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Sépias, Noirs et blancs, technicolors ...

La Rubrique de Boris Wiot.

 

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Toutes les images sont cliquables et vous emmènent dans les labyrinthes de Xian.

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Lire la première page : Boris

 

 

Et puis foin de bonnes manières, une troisième série voulait nous entraîner à Anvers, Hand werpen, jeter la main, passer la main

Quand il a reconnu les fesses de sa fille, il m’a téléphoné, tout de suite, je suis habitué à ce genre de remarques.

 

-- Allô ! Ici André Bricnio. Vous avez d’autres images de ma fille Emilia ?...

 

S'il veut me commander des photos de fesses, c’est parfait, les pères en général ne s’aperçoivent pas tout de suite que leurs filles ont des fesses. Si celui-là veut douiller, à son aise, rouler casquette ! Pour acheter les films qu'elle a tournés il va pouvoir débourser, il sera plus simple pour lui de suivre sa carrière dans les revues pornographiques, ce sera plus pratique. Dans le rôle de la reine : Manuela du Papenkelder, oui, fatalement on l’a débaptisée, ... Flash, quelqu’un est-il entré dans la cabine ?

 

Anvers

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Autres images du Mercator : Mercator

 

C’est à ce moment-là qu’André Bricnio, Boris Wiot pour ses lecteurs, (il avait pris un pseudonyme au début de sa carrière pour sa famille, excellente bourgeoisie strasbourgeoise quoique totalement fermée à une certaine forme d'art : la sienne, était très collet monté, et il y avait pas mal de scènes olé olé dans son œuvre) se mit à douter de la réalité. N’était-il pas en train d'inventer toute une histoire ? Peut-être avait-il eu un accident cérébral comme son vieux camarade Philippe Danois et était-il en train de divaguer ? Tout est irréel n’est-ce pas, tout est construction ...

 

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Le célèbre "Baiser de l'hôtel de ville" nous montre que la distance entre la réalité et la fiction a pu être moins grande que ce qu'on imagine communément. Robert Doisneau (1912-1994) est en 1950 un photographe confirmé, membre de l'agence Rapho, dont les activités vont des portraits de vedettes de cinéma aux vues de la banlieue parisienne en passant par les reportages industriels. Un vaste éventail auquel Doisneau imprime sa marque de fabrique : le sceau de la "photographie humaniste", une esthétique où prime la dimension humaine. C'est en toute connaissance de cause que le magazine américain Life lui passe commande d'une série de photographies destinées à former la partie visuelle d'un reportage.

La charmante impudeur des jeunes couples parisiens qui s'embrassent dans la rue forme un sujet folklorique et pittoresque. Tout est inventé dans cette double page: des photographies, faux instantanés composés à dessein, aux légendes, qui donnent prétendument la parole au photographe (“My camera exposure was five seconds. The kiss took somewhat longer”; le temps d'exposition de l'appareil était de cinq secondes. Le baiser aura duré un peu plus longtemps). Pourtant, à l'évidence, la rédaction n'y a pas vu malice. Pour le grand magazine illustré, il s'agit d'un traitement éditorial ordinaire. La réalisation d'un véritable reportage sur un thème aussi léger aurait demandé un temps disproportionné et soulevé d'insurmontables problèmes de droit à l'image. Doisneau sait que Life refuserait de vrais instantanés, dont la publication risquerait d'avoir des suites juridiques. Il met donc à profit sa maîtrise des images sur le vif pour en recréer fidèlement les conditions et l'aspect, avec ses flous de mouvement et ses détails inattendus.

Parmi la série des photographies du reportage, ce n'est pas le "Baiser de l'hôtel de ville" que le magazine met en avant. Cette image passe inaperçue jusqu'à ce que Victor Francès la sélectionne pour l'éditer en poster en 1986. Reprise en couverture de Télérama, en carte postale, en calendrier, en puzzle, en rideau de douche, etc., le "Baiser" devient l'une des plus célèbres photographies au monde. Dans l'intervalle, sa signification a changé du tout au tout. Plus de vingt-cinq ans après sa prise de vue, il ne s'agit plus d'une photographie d'actualité, mais d'une icône nostalgique d'un Paris disparu.

Ce succès trop visible entraîne son cortège de désagréments. Plusieurs personnes croient se reconnaître dans l'image. En 1992, Denise et Jean Lavergne réclament 500.000 francs de dommages et intérêts au photographe. Ces actions ont pour conséquence de mettre en lumière les secrets de fabrication de l'image. Interrogé, Doisneau indique qu'il n'aurait “jamais osé photographier comme ça des amoureux qui se bécotent dans la rue, ce sont rarement des couples légitimes”. En 1991, Françoise Bornet se fait connaître : c'est elle qui figure sur l'image, avec son amoureux de l'époque, Jacques Carteaud. Croisant les deux jeunes gens à la terrasse d’un café, près du cours Simon dont ils étaient élèves, Doisneau les avait sollicités pour poser le surlendemain.

La divulgation du caractère mis en scène de l'image ne semble pas en avoir altéré la magie. A moins que ce soit précisément cette péripétie rocambolesque qui lui ajoute un supplément d'âme. L'un des rares tirages originaux de la photographie, mis en vente en 2005 par Françoise Bornet, a été acquis pour la somme record de 184.960 euros.

Illustration: "Speaking of pictures...", reportage illustré de photographies par Robert Doisneau, Life, 12 juin 1950, p. 16-17. Texte de Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert partiellement extrait de la collection des éditions du Cercle d'art.

Une autre image de Doisneau

L'émotion objectifiée par l'image photo l'emporte souvent sur la raison et le public en général s'arrête plutôt sur la magie, le concept "vivez chaque instant" réalisé par la photo et ne s'interroge plus sur la véracité de la situation de prise de la photo.
Partons sur le principe que l'image ne ment pas, même si la situation a été simulée, c'est sur cette idée que la pub marche et réussit à convaincre ses interlocuteurs. La photo qui déclenche un élément émotif de reconnaissance universelle comme le "Baiser" trouvera toujours du succès au près du public. Paris, la ville d'amour, des amoureux exsude un charme, pourtant faux, et attire toujours des foules ignorantes.

 

 

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