes

Il est remarquable que le portrait devant un miroir n'est jamais (?) celui d'un homme (sauf si c'est un autoportrait).

 

 

 

Je me vois, le peintre ou le photographe me voit, ils me regardent, je me regarde,  ....

Mary Cassatt - Mère portant un tournesol sur sa robe - 1905

 

Eva GONZALÈS, Le petit lever, 1875.

 

 

Autoportrait de Roger de GREY (1960):

 

 

“Prendre” une photo, c’est d’abord collecter des informations !

Non seulement celles véhiculées par la lumière dans le dispositif photographique et que nous interprétons comme une image, mais aussi les multiples informations constituées par les choix et constructions de l’opérateur. Selon ce point de vue, la grammaire de l’image poursuit ce processus en lui ajoutant de nouvelles données. J’utilise à dessein le verbe poursuivre parce que nous concevons presque toujours ce nouvel acte comme subordonné à l’acte photographique proprement dit.
Le travail documentaire sur les images photographiques est aussi ancien que la technique elle-même, et je dirais même plus, il date des temps préhistoriques quand, avec un morceau de charbon, l’homme dessinait sur les parois de la caverne. Qu’il s’agisse d’inscrire une légende dans un catalogue ou de griffonner quelques mots au dos de la photo, les deux modes opératoires essentiels qui permettent de décrire l’image photographique sont représentés depuis fort longtemps. Dans tous les cas, l’acte documentaire intervient après l’acte photographique et n’est pas conçu comme partie intégrante de celui-ci.

Ainsi existe-t-il également plusieurs options : celle qui vise à « expliquer » une image et celle qui ne dit précisément rien du tout, et toutes les autres formes intermédiaires.
Souvent dans la construction des pages de l’Univers illustré, ou plutôt de la mémoire de celui-ci, Xian souhaite que le lecteur construise son aventure au départ d’une photographie sans légende directe.
Chez différents auteurs, surtout lorsqu’il s’agit de paysages, de lieux, les légendes des photographies sont systématiquement insérées dans les vues pour nommer les lieux, inconnus de la plupart des touristes. La publication des images au rythme que l’on sait depuis 1950 en revues, films, diapositives, photographies fixes fait dire à Xian qu’il n’est pas nécessairement utile de citer le lieu ou le nom du personnage, laisser le lecteur choisir sa destination en fonction de l’image virtuelle qu’il se crée au départ de l’image insérée dans la page du chapitre est important. Cela crée une autre relation entre l’auteur et le lecteur.
En observant minutieusement les épreuves, on découvre, à l’intérieur même des images, de minuscules détails, objets, pancartes, vêtements, permettant de retrouver, le plus souvent le lieu  et l’époque à laquelle la prise de vue a été faite, cela aussi permet au lecteur de construire une « histoire » qui peut être différente de celle de Xian.